Hug n°32 octobre 2019
Hug n°32 octobre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de octobre 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Post-Hit

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : les terres affricaines...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’EXCISION, PAS QU’UNE AFFAIRE DE FEMMES L’excision est essentiellement concentrée dans 30 pays d’Afrique, du Moyen- Orient et de l’Asie. On considère toute intervention qui altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales comme une mutilation génitale féminine. Tous les 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales, déclarée par l’Organisation des Nations Unies, rappelle l’importance de lutter contre cette violation des droits fondamentaux des filles et des femmes. En 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l’unanimité la toute première résolution contre l’excision, appelant à intensifier les efforts mondiaux pour mettre fin à cette pratique. L’excision reflète l’inégalité profondément enracinée entre les sexes et constitue une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes et des filles. Cette pratique viole bon nombre de leurs droits fondamentaux  : le droit à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être protégé contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu’elle a des conséquences mortelles. L’excision est la plupart du temps pratiquée sur des jeunes filles entre l’enfance et l’âge de 15 ans et constitue alors une véritable violation des droits de l’enfant. Les mutilations génitales féminines se classent en quatre catégories  : La clitoridectomie  : ablation partielle ou totale du clitoris et, plus rarement, seulement du prépuce. L’excision  : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres et parfois des grandes lèvres. L’infibulation  : rétrécissement de l’orifice vaginal en suturant ou en passant un anneau à travers les petites lèvres de la vulve. Une désinfibulation est généralement pratiqué avant le mariage. Une femme peut subir plusieurs réinfibulations et désinfibulations au cours de sa vie. Les autres interventions  : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes HUG MAGAZINE 127 Dans le langage courant le terme excision est utilisé pour désigner tous types de mutilations sexuelles sur les femmes. Aujourd’hui on estime à plus de 200 millions le nombre de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, qui ont été victimes d’excision selon l’Organisation Mondiale de la Santé. génitaux. D’après les estimations, 90% des mutilations génitales féminines sont des clitoridectomies ou des excisions, et près de 10% des infibulations, la forme qui entraîne les conséquences les plus graves*. L’excision ne présente aucun avantage pour la santé, au contraire elle endommage les tissus des organes génitaux et entrave le fonctionnement naturel de l’organisme féminin. De plus, les excisions sont très peu pratiquées par des professionnels de santé (seulement 18%*). Le plus souvent, les exciseurs traditionnels utilisent des lames de rasoirs et des ciseaux sans anesthésiques. L’excision provoque des douleurs et des saignements importants et le risque d’infection est élevé. Il en découle de nombreuses conséquences négatives qu’on peut classer selon leur immédiateté. Les excisions sont majoritairement répandues dans l’ouest, l’est et le nord-est de l’Afrique, dans certains pays d’Asie et au Moyen- Orient. Elles existent également au sein de quelques communautés d’immigrants en Amérique du Nord et en Europe. Les pays qui présentent
128 HUG MAGAZINE le plus haut taux de prévalence de cette pratique parmi les filles et les femmes âgées de 15 à 49 ans sont la Somalie (98%), la Guinée (97%) et Djibouti (93%). Il existe une réelle pression sociale qui incite à se conformer aux attentes d’une communauté. L’excision est souvent considérée comme une condition nécessaire à la bonne éducation d’une jeune fille en vue de son passage à l’âge adulte et de son mariage. Selon les croyances, l’excision diminuerait le désir sexuel des femmes et préserverait donc la virginité prénuptiale et empêcherait la promiscuité. De plus, certaines personnes associent l’excision à une idée de propreté hygiénique, esthétique et morale. Cette pratique est également encouragée par des convictions religieuses. Au sein de nombreuses communautés l’excision constitue une tradition culturelle importante qui ne doit pas être remise en cause ni abandonnée, et surtout pas par des personnes extérieures. L’excision est le résultat de conventions sociales fortes, encouragée par des normes sociales essentielles ; toute personne qui s’écarte de la norme peut se trouver confrontée au harcèlement, à l’exclusion d’événements communautaires et de réseaux de soutien, et à la discrimination exercée par son entourage. À moins d’un commun accord conclu entre un grand nombre de personnes pour faire cesser la pratique, il est probable que les individus et les familles considèrent les risques sociaux plus préjudiciables que les risques que font courir l’excision aux jeunes filles sur leur santé physique et mentale. Vision du Monde s’engage dans la lutte contre l’excision À travers ses programmes d’action au Mali, Vision du Monde travaille au quotidien pour éliminer la pratique de l’excision. À Baoulé, plusieurs ateliers de sensibilisation ont été menés auprès des enfants, des jeunes adultes, des leaders communautaires et des enseignants au niveau de l’école primaire. À Koodugu, en 2017, ce sont plus de 18 communautés qui ont été sensibilisées sur les conséquences de l’excision. Au Sénégal, Vision du Monde agit à Dabo dans la région de Kolda où la quasi-totalité des filles et des femmes sont victimes d’excision. Experts en développement, nous vous donnons l’opportunité de changer la vie de milliers d’enfants en construisant des projets porteurs de sens et à fort impact. Notre approche globale permet de mener des projets concrets pour que les communautés puissent se développer sur le long terme. Première ONG de parrainage d’enfants au monde, nous aidons depuis 65 ans plus de 4 millions d’enfants à bien grandir dans près de 100 pays. Nos équipes sur le terrain sont composées à 97% d’employés locaux. Notre expertise terrain est reconnue au niveau international. Nous sommes le premier fournisseur d’eau potable dans le monde. Nous avons un statut consultatif auprès des instances de l’ONU. Nos comptes sont publics et audités chaque année par le cabinet d’audit Mazars. visiondumonde.fr



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