Horizons n°124 mar/avr/mai 2020
Horizons n°124 mar/avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°124 de mar/avr/mai 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : en quête de l'explication suprême.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Science et croyance sont étroitement liées Par Antonio Loprieno Cette édition d’Horizons est consacrée à la dialectique sur la science et la croyance. Le savoir est souvent compris comme cette « pensée postmétaphysique » que Jürgen Habermas oppose à la « croyance » qui l’avait précédée dans l’histoire et qui interprétait les connaissances scientifiques sur un fond de valeurs morales. Cette interprétation réduit toutefois le concept de croyance essentiellement à sa dénotation religieuse. On peut pourtant ne pas croire qu’en Dieu mais au sens de sa propre activité scientifique ou à la plausibilité de ses résultats. Alors la « croyance » ne doit pas être comprise comme opposée au savoir mais comme condition à son intériorisation et son acceptation émotionnelle. La croyance est un savoir chargé d’émotions. La relation entre les deux n’est pas de succession temporelle (de la croyance au savoir), mais de récursivité cyclique (du savoir à la croyance, de la croyance au savoir, etc.). Dans la chronologie sémantique, croyance et savoir se comportent comme chercher et trouver. Ce ne sont pas des états fermés sur euxmêmes mais, selon la terminologie de Zeno Vendler, des alternances d’« activities » et d’« achievements ». A l’ère de la simulation justement, prendre conscience de la relation récursive du savoir et de la croyance peut nous offrir une orientation. Car comme le montrent les débats sur la compétence interprétative des reconstructions numériques, par exemple de Venise – qui de l’historien ou de l’informaticien est le propriétaire de la simulation visuelle ? – ces deux communautés sont souvent dépassées quand le rôle de la croyance dans la production d’un nouveau savoir est ignoré. Aristote savait déjà (ou croyait ?) qu’aspirer au savoir est dans la nature de l’homme. Savoir et croyance sont totalement imbriqués  : nous, les scientifiques, sommes toujours en quête. Mais sans croire, nous ne découvrirons pas grand-chose. Andri Pol Antonio Loprieno était président des Académies suisses des sciences jusqu’à fin janvier 2020 et prend congé avec cette colonne. En direct du FNS et des Académies Vent frais pour le journalisme Le journalisme scientifique doit lui aussi innover. C’est pourquoi les Académies suisses des sciences lancent le a+ Prix Média Newcomer, destiné aux contributions sur la recherche de jeunes journalistes, étudiantes et étudiants jusqu’à 31 ans. Les participants pourront soumettre des esquisses d’idées de contributions créatives aussi de par l’utilisation des technologies du futur  : podcast, vidéo, journalisme mobile, etc. Trois des candidates ou candidats les plus inventifs recevront chacun 3000 francs pour concrétiser leur projet qui sera publié en ligne dans un délai de trois mois et soumis au vote du public. Le Newcomer plébiscité sera récompensé par un prix de 4000 francs. Soutien à la recherche de pointe La Confédération a créé en décembre 2019 six nouveaux pôles de recherche nationaux (PRN) dans le cadre des instruments d’encouragement du FNS. Ils renforcent durablement la recherche sur la résistance aux antibiotiques, l’automation, l’évolution du langage, les micro-organismes, la chimie durable et la technologie quantique. De 2020 à 2023, le FNS investira 100 millions de francs dans ces six pôles de recherche. Il les financera pendant douze ans au maximum. Académie pour la relève Les Académies suisses des sciences ont fondé, à fin 2019, la Jeune Académie suisse et intègrent un réseau mondial à succès. Vingtcinq jeunes chercheuses et chercheurs de Suisse vont maintenant la rejoindre. « Ceux qui ont été choisis pourront ainsi réaliser des projets inter et transdisciplinaires », note Karin Spycher, directrice du secrétariat. Ils reçoivent un financement à hauteur de 30 000 francs à cette fin. Vingt-cinq nouveaux talents seront sélectionnés chaque année. La relève va ainsi à la rencontre du futur. Encouragement aux praticiens Un projet pilote du FNS soutient les professionnelles et professionnels qualifiés désirant revenir dans le milieu académique des hautes écoles spécialisées (HES) ainsi que des hautes écoles pédagogiques (HEP) en tant qu’assistants professeurs. Ou encore les professeures et professeurs ayant une expérience pratique avérée qui ont récemment commencé leur activité dans une HES ou une HEP. Ces subsides, nommés « Practice-to-Science », ont pour objectif Keystone/SPL/Pasieka de développer la compétitivité dans les domaines de la recherche orientée vers l’application et s’élèvent à un montant annuel de 200 000 francs pour une durée maximale de trois ans. L’étincelle Spark a pris Grand succès pour le premier appel à projets de l’instrument Spark, destiné à promouvoir des idées originales et des approches novatrices  : le FNS finance 284 projets pour un total de 27 millions de francs. Trois cent cinquante-quatre chercheuses et chercheurs majoritairement âgés de moins de 40 ans y participeront. L’enveloppe d’origine prévue pour Spark s’élevait à 10 millions de francs. « Vu le nombre de projets extraordinaires, nous ne pouvions faire autrement que d’augmenter le budget », dit Matthias Egger, président du Conseil national de la recherche. Lettre ouverte aux éditeurs Les maisons d’édition Elsevier, Springer Nature et Wiley devraient assurer le libre accès gratuit (open access) à leurs revues scientifiques après six mois, comme l’a exigé le FNS dans une lettre ouverte à ces éditeurs. Le FNS estime en effet qu’il va de soi que les résultats de recherches financées par des fonds étatiques constituent un bien public. C’est pourquoi les scientifiques qu’il soutient doivent accorder le libre accès à leurs articles dans le délai indiqué de six mois. Or, ce n’est pas encore possible dans de nombreuses revues. Distorsions de genre ? Le FNS a-t-il désavantagé des chercheuses lors de l’octroi de subventions ? Dans le rapport Genre 2019, il analyse plus de 20 000 décisions de financement prises entre 2008 et 2018, sans constater de discrimination manifeste, mais d’éventuelles distorsions. Par exemple, les expertises externes attribuent en moyenne des notes inférieures aux demandes déposées par des femmes. Le FNS va maintenant examiner si ces expertises présentent des signes de partialité.
Lettres de lecteurs L’évaluation des risques est perfectible Le dossier « Attention poisons » (Horizons 123) est d’actualité. Nous devons en effet apprendre à vivre avec l’incertitude liée aux substances chimiques. Mais je ne suis pas d’accord avec Bernd Nowack lorsqu’il dit que « l’évaluation des risques actuelle est une méthode établie que personne ne remet fondamentalement en question » (p. 13). Cette évaluation est simple, voire simpliste. Elle ne prend par exemple pas en compte les effets des mélanges. D’autre part, Michael Siegrist affirme que « tout ce qui est produit par l’homme est perçu comme nettement plus risqué » (p. 21). Ce n’est pas corroboré par l’histoire de la chimie. Dans les années 1950/1960, l’enthousiasme dans l’agriculture était grand. Il a fallu que les scientifiques lancent l’alerte pour que des législations adéquates soient élaborées. Dr Nathalie Chèvre, écotoxicologue, Université de Lausanne L’évaluation des risques est insuffisante Nous ne partageons pas l’optimisme de Bernd Nowack sur l’évaluation des risques que représentent les produits chimiques (Horizons 123, p.13). L’autorisation actuelle fait depuis des années l’objet de critiques au niveau international  : au lieu de tester les produits chimiques sur les espèces les plus sensibles, on utilise des espèces standards. Les effets des mélanges dans l’environnement ne sont pas répertoriés. Les facteurs de sécurité en vigueur ne sont pas suffisamment étayés par des études. Bernd Nowack décrit l’augmentation de la dose comme « une multiplication des essais », bien que cela soit nécessaire pour établir la relation dose-effet. Il dit aussi qu’il ne faut pas se laisser déstabiliser par les études scientifiques. Pourtant, qui d’autre que les scientifiques devrait y apporter de nouvelles connaissances ? Dr Kristin Schirmer (Eawag, Dübendorf), Dr Marion Junghans et Dr Alexandra Kroll (Centre suisse Ecotox, Dübendorf) Les droits de l’homme sans innovations Le conseiller aux Etats zurichois Ruedi Noser dit que « sans innovations, nous n’avons pas la moindre chance de permettre à tous de vivre dans le respect des droits de l’homme » (Horizons 123, p.30). Il me faut tout simplement le contredire. Il existe d’innombrables communautés et organisations qui respectent les droits de l’homme depuis des siècles, avant même que ceux-ci aient été définis. Par contre, ce sont précisément les innovations les plus audacieuses qui permettent à des pays tels que la Chine de toujours plus restreindre les droits de leurs citoyennes et citoyens. J’ai en outre peine à croire que Ruedi Noser accorde une grande valeur aux droits de l’homme. Sinon, il ne se serait probablement pas opposé à l’initiative « Pour des multinationales responsables » au sein du Conseil des Etats. Gabriel Anwander, écrivain, Langnaui.E. Artistes dans les arts graphiques autrefois L’affirmation de Robert Lzicar (Horizons 123, p.7) selon laquelle, dans les années 1940, la classe professionnelle de graphisme de Bâle se démarquait clairement de l’art m’a irritée. Comme à l’époque il n’existait pas d’académie des beaux-arts, on formait « seulement » des artisans d’art. Les diplômés sont ensuite passés aux beaux-arts ou ont fréquenté des académies à l’étranger. De nombreux artistes suisses affichent un tel parcours. Je suis curieuse de voir comment le groupe de recherche jugera les différentes écoles de design. En tant que diplômée de graphisme à Lucerne en 1987, je suppose qu’auparavant les différences et les mentalités entre les diverses écoles d’arts appliqués suisses étaient plus marquées et qu’à l’ère des hautes écoles spécialisées, elles s’estompent autant au niveau national qu’international. Monika Sommerhalder, graphiste, Lucerne Erratum Dans l’article « Désaccord autour de l’open access » (Horizons 123, p.22) la « voie verte » n’est pas décrite correctement. Cette variante de l’open access ne définit pas le libre accès à des publications spécialisées après un embargo, mais leur accessibilité sur des sites d’archives en ligne. Votre avis nous intéresse ! Vous souhaitez réagir à un article ? Nous nous réjouissons de recevoir votre commentaire par courriel à redaction@revue-horizons.ch ou sur Twitter @horizons_fr ou Facebook @horizonsmagazine. – Courriers de lecteur au plus tard le 30 juin 2020. A propos de nous La société est en mutation, tout comme la science et le journalisme. Horizons participe à cette évolution en optant pour un nouveau graphisme dès le mois de juin. La coopération entre les diverses disciplines scientifiques et la transparence croissante des processus de recherche y trouveront aussi une expression plus large. Nous nous réjouissons de cette métamorphose. La rédaction Horizons Le magazine suisse de la recherche scientifique paraît quatre fois par an, en français et en allemand. La version en ligne paraît également en anglais. 33e année, n o 124, mars 2020. www.revue-horizons.ch redaction@revue-horizons.ch www.facebook.com/horizonsmagazine www.twitter.com/horizons_fr L’abonnement est gratuit. www.revue-horizons.ch/abo Rédaction Florian Fisch (ff), codirection Judith Hochstrasser (jho), codirection Elise Frioud (ef) Simon Jäggi (sj) Santina Russo (sru) Yvonne Vahlensieck (yv) Ellen Weigand (ew), édition française Graphisme, rédaction photo 2. stock süd netthoevel & gaberthüel, Valérie Chételat Traduction Olivier Huether, Magali Züblin Correction Samira Payot Rédacteur en chef Christophe Giovannini (cgi) Editeurs Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) Wildhainweg 3 Case postale CH-3001 Berne Tél. 031 308 22 22 com@snf.ch Académies suisses des sciences Maison des Académies Laupenstrasse 7 Case postale CH-3001 Berne Tél. 031 306 92 20 info@academies-suisses.ch Le Fonds national suisse (FNS) encourage sur mandat de la Confédération la recherche dans toutes les disciplines scientifiques. Il investit chaque année environ un milliard de francs dans des projets de recherche. En 2019, plus de 5500 projets étaient en cours, avec la participation de 19 000 chercheuses et chercheurs. Le FNS est ainsi la principale institution de promotion de la recherche du pays. Les Académies suisses des sciences s’engagent sur mandat de la Confédération en faveur d’un dialogue équitable entre la science et la société. Elles représentent la science, chacune dans leur domaine respectif, mais aussi de façon interdisciplinaire. Leur ancrage dans la communauté scientifique leur permet d’avoir accès à l’expertise de quelque 100 000 chercheurs. Impression, lithographie et gestion des abonnements Stämpfli SA, Berne et Zurich Climatiquement neutre, myclimate.org Papier  : Refutura FSC, Recycling, mat Typographie  : FF Meta, Greta Text Std Tirage 16 000 (français), 35 200 (allemand) Tous droits réservés. Reproduction possible des textes, publiés sous une licence Creative Commons BY-NC-ND. ISSN 1663 2710 Les articles publiés ne reflètent pas forcément les points de vue officiels des éditeurs. Horizons n o 124, mars 2020 51



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