Horizons n°124 mar/avr/mai 2020
Horizons n°124 mar/avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°124 de mar/avr/mai 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : en quête de l'explication suprême.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Science et croyance 12 Horizons n o 124, mars 2020 Le fondement demeure toujours incertain La théologie est bien entendu fondée sur la croyance. Or, même en physique et en mathématiques, le savoir n’est pas pur. Dans quelle mesure les chercheurs fontils preuve d’esprit critique à l’égard de leurs propres fondements ? Un voyage-découverte à travers les disciplines. Par Judith Hochstrasser, Florian Fisch et Michael BaumannLa science confirme ou réfute ses théories et thèses à l’aide d’observations, par exemple grâce à des expériences reproductibles. Dans la recherche au quotidien et les applications concrètes qui en découlent s’appliquent les règles de l’empirisme et de la reproductibilité. Mais ce qui fonctionne au sein de chacune des différentes disciplines peut devenir une question de foi. Vus de l’extérieur, certains principes, théories et modèles peuvent paraître boiteux. Horizons a réuni un échantillon de ces disciplines pour comprendre où dans la science commence – ou s’arrête – la croyance. Où considère-t-on comme vraies des choses sans que des raisons vérifiables le confirment ? PHYSIQUE Théorie des cordes à fin d’unification Les deux lauréats suisses du prix Nobel, Didier Queloz et Michel Mayor, ont découvert l’exoplanète 51 Pegasi en 1995, bouleversant la théorie alors courante de la formation des planètes. Selon le philosophe KarlPopper, c’est exactement ainsi que les théories scientifiques doivent pouvoir être réfutées. Mais réfuter les théories de la physique n’est pas toujours possible. Selon le physicien Peter Woit, la théorie des cordes – un modèle physique censé réunir toutes les forces fondamentales observées à ce jour – serait tellement hypothétique qu’on ne saurait même pas prouver qu’elle est erronée. Sur son blog, le journaliste scientifique John Horgan écrit à ce propos  : « Au mieux, la physique est le domaine scientifique le plus solide et le plus rigoureux, mais dans sa capacité à produire des sottises elle surpasse même la psychologie. » Sans aller aussi loin, le philosophe scientifique Claus Beisbart explique que d’autres théories, comme celle de la gravitation à boucles, contredisent celle des cordes et que les deux approches ne sauraient être correctes. « Si, aujourd’hui, quelqu’un considère l’une de ces théories comme vraie, il ne s’agit certainement pas d’un savoir, mais de pure croyance. » Bien des chercheurs aborderaient ces recherches comme un passe-temps. « Ils pensent néanmoins qu’il faut poursuivre leur approche plutôt qu’une autre. La justification donnée est que cette théorie est particulièrement simple, ou d’une grande beauté. » « Lorsque quelqu’un travaille pendant des années avec le même modèle, il commence tôt ou tard à y croire. Il ne perçoit plus les données de façon neutre, mais s’arrange pour qu’elles entrent dans son modèle. » Claus Beisbart La foi serait inutile pour progresser dans la recherche. Il suffirait de suivre des hypothèses. Claus Beisbart signale toutefois un phénomène intéressant  : « Psychologiquement, il est difficile au fil des ans de continuer à considérer une hypothèse comme telle. Le risque existe qu’elle devienne une croyance malgré tout. Des études montrent que lorsque quelqu’un travaille pendant des années avec le même modèle, il commence tôt ou tard à y croire. Il ne perçoit plus
Les archives ADN de David et Ellen Styles de Macclesfield (GB) en février 2009 (en haut). Elles servent de sauvegarde pour le cas où leurs corps seraient détruits lors d’un accident, empêchant leur cryoconservation. Dans le monde, près de 2000 personnes sont inscrites pour être congelées postmortem. Une partie d’entre elles seront probablement plongées dans l’azote liquide des cryostats américains du Cryonics Institute au Michigan (en bas). Photos  : Murray Ballard



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