Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
AdobeStock/Boris ZerwannBiologie et médecine La vaccination est moins efficace chez les nouveau-nés. Les effets secondaires des anticorps maternels Les enfants viennent au monde avec les anticorps transmis par leur mère durant la grossesse. Ces protéines reconnaissent les agents pathogènes étrangers et réagissent à leur attaque en activant le système immunitaire de l’enfant, et cela avant même qu’il ait pu produire ses propres anticorps. Cette protection immédiate lui est bénéfique, mais lorsque l’enfant reçoit ses premiers vaccins à l’âge de 2 mois, les anticorps maternels ont un second effet : ils affaiblissent l’efficacité du vaccin en réduisant l’activité des lymphocytes B, les cellules responsables de la production d’anticorps. Certes, de nouvelles doses de vaccin sont de toute façon administrées à l’enfant dans les mois suivants et assurent sa protection. Mais les raisons de cette inhibition de la réponse vaccinale par les anticorps d’origine maternelle sont encore mal connues. Des recherches menées à l’Université de Genève ont réussi à décrypter en partie ce mécanisme. « Jusqu’ici, nous pensions que les anticorps maternels empêchaient l’activation des lymphocytes B et la formation des centres germinatifs, ces lieux où les lymphocytes B activés sont multipliés », explique Maria Vono, première auteure de l’étude. Mais en observant la réponse immunitaire de souriceaux vaccinés, les scientifiques ont découvert que c’est l’étape suivante qui fait défaut : la phase de transformation des lymphocytes B en plasmocytes, les cellules qui synthétisent les anticorps. Le degré de l’inhibition est proportionnel à la quantité d’anticorps maternels présents chez l’enfant au moment de la vaccination. Les scientifiques veulent évaluer une solution possible qui consisterait à utiliser des vaccins distincts chez la mère et son bébé. « L’un de nos objectifs est de concevoir de nouvelles stratégies de vaccination capables de surmonter l’inhibition et d’offrir une protection en une seule dose », explique Maria Vono. Nathalie Jollien M. Vono et al. : Maternal Antibodies Inhibit Neonatal and Infant Responses to Vaccination by Shaping the Early-Life B Cell Repertoire within Germinal Centers, Cell Reports (2019) 48 Horizons n o 123, décembre 2019 shutterstock/Andrew Stripes Entre maladies auto-immunes et dépression, pas de lien génétique On note davantage de dépressions chez les patients atteints de maladies auto-immunes, c’està-dire dues à une réaction anormale du système immunitaire. C’est le cas lorsque la pathologie est liée à une prédisposition génétique, comme pour la sclérose en plaques, le psoriasis, la maladie de Crohn ou encore le diabète de type 1. Un consortium international a analysé si des gènes associés au développement de maladies auto-immunes sont corrélés avec un risque accru de dépression. Les généticiens ont étudié le système de gènes dit HLA, situés sur le chromosome 6, et notamment un sous-ensemble dont l’association entre maladies auto-immunes et schizophrénie est établie. L’équipe a analysé ces variants génétiques chez 45 149 personnes souffrant de dépression et 86 698 individus sains (le groupe contrôle). Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) a contribué avec des données provenant de 1500 patients et 2000 sujets contrôles. Les résultats montrent qu’aucun variant de gènes HLA jouant un rôle majeur dans la susceptibilité génétique de pathologies auto-immunes ou associé au risque de schizophrénie n’augmentait le risque de dépression. Il ne semble donc pas exister au sein du système HLA de facteur génétique commun à la dépression et aux maladies auto-immunes. « Il doit donc exister d’autres gènes ou mécanismes biologiques, hors du système HLA, à même d’expliquer l’association entre dépression et maladies auto-immunes observée sur le plan épidémiologique, selon Martin Preisig, chercheur au CHUV et coauteur de l’étude. Cela dit, il faut garder à l’esprit que la dépression constitue un trouble très hétérogène et qu’il est toujours possible que ces variants de gènes HLA soient associés à certains sous-groupes de troubles dépressifs mais pas à l’ensemble des dépressions. » Marc Gozlan K. P.Glanville et al. : Classical HLA alleles and C4 haplotypes are not significantly associated with depression. Biological Psychiatry (2019) La dépression survient plus souvent en cas de maladie auto-immune. Mais pourquoi ? Ce petit ver de 0,5 mm infeste les branchies de poissons – le phytoplancton en profite. L’impact caché des vers parasites sur les écosystèmes Les parasites n’influencent pas seulement leurs hôtes ; ils peuvent aussi perturber des chaînes alimentaires complètes. C’est la conclusion d’une étude internationale menée par l’institut de recherche de l’eau Eawag. L’équipe a placé des épinoches (des petits poissons répandus dans l’hémisphère Nord) dans de grandes cuves de 1000 litres d’eau pendant un mois. Dans 20 bassins, les poissons portaient des parasites tels que les vers plats de la famille des gyrodactylus, qui se nourrissent du mucus de leurs branchies. Dans 20 autres bassins, un traitement avec un vermifuge avait enlevé pratiquement tous les parasites. Cinq cuves sont restées vides pour contrôle. La comparaison a montré que les épinoches infestées de parasites mangeaient moins de petits crustacés et de larves d’insectes que les épinoches vermifugées. Ce type de zooplancton se nourrissant d’algues microscopiques (phytoplancton), ces dernières ont proliféré. Cela indique que les vers parasites peuvent avoir une incidence sur la productivité de l’ensemble de l’écosystème d’un lac, selon les modèles développés par les scientifiques. La provenance des épinoches a également une influence : l’effet était plus important chez les poissons prélevés dans le lac de Constance que chez ceux du Léman. Cela vient probablement de comportements prédateurs différents dans ces deux populations. « Même si des recommandations pratiques ne peuvent pas être tirées de nos résultats, note Blake Matthews, dernier auteur de l’étude, ils contribuent néanmoins à une meilleure compréhension des interactions complexes qui existent dans un lac. » Ori Schipper J. M. Anaya-Rojas et al. : An experimental test of how parasites of predators can influence trophic cascades and ecosystem functioning. Ecology (2019) Daniel J. Drew/Wikimedia Commons
Comment ça marche ? Le bon antibiotique grâce au laser Le test rapide d’une spin-off de l’EPFL détermine l’antibiotique adapté en cas d’infection. Le truc ? Un laser mesure les vibrations des bactéries à l’échelle du nanomètre. Texte : Florian Fisch Illustration : ikonaut 3 – Solution : un laser traque les mouvements Les bactéries sont fixées avec du gel sur une petite plaque de métal de quelques micromètres. Un laser mesure leurs mouvements à l’échelle du nanomètre. Les antibiotiques sont injectés les uns après les autres dans la chambre où se trouve la plaque. Deux heures suffisent à déterminer la substance qui tue les microbes. 1 – Problème : administrer rapidement le bon médicament Lorsqu’un patient est hospitalisé pour une infection grave, une course contre la montre commence. Les médecins doivent trouver rapidement l’antibiotique capable de tuer les bactéries, un mauvais choix pouvant également favoriser l’essor de germes résistants. Les tests habituels prennent de un à deux jours : un temps que les médecins n’ont pas. MORTES VIVANTES 2 – Fait : les bactéries vivantes bougent Resistell, une spin-off de l’EPFL, a développé une méthode pour mesurer rapidement l'effet des antibiotiques sur les bactéries, sans devoir faire croître les germes en culture. Elle mesure les déplacements infimes des bactéries. Ce sont ces mouvements qui indiquent que le médicament choisi n’est pas efficace. Horizons n o 123, décembre 2019 49



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :