Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA SANTÉ, DES PIEDS À LA TÊTE « Contrairement aux autres étudiants, j’étais déjà père de famille » Christian Burr 46 ans, deux enfants (13 et 17 ans) Avant : infirmier Maintenant : chercheur, Centre des sciences infirmières cliniques, Berne « J’ai commencé deux choses assez tard. D’abord, le mountain bike comme amateur, mais sans trop de succès. Ensuite, ma reconversion professionnelle, cette fois avec succès. J’avais 41 ans lorsque j’ai obtenu mon master en sciences infirmières à la Haute école spécialisée bernoise. J’avais alors une longue expérience d’infirmier et, contrairement à la plupart des autres étudiants, j’étais déjà père de famille. Ma fille était âgée de 8 ans, mon fils de 12. J’ai ensuite eu envie de faire un doctorat en sciences infirmières, une chose presque impossible en Suisse. Mais pas en Allemagne, à l’Université de Vallendar près de Coblence, qui a une faculté spécialisée dans ce domaine. Elle m’a accepté malgré mon âge et mon master d’une haute école spécialisée, et supervise le doctorat que je mène à Berne. Au départ, je voulais devenir physiothérapeute, mais cela n’a pas marché pour l’admission, et j’ai fini dans les soins infirmiers. J’ai réalisé une expérience décisive lors d’un stage en psychiatrie. J’ai pensé : waouh, c’est ça que je veux faire ! Travailler avec des gens, les yeux dans les yeux ! J’ai ensuite fait mon service civil dans le cadre d’un projet de distribution contrôlée d’héroïne. Il s’agissait de ramener progressivement les toxicomanes à une vie plus stable avant de s’occuper de leur dépendance. Depuis, j’ai collaboré à plusieurs publications sur les thèmes de la santé mentale et de la résilience. Dans le cadre de mon doctorat, je prévois de mener une étude pilote axée sur les gens qui entendent des voix et sur la façon dont ils le vivent au quotidien : ils racontent leurs expériences et leurs efforts pour parvenir à une certaine qualité de vie. Et la mienne ? Quand on s’engage de cette façon, la profession devient vite une préoccupation centrale. C’est pourquoi la qualité de la vie de famille est si importante. » Franca Siegfried 28 Horizons n o 123, décembre 2019
Science et politique Désaccords autour de l’open access Les responsables d’une revue spécialisée en histoire de l’art voulaient passer en libre accès, mais leur maison d’édition a refusé. L’affrontement illustre les difficultés à réaliser la vision de l’open access. Par Michael BaumannL’essor de la numérisation et les difficultés de la presse imprimée n’épargnent pas les publications scientifiques. Fondée en 1932 à Berlin, paraissant quatre fois par année, la revue d’histoire de l’art Zeitschrift für Kunstgeschichte (ZfK) fait face à des problèmes financiers depuis plusieurs années déjà. Une situation que ses quatre éditeurs n’ont pas cachée à leur maison d’édition, la Deutscher Kunstverlag, qui imprime la revue. Une difficulté en vue : la fondation Rudolf-August Oetker et l’Université de Bielefeld cesseront de soutenir la revue à fin 2019. Ses éditeurs ont donc revu leur concept et ont cherché de nouveaux partenaires. L’Université de Berne s’est dite disposée à soutenir la revue à partir de 2020, mais a posé une condition : le périodique devra être en libre accès. Tous les articles seront disponibles en ligne gratuitement et sans limite dès leur publication, soit la « voie dorée » de l’open access. Qui peut utiliser le titre ? La maison d’édition allemande s’est d’abord déclarée prête à ce que les articles soient accessibles sur des sites d’archives (« voie verte » de l’open access), mais uniquement après une période d’embargo. La voie dorée sans embargo n’aurait pu être introduite qu’à partir de 2021, et avec d’autres conditions, selon Beate Fricke, l’une des éditrices de la revue et professeure d’histoire de l’art médiéval à l’Université de Berne. Il apparut que trouver un terrain d’entente ne serait pas possible. La question du nom de la revue est venue envenimer la situation. « Nous n’avons pas pris la décision de cesser nos activités de gaieté de cœur. » Beate Fricke Pour les éditeurs du magazine, le droit d’utiliser le titre « Zeitschrift für Kunstgeschichte » leur appartenait ; ils pouvaient continuer à se servir de ce nom, notamment pour une collaboration avec le portail Arthistoricum.net. Mais la maison d’édition voyait les choses autrement. La protection des noms étant nettement plus rigoureuse en Allemagne qu’en Suisse, l’affaire menaçait de se muer en une procédure La revue Zeitschrift für Kunstgeschichte ne passera pas en libre accès. Par conséquent, ses responsables lanceront une nouvelle revue. Photo : Valérie Chétèlat longue et coûteuse, explique Daniel Hürlimann, spécialiste du droit de l’information à l’Université de Saint-Gall. Les responsables de ZfK disent ne pas avoir eu le courage ou les fonds pour s’engager dans une longue dispute. Ils ont par conséquent décidé de cesser leur activité à fin 2019. « Nous n’avons pas pris cette décision de gaieté de cœur, confie Beate Fricke. Nous craignons pour l’avenir d’une revue importante en histoire de l’art. » Il n’a cependant pas été possible de s’entendre sur l’avenir de la revue avec l’éditeur. Le comité d’édition, étoffé de deux personnes, a décidé de lancer en 2020 un nouveau magazine en complet libre accès. Journal cherche éditeur Cette revue intitulée « 21 : Inquiries into Art, History, and the Visual » proposera des articles sur l’histoire de l’art classique ainsi que sur des images, pratiques et phénomènes visuels. Les domaines du film, de la photographie, de la publicité ou des médias sociaux pourraient aussi y être thématisés. Les éditeurs ne se limiteront pas à l’espace anglo-américain et européen, mais traiteront de thèmes mondiaux. Tous les articles seront soumis à une évaluation par les pairs en double aveugle, une méthode éprouvée. Beate Fricke indique qu’un accent particulier sera mis sur le plurilinguisme dans l’histoire de l’art. Les articles paraîtront en anglais, en allemand, en français et en italien. La Deutsche Kunstverlag dit regretter que la rédaction cesse ses activités. Elle annonce que la revue ZfK sera maintenue : elle paraîtra sous forme écrite et numérique à partir de 2020 et sera gérée par de nouveaux éditeurs, encore inconnus. Une solution en libre accès serait envisageable à titre complémentaire. « La Deutsche Kunstverlag est consciente de sa responsabilité à l’égard de la ZfK, l’un des organes essentiels de l’histoire de l’art allemande, déclare Eric Merkel-Sobotta, directeur de la communication du groupe de Gruyter, à laquelle appartient la maison d’édition. La mise en place du nouveau comité éditorial s’effectuera en étroite collaboration avec la communauté de spécialistes de la discipline. » Cette dernière pourrait, bizarrement, profiter de la dispute entre les anciens éditeurs et la maison d’édition, sous la forme d’une offre plus étendue de revues consacrées à leur domaine. Michael Baumannest journaliste indépendant à Zurich. Horizons n o 123, décembre 2019 29



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