Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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À LA DÉCOUVERTE DES MONDES INTÉRIEURS « Il faut tenter de réaliser ses rêves professionnels » Isabel Hotz 43 ans, deux enfants (16 et 18 ans) Avant : graphiste Maintenant : neuroscientifique à l’Université de Zurich « La recherche, j’en faisais déjà quand j’étais petite fille. Je marquais la coquille des escargots avec des couleurs différentes pour voir si je les rencontrerais à nouveau. L’expérience n’a pas vraiment été un succès, mais elle a éveillé ma passion pour l’observation de la nature. J’ai fait quelques détours pour arriver à mon poste actuel de neuroscientifique, mais tout mon parcours présente d’une manière ou d’une autre un lien avec cette activité. Je suis entrée dans le monde de la santé avec une formation d’assistante médicale. Mais le quotidien dans un cabinet avec peu de responsabilités ne m’attirait pas. J’ai donc fait une maturité et me suis formée dans le graphisme. J’ai travaillé pendant 26 Horizons n o 123, décembre 2019 huit ans comme graphiste, indépendante ou employée. Cette composante visuelle se retrouve aujourd’hui dans mon travail : j’analyse des clichés d’IRM dans le cadre de ma thèse, que je mène à l’Institut de neuropsychologie de l’Université de Zurich. Ce sont des images du cerveau de personnes âgées mais en bonne santé. On y voit des atteintes dénommées « lacunes silencieuses » et « hyperintensités de la substance blanche ». Toutes deux font partie de la catégorie des microangiopathies cérébrales et témoignent d’une modification des vaisseaux sanguins de petit calibre. Je m’intéresse en particulier aux stratégies développées par le cerveau pour compenser ces déficiences, qui sont bien visibles sur les images. Je suis convaincue qu’il faut tenter de réaliser ses rêves professionnels. Pour ma carrière, le fait que je sois un peu plus âgée a aussi des avantages, en particulier en tant que femme. Lorsque j’ai commencé à étudier, mes deux enfants avaient déjà 7 et 9 ans. Ils sont aujourd’hui assez grands pour qu’il n’y ait pas de problème lorsque mes journées de travail se prolongent. J’aime ce que je fais. Aujourd’hui, il ne reste plus de pays lointains à découvrir. Mais le cerveau représente un univers dans lequel nous pouvons voyager. » Alexandra Bröhm DE LA PRATIQUE À LA RECHERCHE « J’ai changé de carrière à plus de 40 ans » Gabriela Antener 54 ans, un enfant (31 ans) Avant : pédagogue spécialisée et entrepreneuse Maintenant : professeure à la Haute école de travail social FNHW « Mes recherches profitent de mon expérience professionnelle passée. Elle me permet de maintenir un lien étroit avec la pratique – quelque chose de très précieux dans une haute école spécialisée, où il s’agit avant tout de recherche appliquée. Après avoir étudié la pédagogie spécialisée, j’ai décidé de m’engager dans la pratique. J’ai fondé avec des collègues une entreprise de conseil et de formation continue spécialisés dans ce qu’on appelle la communication améliorée et alternative. A l’époque, c’était une discipline nouvelle. Elle s’intéresse aux personnes qu’une maladie ou un handicap empêchent de communiquer normalement.
Elles ont des difficultés à s’exprimer avec les outils usuels et ont besoin d’alternatives, comme les gestes ou des instruments de synthèse vocale. La recherche m’a toujours fascinée. La création des hautes écoles spécialisées m’a offert une chance unique de me lancer. Cela s’est fait sur le tard : j’ai changé de carrière à plus de 40 ans. Mon ancien champ d’activité pratique influence aujourd’hui encore mon travail de scientifique. Ce qui m’intéresse en premier lieu, c’est la manière dont on peut aider les personnes en situation de handicap à participer activement à la vie de tous les jours. Dans un de nos projets, nous examinons comment les autorités communiquent avec elles. Notre but est d’en tirer des recommandations pour mieux impliquer les personnes concernées et pour réduire les obstacles à la communication. Mon expérience professionnelle antérieure m’apporte un autre avantage : un large réseau de gens actifs sur le terrain. Je reste ainsi au courant de ce qui se passe et des problèmes actuels. J’entretiens aussi ce lien avec la pratique grâce à des projets réalisés en Mongolie. J’y soutiens depuis plusieurs années une ONG en participant à l’élaboration d’offres destinées aux enfants ayant un handicap sévère. » Alexandra Bröhm LE GUIDE DE MONTAGNE PHILOSOPHE « Mon vécu de guide m’a donné une vision plus globale de la science » Augustin Fragnière 42 ans, deux enfants (8 et 10 ans) Avant : guide de montagne Maintenant : philosophe de l’environnement à l’Université de Lausanne « J’ai un profil un peu intello. La science, la lecture, l’histoire m’ont toujours passionné. Mais à l’adolescence, le virus de la montagne m’a rattrapé. J’ai grandi entre Lausanne, où j’ai fait ma scolarité, et le Valais, où mon père qui était guide m’emmenait en randonnée. J’ai gravi mes premiers 4000 mètres à 13 ans. J’ai mené en parallèle des études de lettres et passé le brevet de guide de montagne, qui est devenu mon premier métier. Ce qui me plaisait : les paysages magnifiques, mais surtout les relations humaines avec des clients issus de milieux totalement différents. Cela a été très formateur. Gérer un groupe, assumer ses responsabilités, prendre des décisions délicates. Garder son calme, anticiper. Après cinq ans, j’ai voulu retrouver le monde des idées. Un ami du gymnase me parlait de ses recherches en océanographie, cela m’a fasciné. Alors j’ai entamé un second master en sciences de l’environnement. La rencontre avec le philosophe Dominique Bourg m’a marqué. J’ai enchaîné avec un doctorat sur nos conceptions de la liberté et leurs influences sur notre rapport avec la nature. J’ai embarqué ma famille à Seattle pour un postdoc de deux ans. Depuis notre retour, je jongle entre recherche et coordination de projets, d’abord pour le think tank Foraus, aujourd’hui pour le nouveau Centre interdisciplinaire de durabilité de l’Université de Lausanne. Mais ma priorité reste de décrocher une place de professeur et des fonds pour mener des recherches. Je me suis retrouvé en décalage avec les étapes de la carrière académique : un second postdoc à l’étranger était hors de question pour ma famille. Mais mon vécu de guide m’a donné une vision plus globale de la science, sur ses enjeux et sur sa finalité. Pour moi, elle n’est pas isolée, mais doit jouer un rôle actif dans la société. Cela se voit dans mes recherches : je fais de la philosophie, mais de manière très appliquée. » Daniel Saraga Horizons n o 123, décembre 2019 27



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