Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Francesca Palazzi Science et politique INTERVIEW Le FNS et Swissnex San Francisco décernent depuis 2018 le prix Optimus Agora à un projet de recherche pouvant atteindre un large public. Un prix similaire a été lancé par le Conseil européen de la recherche : l’ERC Public Engagement with Research Award. Commentaires d’Emmanuelle Giacometti, de la commission d’évaluation d’Agora. Ce nouveau prix indique-t-il que la communauté scientifique a compris l’importance de la communication vers l’extérieur ? Il montre clairement que les choses bougent dans ce domaine. Oui, je pense que les scientifiques ont vraiment saisi l’utilité d’expliquer leurs travaux. L’ERC se serait-il inspiré du prix Optimus Agora du FNS ? Je n’en ai aucune idée ! Mais j’ai été ravie d’apprendre qu’une institution européenne renommée faisait comme nous. Cela montre bien que la communication n’est pas un élément accessoire. Le prix européen comporte trois catégories : communication avec le public, relations NEWS Peer-review pour preprints La plateforme de preprint Biorxiv pour les sciences de la vie a lancé une expérience en octobre 2019 : certaines revues et plateformes offrant des services de peer-review peuvent évaluer de manière ouverte les articles publiés d’auteurs ayant donné leur consentement. Les objectifs sont de rendre le processus d’évaluation par les pairs plus transparent et d’aider les auteurs à améliorer leurs manuscrits avant de les soumettre pour publication à des revues scientifiques. 24 Horizons n o 123, décembre 2019 « La communication n’est pas accessoire » presse ainsi que médias en ligne et sociaux. Une idée pour Optimus Agora ? Chez nous, c’est essentiellement la communication avec le public qui compte, rarement la collaboration avec des journalistes ou une présence sur les réseaux sociaux. Optimus Agora parvient-il à renforcer les liens entre la société et la science ? C’est encore trop tôt pour évaluer son impact. Mais je pense que nous parvenons à inciter les scientifiques à se concentrer également sur la communication. Bien entendu, un prix ne suffit pas. La démarche s’inscrit néanmoins dans un effort global vers une science plus ouverte sur la société. Que reste-t-il à améliorer pour que le discours des scientifiques devienne plus accessible ? C’est une question difficile, car ils sont déjà fortement sous pression. Ils doivent publier et mener des recherches au plus haut niveau. La communication est une activité totalement différente. Les chercheurs doivent avant tout apprendre à collaborer avec les professionnels de la communication. Car ils ont besoin de traducteurs s’ils veulent être compris par un large public. C’est quelque chose qu’il faut sans cesse répéter. Ils ont souvent avant tout leur propre communauté en tête et veulent montrer qu’ils font tout juste. Exactement ! Mais ce n’est pas le même public cible... On ne peut utiliser les mêmes mots pour être compris. Souvent, les chercheurs oublient à qui ils parlent et leur travail paraît alors inintéressant. Il faut parvenir à communiquer la recherche sous une forme attrayante. Propos recueillis par Judith Hochstrasser Les pièges de la statistique La rédaction d’un article scientifique ou son évaluation s’accompagnent de dix erreurs de statistique typiques, selon Tamar Makin et Jean-Jacques Orban de Xivry du University College London. Il manque par exemple un groupe de contrôle approprié, les échantillons sont trop petits ou les paramètres sont adaptés a posteriori (p-hacking). EN CHIFFRES 12 000 Le nombre de revues scientifiques prédatrices inscrites sur la liste noire de la société Cabells, soit 2000 de plus qu’il y a un an, et trois fois plus que lors de sa création en 2017. 0 Nombre de prix Nobel dans les sciences naturelles décernés à une femme en 2019. Sur les 600 prix attribués à ce jour dans ces domaines, seuls 20 ont récompensé les travaux d’une femme. Le nombre de chercheuses nettement plus restreint dans le passé n’est pas suffisant pour expliquer cette situation, selon des analyses faites en 2018 par Liselotte Jauffred de l’Institut Niels Bohr, qui montrent que la probabilité qu’il y ait des préjugés à l’égard des femmes est de 95%. LA CITATION « Au lieu de proclamer que ‹le multivers existe›, serait-ce si difficile de dire quelque chose comme ‹il s’agit d’un concept philosophique certes séduisant, mais hautement spéculatif, controversé, et dont il n’existe aucune preuve› ? » Dans le magazine Aeon, l’auteur britannique Jim Baggott exprime ses craintes que la physique théorique ne crée un dangereux précédent : celui d’une science ne reposant sur aucune base empirique. En collaboration avec Sciencegeist
Des carrières à contre-courant Les personnes qui se lancent dans la recherche scientifique après un premier métier sont rares. Débuter sur le tard rend la carrière plus difficile, mais l’expérience acquise amène d’autres avantages. Cinq témoignages de changement de cap étonnants. DE MÉCANICIEN AUTOMOBILE À MÉCANICIEN QUANTIQUE « Ne pas être professeur ne me dérange pas ! » Robert Thew 52 ans, deux enfants (21 et 28 ans) Avant : mécanicien auto Maintenant : physicien quantique à l’Université de Genève « J’ai grandi en Australie, dans une famille de la classe ouvrière. J’ai quitté l’école à 15 ans pour faire un apprentissage de mécanicien automobile. J’ai joué au footballaustralien dans la première ligue junior et lancé des groupes de rock. A 24 ans, je gérais une équipe dans un garage. Mais il y avait peu de perspectives de carrière et la paie était mauvaise. Je me suis dit : je dois acquérir une meilleure formation. J’ai fait le gymnase pour adultes, puis des études à l’Université du Queensland. Ma partenaire a commencé des études. Nous avions un enfant en bas âge ; c’était serré financièrement. Je n’avais jamais été très doué en maths mais j’ai découvert que j’aimais la physique. J’ai rencontré des spécialistes renommés de l’information quantique. Cela m’a motivé à me lancer. La culture européenne m’attirait et j’ai frappé à la porte de Nicolas Gisin à l’Université de Genève, très connu pour ses travaux en cryptographie quantique. J’avais déjà 33 ans, mais il m’a engagé comme doctorant. Que j’aie beaucoup joué au footballaustralien lui a plu : il y a vu un team player qui s’engage et prend ses responsabilités. Nous avons tout vendu et acheté un billet simple pour la Suisse. Nous sommes arrivés le samedi ; le lundi, notre fils de 10 ans a commencé l’école sans connaître un mot de français. Après mon doctorat, j’ai pu rester à Genève. J’étais soulagé de ne pas devoir redéménager à 38 ans avec la famille pour faire un postdoc à l’étranger. Cela fait vingt ans que je suis ici. Je mène mes recherches sur l’intrication quantique et coordonne en parallèle des projets, comme notre participation au programme européen Quantum Flagship. C’est un travail que de nombreux scientifiques n’aiment pas faire, mais il me convient. Les gens imaginent souvent que je suis prof. Je ne le suis pas, et cela ne me dérange pas ! Enfant, je jouais le même jour au football dans les équipes des 11, 13 et 15 ans. Dans la première j’étais le plus grand, dans la dernière le plus petit. Cela m’a appris deux choses. D’abord, que je suis capable de m’adapter. Ensuite, que dans un team, chacun peut contribuer – quels que soient son âge ou ses talents. » Daniel Saraga Horizons n o 123, décembre 2019 25 Photos : Fred Merz Lundi13



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