Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Toxic World « Dans les questions de pollution, les gens occultent l’aspect quantitatif. » effectuer des mesures chez soi, et beaucoup répugnent à le faire. Le problème est donc souvent occulté, même dans des régions où la charge en radon est élevée. Nos peurs face aux radiations, à la technique génétique et à la chimie semblent s’envoler lorsqu’il s’agit d’applications médicales. Nous savons depuis longtemps qu’une personne malade ferait tout pour rester en vie plus longtemps. L’instinct de survie nous pousse à tout accepter, à tout avaler et à nous soumettre à tous les traitements proposés. Mais des personnes en bonne santé consomment allègrement de la vitamine C produite à l’aide de bactéries modifiées génétiquement. La plupart l’ignorent probablement. Et c’est le bénéfice qui compte, l’idée étant de prévenir la maladie. L’objectif est clair. Concernant les médicaments prescrits sur ordonnance, les gens partent du principe que le médecin ne veut que leur bien. Un patient ne s’intéresse pas vraiment aux risques ou aux effets secondaires de son traitement. « Les autorités hésitent à dire que quelque chose est inoffensif. » Les peurs disparaissent-elles parfois ? Oui. Mais souvent, il faut attendre une ou deux générations. Les fours à micro-ondes constituent un bon exemple. Il y a 40 ans, la population était très sceptique quant à leur sécurité. Aujourd’hui, il y en a un dans chaque cuisine, ou presque. La même chose s’est passée avec d’autres technologies. Les premières voitures étaient précédées d’une personne agitant un drapeau, afin d’avertir du danger qui approchait. Plus les objets sont familiers et mieux les risques sont acceptés. On arrête alors de se poser des questions. Il y a une certaine hystérie lorsqu’une organisation comme l’OMS annonce que la consommation de tel produit alimentaire augmenterait la probabilité de développer telle maladie de 10%. De quoi rester perplexe en tant que consommateur. Comment 22 Horizons n o 123, décembre 2019 communiquer honnêtement les risques sans générer de peur excessive ? J’ai deux conseils : le premier est de comparer avec d’autres risques qui sont déjà connus et acceptés. On peut mettre en rapport l’augmentation de la probabilité de développer un cancer de l’intestin due à la consommation d’une portion de viande transformée avec celle due à un verre de vin. Mon deuxième conseil est de toujours communiquer des risques absolus. Cela ne sert à rien de dire que le risque de décéder du cancer de l’intestin augmente de 10% lorsque je mange chaque jour 20 grammes de viande transformée. Je dois savoir en chiffres absolus combien de personnes développent ce type de cancer. Prenons un exemple hypothétique : il y a une grande différence entre le fait que 10 ou 100 000 personnes meurent d’une cause particulière chaque année, même si un risque relatif additionnel de 50% est le même dans les deux cas. Dans le premier, on passerait de 10 à 15 personnes. Ce risque ne m’inquiéterait pas. Mais 50% de plus de 100 000, cela fait 150 000, et cela devient pour moi important. Les médias affolent souvent l’opinion en brandissant des problèmes qui sont inoffensifs en réalité. Pourquoi les autorités et les chercheurs ne se font-ils pas mieux entendre ? Tant les chercheurs que les autorités hésitent à dire que quelque chose est inoffensif. Personne n’a envie de se voir reprocher d’avoir donné un faux sentiment de sécurité à la population. Mais je suis d’avis qu’ils se retiennent plus que nécessaire. Dans le cas de l’eau potable, on pourrait affirmer avec bonne conscience que sa consommation ne pose actuellement pas de problèmes. Atlant Bieri est journaliste scientifique et vit à Pfäffikon (ZH). Le spécialiste des consommateurs Michael Siegrist, 54 ans, est professeur à l’ETH Zurich où il étudie le comportement des consommateurs. Il a notamment analysé les raisons de l’aversion pour les plantes modifiées génétiquement, le dégoût provoqué par certaines denrées ainsi que les éléments d’une communication efficace des risques. C’est l’un des experts les plus sollicités sur les questions liées aux choix des consommateurs et de la population. Michael Siegrist a étudié la psychologie, l’économie et la communication de masse. Après un bref passage dans l’économie privée et un séjour de recherche à la Western Washington University, il est revenu à l’Université de Zurich puis à l’ETH Zurich. ff
Keystone/Science Photo Library/Photostock-Israel Très répandu dans la mer Rouge, le poisson-lion Pterois radiata se défend à l’aide du venin présent dans ses épines.



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