Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
Horizons n°123 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°123 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : dangerosité des substances et loi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les vapeurs de mercure peuvent rapidement pénétrer dans l’organisme et rester longtemps dans les tissus adipeux. Elles endommagent les reins, le foie et le système nerveux central. Keystone/Science Photo Library
Toxic World « Parfois les peurs disparaissent, après une ou deux générations » Nous craignons des choses sans danger et ignorons les vraies menaces. Spécialiste du comportement des consommateurs, Michael Siegrist décortique nos mécanismes inconscients et plaide pour une communication directe et honnête des risques, surtout lorsqu’ils sont négligeables. Interview : Atlant Bieri Les chimistes cantonaux ont trouvé des résidus de pesticides dans l’eau potable consommée par 170 000 Suisses. La nouvelle a suscité en septembre 2019 les commentaires furieux de plus d’un millier de lecteurs de « 20 minutes ». Pourquoi ? L’eau est considérée comme un produit naturel, non transformé, qui se doit d’être pur. Une contamination choque d’autant plus. Cette pollution est pourtant si faible qu’elle est sans danger. Oui, mais les commentaires des lecteurs n’ont pas été rédigés par des toxicologues. Le public occulte complètement l’aspect quantitatif. La réaction est tranchée : c’est tout ou rien. Pour qui n’est pas du métier, il est impossible d’imaginer une pollution qui soit inoffensive. Cela n’empêche pas les randonneurs de s’abreuver à un ruisseau de montagne potentiellement contaminé par des matières fécales d’animaux sauvages ou par du lisier. Pourquoi n’ont-ils pas peur dans ce cas ? Tout dépend du type de contamination. Les produits chimiques de synthèse sont perçus comme nocifs par essence. Les substances d’origine naturelle sont perçues de manière plus positive. Ce qui est produit par les humains est perçu comme plus risqué que ce qui vient de la nature, remarque Michael Siegrist. D’où vient la bonne réputation de la nature ? Dans le monde occidental, la nature est vue comme absolument positive, on le constate avec l’énergie solaire. Il n’y a pratiquement pas d’associations négatives. En outre, de nombreux risques naturels ne sont plus d’actualité aujourd’hui. Par exemple ? Il y a 150 ans, les gens mouraient d’intoxication alimentaire car ils ne pouvaient éviter les denrées avariées. En Suisse, les dangers naturels faisaient bien plus de victimes qu’aujourd’hui. Nous les avons largement éradiqués depuis. Il est ironique que cette évolution positive ne suscite pas un enthousiasme plus marqué pour la recherche et la technique. Car, en fin de compte, la bonne image de la nature est justement due aux innovations technologiques et aux découvertes scientifiques. Comment les produits chimiques ont-ils acquis leur mauvaise réputation ? Tout ce qui est produit par l’homme est perçu comme nettement plus risqué. Et les produits de synthèse sont particulièrement mal vus. Les grands accidents de l’industrie chimique comme l’incendie de Schweizerhalle ou la catastrophe de Bhopal en Inde ont marqué les esprits. Nous avons tendance à nous focaliser sur les événements négatifs et en oublions ce que la chimie nous apporte de bien. Pourquoi les petits dangers invisibles comme les résidus de pesticides, les radiations ou les additifs dans les aliments nous inquiètent-ils plus que les grands dangers évidents comme circuler en voiture ou fumer ? C’est une question d’utilité. Celui qui fume ou conduit en jouit directement ; il est prêt à prendre les risques qui viennent avec. Il en va autrement des pesticides dans l’eau potable. Les consommateurs ne voient pas d’avantage direct. Bénéfice et risque sont dissociés l’un de l’autre. L’agriculteur a besoin des pesticides s’il veut produire des quantités suffisantes pour nourrir la population, mais cet aspect est trop éloigné de la thématique de l’eau potable. Y a-t-il à l’inverse des dangers invisibles que nous ignorons largement ? Oui, c’est le cas du radon, un gaz qui se forme spontanément dans le sol. Beaucoup de gens ont de la peine à imaginer qu’un risque puisse émaner subitement du sous-sol, de notre terre nourricière. Et la situation est compliquée. L’exposition varie fortement d’une région à l’autre. Pour savoir s’il est nécessaire de réagir, il faut Horizons n o 123, décembre 2019 21 Valérie Chételat



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