Horizons n°122 sep/oct/nov 2019
Horizons n°122 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°122 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : des écoles en mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pascal Gygax et al. (2019) Culture et société Cette image correspond-elle selon vous à « des boxeurs » ? Des enfants ont fait le test. Le masculin générique n’est pas compris des enfants Lorsque nous entendons ou lisons « les musiciens », nous pensons d’abord à des hommes et non pas à un groupe mixte. Cette inclination a son ancrage dans la petite enfance, montre une recherche de l’Université de Fribourg  : les enfants de l’étude, âgés de 2 à 5 ans, considèrent que le masculin pluriel désigne vraiment des hommes. L’équipe du psychologue Pascal Gygax a analysé comment 52 élèves d’école enfantine à Genève et à Lausanne géraient l’ambivalence du masculin générique. Les scientifiques ont présenté aux enfants deux dessins – l’un avec une paire de deux garçons, l’autre mixte – en leur demandant de regarder « les chauffeurs de taxi », « les coiffeurs » ou « les musiciens ». Les paires portaient les mêmes attributs caractéristiques des différentes professions. L’équipe a observé les mouvements des yeux des enfants à l’aide d’un système de suivi oculaire infrarouge. Résultat  : les enfants regardaient plutôt la paire de garçons dans le cas de professions associées à des stéréotypes masculins (comme les chauffeurs de taxi) et la paire mixte dans le cas de stéréotypes féminins (comme les coiffeurs). Dans le cas d’un profil de métier neutre (comme les musiciens), le genre grammatical dominait leurs réactions, alors même qu’ils n’avaient eu aucun enseignement de grammaire sur les genres des terminaisons des adjectifs. « Ce n’est pas très encourageant, commente Pascal Gygax. Cela signifie qu’à cet âge déjà, les enfants commencent à développer une perspective chargée de préjugés sur la société. » Cette tendance était d’ailleurs particulièrement marquée chez les filles. « Comme on s’adresse à elles généralement avec la forme féminine, la forme masculine est celle qui ne les concerne pas. » Judith Hochstrasser Pascal Gygax et al.  : Exploring the Onset of a Male-Biased Interpretation of Masculine Generics Among French Speaking Kindergarten Children. Frontiers in Psychology (2019) 48 Horizons n o 122, septembre 2019 Archäologischer Dienst Bern Solidarité à l’Age de pierre Couche après couche, les archéologues ont pénétré dans l’histoire du Plateau suisse. Les éboulis du Mühle bach à Oberbipp(BE) sont aujourd’hui dominés par le centre historique du village, les édifices antérieurs de l’église du VIIIe siècle, un cimetière du bas Moyen Age et les vestiges d’un domaine romain. L’excavation d’un bloc de pierre gênant près de la gare a permis de dégager une chambre funéraire de 2 mètres carrés, datant d’il y a 5000 ans environ et faite de dalles de calcaire du Jura soigneusement agencées. Les fouilles menées par la suite ont révélé plus de 2000 fragments d’os humains. De nouvelles analyses anthropologiques réalisées par des chercheurs de l’Université de Berne offrent un aperçu unique de la vie des paysans du Néolithique au pied du Jura. « On trouve des tombes mégalithiques en Suisse et dans les régions avoisinantes, mais il est rare qu’on y découvre autant d’ossements humains », souligne Sandra Lösch, responsable de l’étude. Avec Inga Siebke et une équipe interdisciplinaire, la chercheuse a réussi à identifier au moins 42 femmes et hommes de toutes les classes d’âge, qui mesuraient en moyenne 1,55 m à l’âge adulte. Les analyses des altérations osseuses, des fractures ressoudées et des déformations articulaires fournissent des indications sur leur santé et permettent aux chercheurs de tirer des conclusions sur le comportement social de l’époque  : les blessés devaient bénéficier de l’aide quotidienne de la communauté. Elles n’ont trouvé aucune marque de violences. Quant aux caries présentes sur environ 8% des dents, elles renseignent sur l’alimentation  : cette communauté agricole ingérait des aliments riches en hydrates de carbone. Des analyses en cours devraient fournir des détails sur la composition précise de ses menus. This Rutishauser Siebke et al.  : Who lived on the Swiss Plateau around 3300 BCE ? Analyses of commingled Human Skeletal Remains from the Dolmen of Oberbipp. International Journal of Osteoarchaeology (2019) Des archéologues ont fait parler ces fragments d’os trouvés à Oberbipp(BE). Leur âge  : 5000 ans. A cheval sur le Tessin et les Grisons, le plateau de la Greina aurait fait partie du parc Adula. Pourquoi le second parc national a échoué Son territoire inclut une diversité unique de paysages et d’écosystèmes entre 397 et 3402 mètres d’altitude et comprend le haut plateau de la Greina. Mais le projet de second parc national en Suisse, le parc Adula, ne sera pas concrétisé. Huit des 17 communes tessinoises et grisonnes concernées se sont prononcées contre le projet. Le référendum a anéanti en novembre 2016 seize ans de planification minutieuse, de discussions et de négociations. Annina Helena Michel et André Bruggmannde l’Institut de géographie de l’Université de Zurich ont examiné les facteurs ayant mené à l’échec du projet. Leurs données sont issues de procédés de l’ethnographie, notamment des observations et des discussions menées avec la population et tous les acteurs. Ils les ont analysées aussi bien avec des méthodes quantitatives que qualitatives. Les deux scientifiques ont cherché à mieux comprendre les différents enjeux des discussions entre les protagonistes afin d’identifier les faiblesses dans la communication. Ils ont en particulier constaté une lacune entre la science et la politique ; les politiciens n’ont pas su convaincre totalement la population de l’intérêt que ce parc représentait pour eux. La planification d’une réserve naturelle exige une communication subtile, indiquent les chercheurs. Elle prendra en compte de nombreux aspects, y compris l’influence de langues différentes et l’intérêt porté à la protection de la nature. En bref, une bonne communication devrait être en mesure de dissiper aussi les malentendus et les rumeurs. L’étude pourrait à l’avenir constituer une base prometteuse pour la communication autour de nouveaux projets. Franca Siegfried A. H. Michel und A. Bruggmann  : Conflicting Discourses  : Understanding the Rejection of a Swiss National Park Project Using Data Analysis Triangulation. Mountain Research and Development (2019) Keystone/Armin Mathis
Comment ça marche ? La ménagerie des drones Intrépides ou férus d’altitude, solitaires ou en groupe, les drones helvétiques présentent une diversité fascinante. Petit bestiaire de ces drôles d’oiseaux. Texte  : Florian Fisch Infographie  : ikonaut Wingtra est une star du décollage vertical et des atterrissages au plus court. Profitant de ses ailes horizontales, il parcourt de vastes étendues et produit des cartes à l’aide de sa caméra haute définition. Origine  : ETH Zurich. Autre amateur des vols longue distance  : Sensefly, originaire de l’EPFL. Dronistics ne mord pas et se montre facile d’usage. Il franchit les zones les plus impraticables pour revenir jusqu’à son maître, qui le pliera pour le glisser dans son sac à dos. Origine  : EPFL. Aerotain est un habitué des grandes manifestations. Contrôlé par smartphone, il prend des photos et des vidéos et arbore fièrement des messages publicitaires. Aime prendre différentes formes et porter des couleurs variées. Origine  : ETH Zurich. Flyability ne craint pas les sites dangereux grâce à son enveloppe protectrice. Son stabilisateur lui permet de naviguer tout seul dans des couloirs étroits sans GPS. Origine  : EPFL. Verity se déplace en essaim. Célèbre pour ses spectacles lumineux, il navigue également avec aisance à l’intérieur grâce à sa géolocalisation basée sur l’ultra wideband. De petite taille, léger et inoffensif. Origine  : ETH Zurich. Gamaya ne sait pas voler, mais se colle aux drones à longue portée survolant les terres agricoles. Ses caméras hyperspectrales perçoivent simultanément les longueurs d’onde les plus diverses qu’il sait interpréter et analyser. Origine  : EPFL. Autres yeux supplémentaires destinés aux drones  : Pix4D de l’EPFL et Skybotix de l’ETH Zurich. Skypull raffole des vents forts à 400 mètres d’altitude. Attaché par un câble à un générateur électrique placé au sol, il lui tranfère l’énergie éolienne. Origine  : ETH Zurich. Autre producteur de courant  : Twingtec, originaire de l’EMPA, la FHNW et l’ETH Zurich. Fotokite se définit comme robuste, éprouvé et indépendant. Il survole avec calme et sans pilote les lieux d’accidents où règne la confusion et fournit des images aériennes aux forces d’intervention pendant des heures grâce à son câble électrique et à sa caméra thermique. Origine  : ETH Zurich. Horizons n o 122, septembre 2019 49



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