Horizons n°122 sep/oct/nov 2019
Horizons n°122 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°122 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 266) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : des écoles en mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Etudier l’école formations continues basées sur cet outil. « Les enseignantes et les enseignants peuvent suivre l’évolution de leurs leçons et les adapter de manière ciblée en fonction de ce dont les élèves ont besoin pour faire des progrès. » Trop peu d’enseignants touchés Mais transmettre ce type d’outils reste difficile, et seule une minorité d’enseignants est atteinte pour l’instant. Si environ 800 d’entre eux ont appris à utiliser la méthode Luuise dans le cadre d’une formation continue et l’ont diffusée en partie dans leurs classes, la Suisse dénombre plus de 40 000 enseignants dans les écoles primaires. Les chercheurs veulent en former davantage. « Nous publions des articles dans des revues professionnelles et menons des projets pilotes dans des établissements scolaires pour tester les instruments et les diffuser », détaille Wolfgang Beywl. L’idée est aussi d’intégrer davantage Luuise dans la formation initiale. C’est déjà le cas à la Haute école pédagogique de Berne, dans les cours de didactique de l’anglais et du français. D’autres disciplines devraient suivre. Dans sa recherche laborieuse d’écoles voulant participer à ces projets, Wolfgang Beywl constate un fossé entre recherche et pratique  : « Je vois grandir une réticence vis-à-vis de la collecte de données », qu’il dit compréhensible au vu de l’essor du monitoring au cours des vingt dernières années et dont les écoles n’ont pas retiré de bénéfice. Car les grandes enquêtes comme l’étude PISA ou la vérification de l’atteinte des compétences fondamentales (COFO) dans toute la Suisse travaillant avec des données sont anonymisées et des classements faits par les pays. Les écoles, elles, ne savent donc pas quels résultats elles +0,88 MICRO-TEACHING Micro teaching Effectuer de petites séances d’exercices avec un nombre restreint d’élèves, les enregistrer en vidéo et les analyser ensuite constitue une méthode efficace. Une exception, la formation des enseignants n’a souvent que peu d’impact – surtout parce qu’elle n’est pas standardisée. ont obtenus « et ne retirent aucun gain de connaissances de leur contribution », selon Wolfgang Beywl. L’analyse est partagée par Beat Schwendimanndu LCH, l’association faîtière des enseignants de Suisse alémanique  : « Dans le cas de Pisa, mais aussi dans nombre de projets de recherche des hautes écoles pédagogiques et des universités, les écoles ne reçoivent aucun retour qui puisse leur être utile. » Il dit souhaiter que la communication des résultats dès le début devienne une évidence pour les projets de recherche. L’important pour les chercheurs en éducation ne serait pas uniquement de publier les résultats dans des revues spécialisées, mais aussi d’assurer leur transfert, par exemple à travers des revues destinées aux enseignants, des ateliers ou encore le développement d’instruments. « Les écoles ne reçoivent aucun retour qui puisse leur être utile. » Beat SchwendimannPour Urs Moser aussi, des efforts supplémentaires sont nécessaires afin d’amener la recherche dans les écoles et de les motiver à adopter des méthodes fondées sur les preuves. Il dit toujours communiquer les résultats de ses études aux établissements scolaires en expliquant la manière dont les conclusions peuvent être appliquées dans le développement de l’école ainsi que les modalités qui permettent aux enseignants de les exploiter à titre personnel. A l’instar de son collègue Wolfgang Beywl, il développe des instruments que les enseignants et les élèves utiliseront directement pour +1,33 AUTO-ÉVALUATION Self-reported grades Les élèves évaluent très bien leurs compétences sur la base d’expériences antérieures. Ils peuvent se dépasser si les enseignants les encouragent à se fixer eux-mêmes des objectifs plus ambitieux. tirer des conclusions à partir des données, à l’image du logiciel Mindsteps qui rend visibles les progrès d’apprentissage. « Lorsqu’un outil est facilement accessible et utile, les enseignants se montrent très intéressés et désireux d’en apprendre davantage grâce à lui. » Le politique se trompe de cible Les autorités éducatives et politiques sont les acteurs les plus importants  : elles décident en fin de compte de l’aménagement global de l’école. Et elles n’intègrent pas assez les connaissances scientifiques, avance Wolfgang Beywl, menant au contraire des discussions sur les mauvais sujets. Comme les questions structurelles, par exemple sur la sélection en différents niveaux scolaires, qui dominent les discussions politiques depuis plusieurs décennies. « Alors que nous savons par John Hattie que cette différenciation par niveaux n’influence pratiquement pas la réussite de l’apprentissage ! » rappelle Wolfgang Beywl. Pour lui, il serait bien plus judicieux de chercher des possibilités de réduire un peu la charge de cours des profs afin de dégager du temps pour assurer le développement de leur enseignement. Et notamment appliquer les connaissances issues de la recherche, collaborer avec des spécialistes scientifiques et contribuer à l’élaboration d’instruments de collecte des données. Bref, du temps pour améliorer leur enseignement, tout simplement. Santina Russo est journaliste scientifique indépendante à Zurich. 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 +1,39 EFFICACITÉ COLLECTIVE DES ENSEIGNANTS Collective teacher efficacy Des enseignants se considérant comme faisant partie d’une équipe efficace font monter les performances des élèves. La cohésion de l’équipe, une bonne information et des décisions collectives peuvent même compenser les différences sociales existant entre les élèves.
« J’ai simplement vite pris la photo. Je trouve marrant que les deux aient le même pied en avant. » Photo  : Pema. Sur l’image  : Anastasia et Debora. Les élèves d’une classe de 7e année à Ostermundigen (BE) ont pris ces photographies et celles des pages suivantes. « Nous avons essayé différentes perspectives. En fait, nous préférions la photo prise d’en haut, pas celle-ci prise par le bas. » Photo  : Debora et Pema. Sur l’image  : Anastasia



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