Horizons n°110 sep/oct/nov 2016
Horizons n°110 sep/oct/nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°110 de sep/oct/nov 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'université généraliste est-elle encore nécessaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Point fort Open science rapport à la science ouverte au niveau général et la retenue individuelle à partager ses propres données. Souvent, c’est la peur du vol d’idées qui inhibe les chercheurs. Même si ce risque est largement surestimé, on ne peut nier que des cas existent. Titus Brown, chercheur en génétique à l’Université de Californie à Davis, a rapporté comment des concurrents avaient utilisé des méthodes qu’il avait inventées pour rédiger des articles scientifiques dont il aurait pu être l’auteur. Il est néanmoins resté favorable à la divulgation, car il est convaincu de son utilité pour la recherche. La peur du vol d’idées inhibe souvent les chercheurs. Bien entendu, il y a encore d’autres raisons à cette retenue. Une espèce de droit coutumier peut par exemple faire obstacle à la transparence. Dans la recherche médicale empirique, une vieille attitude reste répandue: l’auteur des données doit être aussi co-auteur d’une étude s’appuyant sur celles-ci, explique Benedikt Fecher. 18 Fonds national suisse – Académies suisses: Horizons n o 110 Valoriser le partage De manière générale, le système manque d’éléments encourageant à diffuser davantage de détails sur ses travaux. Aujourd’hui, les chercheurs sont évalués à l’aune de la qualité et de la quantité de leurs publications. Mais il n’existe encore aucune reconnaissance académique pour les jeux de données, «ce que les chercheurs apprécieraient», selon Benedikt Fecher. «Il est important que les gens reconnaissent l’utilité d’une bonne gestion des données pour leur propre recherche, au-delà du partage», renchérit Alexandra Stam. Ces dernières années ont vu apparaître des revues spécialisées qui mettent les données au cœur des publications – à l’instar de «Scientific Data» du Nature Publishing Group. L’archéologie, les sciences de la Terre et d’autres branches scientifiques possèdent aujourd’hui de tels «data journals» spécifiques. Ces médias spécialisés combleront une lacune jusqu’à ce que les données de recherche soient formellement reconnues. «Les chercheurs apprécieraient une reconnaissance académique pour les jeux de données.» Benedikt Fecher L’aide-mémoire en ligne Les choses sont un peu différentes dans la divulgation des processus de recherche, par exemple avec les «open lab books», des carnets de notes de laboratoire ouverts. Carl Boettiger, biologiste à l’Université de Californie à Berkeley, avait déjà commencé à mettre en ligne ses notes de recherche lorsqu’il était doctorant. Il admet avoir eu de la chance: aucun supérieur ne s’en était offusqué. Mais ce n’est pas la règle. Certains jeunes chercheurs suscitent l’irritation de leurs collègues avec leur ouverture débridée. Dans certaines situations, ils portent même préjudice à leur carrière. Carl Boettiger utilise surtout son cahier de laboratoire comme aide-mémoire et pour l’échange avec ses collègues. Il lui est arrivé que des co-auteurs d’articles scientifiques lui demandent de ne pas partager certaines informations sensibles. Mais sinon, il note tout, tout de suite, sans avoir jamais vu ses idées volées par d’autres. Outre les craintes parfois vagues liées à l’open science, les carnets de notes de laboratoire ouverts peuvent représenter un problème concret: ils sont chronophages et nécessitent de s’initier à certains programmes informatiques. Carl Boettiger a cofondé il y a quelques années le projet rOpenSci, une plateforme qui facilite l’organisation et le partage d’informations liées à une recherche. L’open source dans les labos La science ouverte ne se limite pas aux données et à la communication, mais inclut également le matériel et les logiciels. Dans les projets en open source, schémas de câblage et plans de construction sont mis à disposition, explique Lorenz Meier de l’Institute for Visual Computing de l’ETH Zurich. Il a développé le logiciel autopilote «PX4» qui permet de contrôler des drones et des avions miniatures. Le programme et les instructions sont téléchargeables gratuitement. «Dans le cas des drones, les solutions open source sont même supérieures aux logiciels militaires, dit-il. Plus aucune société privée n’est en mesure de développer toute seule un nouveau logiciel.» Le doctorant a collaboré avec des entreprises dans le cadre de plusieurs projets. La plupart du temps, il a pu les convaincre de travailler avec des matériels et des logiciels ouverts. Dans le cas des logiciels, elles étaient souvent prêtes à communiquer les améliorations mises au point pendant le projet. Pour Lorenz Meier, ces collaborations fonctionnent bien, même si ce n’est pas toujours du premier coup. Selon son expérience, elles se ferment au partage notamment lorsqu’elles imaginent des problèmes, comme une menace pour leur modèle d’affaire. Pour désamorcer ces résistances, il
Le laptop dans le labo Essais, réussites et échecs: un biologiste consigne toutes ses observations sur papier ou sur ordinateur. Les chercheurs de la collaboration internationale Open Source Malaria vont plus loin et tiennent leur cahier de laboratoire sur une plateforme en ligne ouverte à tous, tel Volker Heussler de l’Université de Berne. Le meilleur moyen pour documenter ses progrès et éviter que d’autres scientifiques ne retentent les mêmes essais infructueux. Photo: Valérie Chételat Fonds national suisse – Académies suisses: Horizons n o 110 19



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