Horizons n°110 sep/oct/nov 2016
Horizons n°110 sep/oct/nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°110 de sep/oct/nov 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Fonds national suisse de la recherche scientifique

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 9,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'université généraliste est-elle encore nécessaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Point fort Open science 16 Fonds national suisse – Académies suisses: Horizons n o 110 Parchemins 2.0 Digitaliser les manuscrits historiques pour permettre à des chercheurs du monde entier de les étudier, c’est bien. Pouvoir les commenter à distance et de manière collaborative, c’est mieux. A l’Université de Berne, l’historienne Tara Andrews utilise l’outil T-Pen pour effectuer ses annotations et les partager en ligne. Photo: Valérie Chételat
A grande idée, grands défis la vision de la science ouverte: les scientifiques divulguent systématiquement leurs C’est plans d’études; jour après jour, ils documentent de manière transparente leurs progrès en laboratoire sur des blogs; leurs publications paraissent dans des revues scientifiques en libre accès après avoir été évaluées par leurs pairs de manière ouverte et leurs résultats, déposés dans des bases de données en ligne, sont accessibles à tous. Vision ou utopie? Ce nouveau paradigme se heurte à des défis – voire des résistances – de taille. Soit c’est l’argent qui manque, soit c’est une personne disposant des compétences techniques nécessaires qui fait défaut. De manière générale, de nombreux scientifiques hésitent à divulguer leurs données par crainte de voir leurs concurrents leur voler leurs idées et publier avant eux. Les chercheurs apprécient l’open science, mais pas forcément pour eux. Crainte de voir ses idées volées, difficultés techniques et manque de reconnaissance officielle constituent autant d’obstacles à surmonter. Mais des solutions se mettent en place. Par Sven Titz Temps et compétences La Big Science – comme le CERN ou le Human Genome Project – est connue pour partager ses données de recherche, mais ces exemples sont trompeurs. Il existe encore d’importantes entraves dans de nombreux domaines. Il est facile d’exiger ouverture et transparence, mais un tel appel peut décourager le chercheur individuel qui ne dispose ni des moyens ni de l’expertise nécessaires. Et ces données restent difficilement utilisables par d’autres scientifiques. «Le temps et les compétences manquent à de nombreuses personnes pour documenter suffisamment leurs données et les diffuser», indique Benedikt Fecher, un doctorant à l’institut allemand pour la recherche économique (DIW) et à l’institut Alexander von Humboldt pour l’Internet et la société (HIIG) à Berlin qui a étudié l’attitude des chercheurs par rapport à l’open science. «Les scientifiques doivent reconnaître l’utilité d’une bonne gestion des données pour leur propre recherche.» Alexandra Stam Aux Etats-Unis et en Europe, les organisations d’encouragement de la recherche ont affirmé haut et fort leur volonté de faire avancer le partage des données, mais l’intention ne suffit pas pour imposer les standards de l’open science. Les chercheurs ont besoin d’être soutenus en termes d’organisation, de finances et de personnel. C’est ce que fait par exemple le Centre de compétences suisse en sciences sociales (FORS). Cette institution prête main forte au niveau de l’organisation, de la documentation et du stockage des données de recherches en sciences sociales, et met à disposition l’infrastructure nécessaire. Les scientifiques peuvent se former dans le cadre d’ateliers et accéder à des outils en ligne de gestion des données. Le concept de l’open science est relativement bien établi dans les sciences naturelles, mais génère parfois davantage de méfiance dans les sciences sociales, notamment parce qu’on y travaille le plus souvent avec des informations personnelles et soumises à la protection des données. Et les chercheurs en sciences humaines ont généralement moins l’habitude de documenter leurs travaux de manière standardisée, note Alexandra Stam, responsable du groupe Data Promotion du FORS: «De nombreux chercheurs ne réalisent pas que leurs données peuvent continuer à vivre une fois leur travail terminé.» Des détails importants se perdent ainsi inutilement. Les raisons sont aussi à chercher dans la formation: la gestion des données n’est pas formellement enseignée pendant les études. Souvent, les chercheurs oublient de documenter leurs résultats en cours de projet. Ils ne s’y mettent que lorsque ce dernier touche à sa fin. Dans certains pays, par exemple aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, la demande de fonds de recherche doit souvent s’accompagner d’un plan de gestion des données. En Suisse, ce n’est pas encore le cas. Alexandra Stam espère que ce sera pour bientôt. Il est d’ailleurs essentiel que les bases de données soient conçues dans le long terme – sans quoi leur entretien reste en suspens une fois le projet terminé. La peur du vol Malgré des initiatives telles que le FORS, l’optimisme est mesuré. Même s’ils bénéficient d’un soutien, nombreux sont les chercheurs qui hésitent à divulguer leurs données. Lors de ses sondages menés auprès des chercheurs, Benedikt Fecher a constaté un fossé entre une attitude positive par Fonds national suisse – Académies suisses: Horizons n o 110 17



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