Hara-Kiri n°57 novembre 1965
Hara-Kiri n°57 novembre 1965
  • Prix facial : 2,50 F

  • Parution : n°57 de novembre 1965

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions du Square

  • Format : (235 x 306) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 55,7 Mo

  • Dans ce numéro : Institut des hautes Études d'Espionne, la rentrée a failli ne pas se faire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DE sable du petit village qui revit grâce à ceux qui ont su retrouver les gestes ancestraux, les soirées d'hiver ça serait ping-pong et même ça risquerait d'être : « Moi, la poterie, vous me faites tous chier ! » Je sais que ça serait du chic boulot de chanter pour le moral des communautés, pourtant, au risque de semer la zizanie dans les chambrées, je préfère dégoiser. De toute façon, rien qu'à cette pensée : Allons-y ! « Une Passez-moi vieille dame le muscle en été, et le message pour tartiner la tartine à sillons. On cause, on cause, on pourrait aussi bien chanter. (Un C'est pot pour de moutarde le coup qu'on lui fait entendrait l'année, les zinzins renâcler. Tous les électrophones, même les plus sûrs, se syndiqueraient comme Et encore, deux le et fond deux sèche, font quatre et nous de nous retrouver des saphirs pleins les amygdales. D'ailleurs, plus question ! Le piston Elle est en rouillé. jette.) Faut dix ans maintenant, dix ans de cagibi avant de passer au salon, dix ans de bazar avant d'être recommandé Vers deux par heures, la Redoute, dix ans avant que la Woolmark vous protège, dix ans avant que la Vache-qui-rit vous refile en prime souple. En plein Dix soleil, ans d'« Écluse ». Hein, Barbara ? Alors, c'est décidé, on ne chante pas, on dégoise. Léo Ferré, surtout quand Où c'est va-t-elle ? de lui les » paroles : s'il chantait « la la la » sans dégoiser, on poufferait moins. Évidemment, faut penser au De vertueux toute façon, potier rien qui aime qu'a cette bien serrer pensée, les mes mâchoires, cordes vocales en communauté, se mouillent. le travail fini. Sans Léo, sur l'électrophone du responsable D'ailleurs, du petit qui pourrait village qui chanter revit grâce cela, ou à ceux bien qui autre ont chose, su retrouver mais en les pensant gestes à ancestraux, cela, sans que les soirées les sanglots d'hiver l'étouffent ? ça serait ping-pong Pas et même moi ! Pas ça risquerait moi ! Aux d'être autres, : « les Moi, effets la poterie, faciles. vous Moi, me je dégoise. faites tous chier ! » Je sais que ça serait du chic boulot de chanter pour le moral des communautés, pourtant, au risque de semer la zizanie dans 16 ird//— les chambrées, je préfère dégoiser. C'est un gars qui en rencontre un cher, ou bien s'injurier : ou encore se De toute façon, rien qu'à cette pensée : autre. Ils ne se connaissent pas. battre Une chanson ! Une chanson ! « Une vieille dame en été, ILS SE CROISENT ! COMME DES CHIENS ! W - Qu'est-ce que je vous disais ? On ne peut plus (Un pot de moutarde lui fait l'année, En se croisant, ils se bousculent. Ils Ils ont dit « Je m'excuse », c'est Q supporter un disque sans chanson. Ou alors, un Et encore, le fond sèche, ne se connaissent pas. incorrect, c'est tout ce qu'on vou- Q disque d'histoires drôles. Mais le dégoisage pur Elle en jette.) ILS S'EXCUSENT ! M a, LL est un genre bien fini. Le gros dégoiseur rejoint Vers deux heures, Ils disent : « Je m'excuse » et ils ont MAIS C'EST BIEN SYMPATHIQUE ! w la fine diseuse au musée du Café-concert. En plein soleil, tort. Ils devraient dire : Où va-t-elle ? » 2 II faut s'adapter sans geindre. Chantons ! « EXCUSEZ-MOI ! » De toute façon, rien qu'à cette pensée, mes cordes vocales se mouillent. ALI LES AMANTS DISPERSÉS Ça se produit mille fois par jour. D'ailleurs, qui pourrait chanter cela, ou bien autre chose, mais en pensant à cela, Cl) sans que les sanglots l'étouffent ? (chanson) C'est lamentable. liPas moi ! Pas moi ! Aux autres, les effets faciles. Moi, je dégoise. — 1°'couplet — ON NE SAIT PLUS PARLER ! Tiens, ramasse mon gant, il est tombé par terre. Je dis « on », c'est une manière de Tiens, ramasse ma robe, elle est tombée par terre. C'est dire. Il un en gars reste qui savent. rencontre un cher, ou bien s'injurier : ou encore se Tiens, ramasse mes bas, ils sont tombés par terre. SERRONS-NOUS autre. Ils ne se connaissent LES COUDES ! pas. battre Et — Une chanson ! Une chanson ! va porter ça sur une chaise. ILS Des SE gens CROISENT ! qui savent s'exprimer. des COMME DES CHIENS ! — Qu'est-ce que je vous disais ? On ne peut plus (pas de refrain) En gens se qui croisant, lisent ils de se bonnes bousculent. choses, Ils Ils ont dit « Je m'excuse », c'est supporter un disque sans chanson. Ou alors, un — 2° couplet — ne ÇA se NE connaissent COURT PAS pas. LES RUES ! incorrect, c'est tout ce qu'on vou- disque d'histoires drôles. Mais le dégoisage pur Tiens, ramasse ma main, elle est tombée par terre. ILS Des S'EXCUSENT ! gens de coeur dra, est Tiens, un ramasse genre bien ma jambe, fini. Le elle gros est dégoiseur tombée par rejoint terre. Ils NON disent PLUS : « Je ! m'excuse » et ils ont MAIS C'EST BIEN SYMPATHIQUE ! la Tiens, fine diseuse ramasse au mes musée seins, du ils Café-concert. sont tombés par terre. C'est tort. Ils pourquoi devraient lorsque dire : deux gars se II4 Il faut s'adapter sans geindre. Chantons ! Et mets tout ça dans une valise. « bousculent EXCUSEZ-MOI ! et s'excusent » poliment LES AMANTS (pas de refrain) DISPERSÉS CHAPEAU ! Ça se produit mille fois par jour. — 3° (chanson) couplet — C'est Ils auraient lamentable. pu passer sans bron - Tu essuieras l'sang — qui 1" a couplet coulé — par terre. ON NE SAIT PLUS PARLER ! Tiens, Dans la ramasse cheminée mon tu gant, brûl'ras il est mes tombé affaires. par terre. Je dis « on », c'est une manière de Tiens, C'est un gars, tout ce qu'il touche, il le transforme en or. Il porte des gants, 4 Tu jetteras ramasse dans ma la chambre robe, elle un est regard tombée circulaire. par terre. dire. Il en reste qui savent. Tiens, W sinon, les poignées de porte, tout y passe. Un jour, dans un bar chic décoré Et nous ramasse partirons mes tous bas, les ils deux. sont tombés par terre. SERRONS-NOUS LES COUDES ! Et va porter ça sur café d'avant guerre (le détail a son importance à cause du comptoir en — une refrain chaise. parlé — Des gens qui savent s'exprimer, des QLL zinc) le gars dit au patron « Je vous fais votre comptoir en or ». Le patron dit Moi, je suis dans la (pas valise. de refrain) gens qui lisent de bonnes choses, « Allez-y ! ». Le gars dit : « Avant d'ôter mes gants, mettons-nous bien d'ac- — IV° 2* couplet — ÇA NE COURT PAS LES RUES ! Tiens. cord. C'est moitié moitié ». Moi, j'étais juste à côté du gars, mon coude Tu m'laiss'ras ramasse à ma la main, consigne elle est des tombée chemins par de terre. fer. Des gens de coeur touchait le sien et je m'en voulais de m'être coupé les ongles le matin même Tu Tiens, courras ramasse au café ma jambe, boire un elle verre. est tombée par terre. NON PLUS ! Tiens, et rien sur moi pour gratter. D'habitude, j'ai tout ce qu'il faut, je suis plombier. Tu combin'ras ramasse des mes itinéraires. seins, ils sont tombés par terre. C'est pourquoi lorsque deux gars se Et Là, rien ! Enfin, je n'ai pas trop de regrets, car j'ai tout lieu de croire qu'ils ne Moi, mets je commencerai tout ça dans une à goutter. valise. bousculent et s'excusent poliment (pas se sont pas mis d'accord. Quand j'y suis retourné, le lendemain, le comptoir de refrain) CHAPEAU ! était toujours en zinc. Il est vrai qu'avec une moitié de comptoir en or, — couplet du — préposé 3* couplet à la — consigne — Ils auraient pu passer sans bron Tu n'importe qui peut se procurer un comptoir entier en zinc, même à toute Tiens, essuieras on dirait l'sang qu'y qui a du a coulé sang par qui terre. coule par terre ! Dans vitesse et bien que ça ne se fabrique plus couramment. Nom d'un la cheminée chien, c'est tu brûl'ras cette mes valise affaires. qui goutte par C'est Moi, depuis un gars, ce tout temps-là, ce qu'il mes touche, outils il ne le transforme quittent en plus. or. Et Il porte je ne des quitte gants, Tu jetteras dans la chambre un regard circulaire. pra-'tiquement les poignées plus le bar. de Dès porte, l'ouverture, tout y passe. je fonce Un jour, sur mon dans filon un bar et au chic matin décoré Et I terre ! ! LLI sinon, on Vite, nous au partirons chef de gare tous les courons deux. dire ventre à terre, m'y retrouve cramponné. Qu'y a une valise qu'a son mystère. 9, en café d'avant guerre (le détail a son importance à cause du comptoir en — refrain parlé — 1114'zinc) Au début, le gars les dit outils, au patron c'était « Je mal vous vu, mais fais votre je me comptoir suis arrangé en or ». avec Le patron le patron. dit Moi, je suis Je/— couplet dans la chanté valise. devant la guillotine LL e « viens Allez-y ! en bleus, ». Le gars en casquette, dit : « Avant je traîne d'ôter la mes patte gants, et l'accent, mettons-nous je bouffe bien des d'ac- veufs on par le spectre — IV* couplet de la femme — — cord. durs et C'est toutes moitié les demi-heures moitié ». Moi, je commande j'étais juste un blanc à côté gommé. du gars, mon coude Tu Tiens, m'laiss'ras ramasse à ta la tête, consigne elle est des tombée chemins par de terre. fer. ia touchait A faire le du sien folklore et je la m'en nuit, voulais les journées de m'être sont coupé longues. les ongles Le plus le terrible, matin même Tu c'est Viens, courras je vais au te café faire boire visiter un verre. le cim'tière. et lorsque rien sur j'ai moi à travailler pour gratter. sur des D'habitude, lavabos de j'ai chambre tout ce qu'il d'hôtel. faut, Certains je suis plombier. Tu jouxtent Et cette combin'ras nuit sous des six itinéraires. pieds de terre X Là, pratiquement rien ! Enfin, le je n'ai lit. Mais pas trop je lutte de regrets, et je crois car j'ai que tout ça lieu en vaut de croire la peine. qu'ils ne Moi, On ne. Nous je mêlerons commencerai nos membres à goutter. épars. se trouve sont pas pas deux mis comptoirs d'accord. en Quand or dans j'y suis sa vie. retourné, le lendemain, le comptoir — couplet (pas de du refrain) supplicié — W était toujours en zinc. Il est vrai qu'avec une moitié de comptoir en or, Fous-moi — couplet la paix, du ça préposé va pas recommencer ! à la consigne — Ci n'importe qui peut se procurer un comptoir entier en zinc, même à toute Tiens, on dirait qu'y a du sang qui coule par terre ! vitesse et bien que ça ne se fabrique plus couramment. Nom d'un chien, c'est cette valise qui goutte par Moi, depuis ce temps-là, mes outils ne me quittent plus. Et je ne quitte pratiquement plus le bar. Dès l'ouverture, je fonce sur mon filon et au matin on I terre ! Vite, au chef de gare courons dire ventre à terre m'y retrouve cramponné. Qu'y a une valise qu'a son mystère. Au début, les outils, c'était mal vu, mais je me suis arrangé avec le patron. Je — couplet chanté devant la guillotine viens en bleus, en casquette, je traîne la patte et l'accent, je bouffe des oeufs par le spectre de la femme — durs et toutes les demi-heures je commande un blanc gommé. Tiens, ramasse ta tête, elle est tombée par terre. A faire du folklore la nuit, les journées sont longues. Le plus terrible, c'est Viens, je vais te faire visiter le cim'tière. lorsque j'ai à travailler sur des lavabos de chambre d'hôtel. Certains jouxtent Et cette nuit sous six pieds de terre pratiquement le lit. Mais je lutte et je crois que ça en vaut la peine. On ne Nous mêlerons nos membres épars. trouve pas deux comptoirs en or dans sa vie. — couplet du supplicié — Fous-moi la paix, ça va pas recommencer ! 23 23



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