Gotha Magazine n°6 jun/jui 2011
Gotha Magazine n°6 jun/jui 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°6 de jun/jui 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 24,7 Mo

  • Dans ce numéro : Kate Middleton, à peine mariée et maintenant un enfant.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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30 INTERVIEW DOSSIER JEAN-LUC LAHAYE succès qu’elles ont eu, font qu’elles sont un peu tombées dans le domaine public, notamment « Papa Chanteur ». Je me dois de la « ré-offrir » au public en permanence. Au fond, je ne suis pas dupe, ce n’est pas pour ma nouvelle chanson que le public vient me voir, il ne la connaît pas d’ailleurs ! (rires) Les gens viennent donc un peu retrouver leur jeunesse à vos concerts ? Ils viennent pour les succès passés parce ça les ramène à leur vingt ans, à leurs souvenirs. Ils se sont peut-être mariés sur cette chanson. Ils ont besoin de revivre ces moments-là, d’avoir des frissons. Le public a toujours une démarche un peu égoïste : il vient retrouver ses propres émotions ! Mais « Femme que j’aime » et « Papa chanteur » sont des chansons intemporelles. D’ailleurs, la seconde est apprise dans les écoles ! Nous sommes en plein « revival années 80 ». Vous remarquez une sorte de rajeunissement de votre public ? Grave ! Depuis deux ans, il y a ce phénomène. Dans les années 90, les gens de ma génération, les parents, venaient avec les très jeunes mais pas les 15-25 ans. Les parents écoutaient ces chansons, donc les jeunes trouvaient que c’était forcément ringard d’écouter cela. Depuis, les GOTHA magazine « J’ai pris des chemins sinueux et fais du hors piste, mais je n’ai aucun regret ! » jeunes se sont accaparé la musique, ils ne l’ont plus subie. Là, je reviens de Marseille, et dans une salle de mille cinq cents places pleine à craquer, il y avait 70% de jeunes. C’est extraordinaire ! Vous avez ainsi participé à la tournée RFM Party 80… Je n’ai que des bons souvenirs bien que je ne sois pas un mec de meute. Je suis plutôt un solitaire. Il faut intégrer et assumer la collectivité et la collégialité d’une tournée. Si tu ne l’assumes pas, ça ne passera pas et le public le sentira. Il faut vraiment jouer le jeu et se dire qu’on est heureux d’être ensemble. Qu’avez-vous ressenti quand vous avez appris que certains chanteurs de la tournée avaient un peu peur de votre arrivée ? Les gens « imaginent » des choses… Je ne sais pas comment ils me voient, comme un pirate avec un couteau dans les dents ? Je ne sais pas pourquoi ils pensent que je suis un voyou. En même temps, cela me fait rire ! C’est vrai que j’ai une grande gueule et que j’ai un passé un peu sulfureux. Je suis sorti du rail souvent, j’ai pris des chemins sinueux et fais du hors piste, mais je n’ai aucun regret ! Racontez-nous l’Olympia en septembre dernier… Cela a été mon meilleur Olympia ! J’avais un groupe homogène avec moi. J’ai choisi volontairement dans mon répertoire les chansons les plus rock, les plus rapides. Même les chansons qui s’apparentent à des ballades sont devenues plus pop, plus musclées. J’avais des musiciens hors pair, des tueurs ! C’est la première fois depuis vingt, trente ans que j’ai les mains libres sur la mise en scène. J’avais un an pour le préparer, donc j’ai pu travailler de A à Z Jean-Luc Drion sur les lumières, sur les enchaînements et vraiment répéter avec mon groupe. C’est quelque chose d’émouvant de revenir chanter à l’Olympia ? Forcément ! On ne fait pas l’Olympia comme on va acheter une baguette. C’est un sanctuaire, un temple ! A-t-on l’impression de s’inscrire dans une histoire de la chanson française ? Quand on fait l’Olympia, d’abord on lui doit le respect. Quand on se retourne, il y a une galerie d’artistes, de Brel à Piaf, qui sont présents. Quand on est sur la scène de l’Olympia, on se dit qu’Edith Piaf ou Yves Montand étaient là. Ce n’est pas un braquage, on doit être sincère. Au contraire, on doit ouvrir son coffre et donner tout ce qu’on peut. J’ai toujours abordé l’Olympia dans cet état d’esprit. J’ai toujours eu l’idée que j’allais chanter sur cette scène comme si c’était la première et la dernière fois. Vous avez l’impression de vous bonifier avec le temps ? Vocalement oui, car physiquement nul ne repasse par sa jeunesse malheureusement. J’ai pris des graves et je n’ai pas perdu dans les aigus. Dans le souffle, je suis intact et dans la technique, je crois que j’ai progressé. Garder sa voix, cela passe par une hygiène de vie. Il ne faut ni boire trop chaud, ni boire trop froid. L’alcool est banni, la cigarette encore pire. La drogue, on oublie. Le sport est indispensable pour le souffle. Je chauffe toujours ma voix comme un chanteur d’opéra (il nous montre ses exercices). C’est une demi-heure d’exercices tous les matins. La plus grande catastrophe qui puisse m’arriver est une extinction de voix ! Là, je me sens nu, même si je n’ai pas de concert… Votre physique n’a presque pas bougé et vous gardez toujours cette image de séducteur. Une recette ? Vous trouvez ? Moi, je me trouve vieux ! Par ma nature, j’ai la chance d’avoir gardé tous mes cheveux. Et merci mon Dieu, j’ai une santé inoxydable ! J’ai mis toutes les chances de mon côté, pour ne pas trop en prendre sur la gueule. Je dors beaucoup, comme un bébé. Je dors neuf heures et il ne faut surtout pas me déranger ! (rires)
Jean-Luc Drion Avez-vous connu des périodes de doute, de remise en question, sur votre métier et la suite de votre carrière ? Si on n’a pas de doutes, il faut changer de métier ! C’est un métier qui n’en est pas un. Il n’y a pas de formation, il n’y a pas un « bac de la chanson ». On n’est pas fait pour ce métier, et d’un coup on y est propulsé et on vous dévisage dans la rue. C’est ce qu’on cherche… mais ce n’est pas normal. Ensuite, on ne laisse rien derrière soi : on ne laisse ni un immeuble, ni une découverte scientifique. Tu passes la frontière : « - Qu’est-ce que vous avez à déclarer ? – Rien ». Tout cela, c’est dans la tête, c’est du vent. C’est comme une chanson qui marche : cela nous échappe, il n’y a aucune explication rationnelle. On ne sait pas pourquoi une chanson résonne chez les gens. On est porté par un courant d’air mystérieux. C’est pour ça que quand je vois des artistes qui ont la grosse tête, je me marre ! Les pauvres, s’ils savaient à quoi ils seront confrontés dans quelques temps. Brel disait que l’important dans ce métier était de durer. Faire un tube c’est formidable, mais l’important est d’être là vingt ou trente ans plus tard. Le public a toujours le dernier mot ! A vos débuts, en 1979, vous pensiez avoir une telle carrière, une telle longévité ? Je ne me projetais pas… J’ai toujours considéré que le succès était factice, provisoire et que c’était un peu comme la vie, cela vous est prêté. Je me rappelle qu’à mon premier succès avec « Femme que j’aime », j’ai acheté une maison ! (rires) C’était toujours ça de pris ! J’ai les pieds sur terre, j’ai toujours été très lucide. La fondation que vous avez créée, « Cent familles », c’est aussi une manière de ne pas oublier d’où vous venez ? C’est ça. Mon copain Claude Nougaro était venu à l’inauguration et m’avait dit : « Jean- Luc, en créant cette association, tu voles au secours de ta propre enfance ». C’est très beau ! Claude avait le sens de la formule. Je l’ai gardée, je n’ai pas trouvé mieux ! (rires) Je rendais à la République ce qu’elle m’avait donné. Je dois tout à cette institution qu’on appelle la Dass. Elle m’a élevé, nourri, a fait de moi ce que je suis maintenant. Elle m’a construit. C’est ma mère et mon père. Je me devais de lui renvoyer l’ascenseur… Quelle est l’action concrète de votre fondation ? Nous aidons les enfants déshérités, dans la misère. Nous les hébergeons, entre six mois et parfois cinq ans s’ils en ont besoin. Il y a cent trente enfants dans quatre, bientôt cinq établissements. Je suis président de l’association et du conseil d’administration. La fondation a un savoir-faire avec un directeur à sa tête depuis vingtcinq ans et un encadrement extrêmement professionnel. Nous travaillons main dans la main avec les collectivités locales et les partenaires sociaux. Et votre prochain album en cours de préparation ? Je suis en studio en ce moment. C’est un album rock. Je renoue avec mes tous premiers débuts. Ce sera du rock mélodique, très agréable. Mon album va s’appeler « Horizon Rouge ». Il fait écho à l’incertitude des temps futurs, la sourde inquiétude de la jeunesse, à ce manque de vision. Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas, comme la planète et les problèmes humanitaires qui s’aggravent. Il y a beaucoup de chansons d’amour néanmoins : l’amour torturé, incertain, meurtri… INTERVIEW DOSSIER JEAN-LUC LAHAYE Votre passion pour la moto, c’est votre caractère rebelle ? Je pense que c’est SteveMcQueen avec sa fameuse scène de saut en moto dans « La Grande Evasion » qui m’a donné véritablement envie. Il symbolise la liberté et la rébellion. J’ai une collection de motos. C’est venu très tôt. Je vais tous les ans au Bol d’Or et aux 24h du Mans. C’est ça mon pied ! Je suis tout en cuir, avec mes copains, la tête dans la bulle. J’aime la vitesse, mais je suis d’une grande prudence. Dans le paysage de la variété française, avez-vous eu l’impression de tracer une route en solitaire ? C’est un peu mon fonctionnement de vie ! J’essaie de rester dans une constance, que cela soit avec mes amis et dans ma façon de vivre. Je n’ai jamais cédé aux tentations de l’alcool et de la drogue. Aussi, je n’ai jamais fait de déclarations intempestives ou montré mes préférences politiques. Je laisse ça à ceux qui savent le faire et je laisse dans l’isoloir mes choix. Quand je vois des artistes qui s’illustrent à l’occasion d’élections présidentielles, je trouve ça regrettable. Dans ma vie, je ne veux pas décevoir les gens qui m’ont aimé, même s’ils peuvent avoir été déçus par des choses qui se sont malencontreusement dites à mon sujet. Mais je pense que mon public m’accorde toujours 100% de confiance ! Propos recueillis par Mathieu Loctin. Jean-Luc Lahaye est actuellement en tournée dans toute la France. GOTHA magazine 31



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