Gotha Magazine n°6 jun/jui 2011
Gotha Magazine n°6 jun/jui 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°6 de jun/jui 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 24,7 Mo

  • Dans ce numéro : Kate Middleton, à peine mariée et maintenant un enfant.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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24 Soixante ans. L’année prochaine, la reine Elizabeth fêtera ses soixante ans de règne à la tête du Royaume- Uni et du Commonwealth. Soixante années durant lesquelles elle a vécu au cœur de l’Histoire et vu autour d’elle, depuis sa bulle dorée, le monde changer, les us et coutumes évoluer. Elle a assisté, de loin, à tous les événements marquants qui ont fait la deuxième moitié du XXème siècle, mais aussi ce début de XXIème. Elizabeth est un personnage historique, muée par le protocole et le sens du devoir, incarnation de toute une tradition de monarques dont elle est sans doute la dernière représentante. Entre protocole rigide et étiquette exigeante, la souveraine du Royaume-Uni apparaît parfois comme un personnage désuet et anachronique, comme échappé d’un autre temps. Elizabeth, dernière Reine d’Angleterre ? Oui, au sens le plus imagé. Elle ne sera pas la dernière souveraine, mais la dernière d’un type de monarchie à l’ancienne, à se retrancher derrière tant de rigidité, d’apparat et d’intouchabilité. Car Elizabeth est très attachée aux traditions : c’est une femme qui aime la continuité, et dont la vie entière a été régie par l’étiquette, éduquée selon des préceptes d’un autre temps. Pour beaucoup, les exigences de la couronne britannique apparaissent complètement désuètes, et la reine, très attachée au protocole, d’une rigidité qui frise l’anachronisme. Les femmes lui font la révérence et ne peuvent se présenter devant elle en pantalon. Il est strictement GOTHA magazine DOSSIER interdit de la toucher (une règle à laquelle certains grands se sont permis de déroger, du Premier Ministre Paul Keating à Michelle Obama, en passant par Georges Pompidou et Jacques Chirac), même pour lui serrer ou lui baiser la main. Les serviteurs doivent arrêter de travailler quand elle rentre dans une pièce, et baisser les yeux. Quant au Premier Ministre anglais, il doit se présenter comme « son humble serviteur », et sortir de la pièce à reculons pour ne pas lui tourner le dos. Autant de règles auxquelles elle est très attachée et qui font parfois l’objet de vives critiques, comme son attitude, restée très protocolaire, mais dont on a reproché la froideur, en 1997, lors de la mort de Diana. Le refus de mettre en berne le drapeau anglais au dessus de Buckingham Palace, par exemple, avait alors été interprété comme un manque de sensibilité de la souveraine, qui ne faisait que respecter le protocole : l’Union Jack ne doit être mis en berne que pour le décès d’un membre de la famille royale, famille dont elle ne faisait théoriquement plus partie depuis son divorce un an plus tôt. Or la Reine avait pourtant dérogé à deux de ses règles fondamentales lors des funérailles de son ex-belle fille. Elle qui ne donne jamais d’interview ou d’allocutions télévisées a prononcé un discours en direct à la télévision. Elle s’est également inclinée au passage du convoi funéraire : or le monarque de Grande-Bretagne ne doit pas s’incliner, sauf à signifier que le royaume tout entier doit s’incliner, en cas de défaite par exemple. Des exemples de fléchissements légers mais justifiés qui laissent à penser que nombre de ces règles d’un autre temps devraient disparaître avec elle. Nul doute que le Prince Charles devrait représenter un renouveau de la monarchie lorsqu’il accèdera sur le trône. Si Elizabeth II est digne et crédible en manteau d’hermine et parée des joyaux de la couronne et peut décourager quiconque de se montrer trop familier avec elle en un coup d’œil assassin, le Prince Charles est à bien des égards plus moderne que sa mère, malgré des goûts et des discours parfois très conservateurs. Ne s’est-il pas déjà arrangé pour négocier une réforme constitutionnelle afin d’épouser l’amour de sa vie, la divorcée Camilla Parker-Bowles ? Une personnalité insaisissable Qui est vraiment Elizabeth II ? Peu de personnes peuvent se permettre de répondre à cette question. On lui reproche sa froideur, sa distance et sa personnalité toujours sous contrôle. Très peu semblent la connaître réellement : elle impose une distance naturelle que peu de gens parviennent à franchir, le Prince Charles en premier. On la dit proche de ses petitsfils, William et Harry qu’elle a voulu protéger de l’acharnement médiatique et de l’irresponsabilité de leurs parents, après leur séparation mais aussi après la mort de leur mère. Elle est surtout très proche, en dépit de tout ce qu’on pourrait penser, de son époux, le Prince Philippe, un homme caractériel et charismatique, séducteur invétéré, mais surtout le seul, selon ses proches, à la traiter comme un être humain lambda et la faire rire, lui qui l’a connue lorsqu’elle n’avait que treize ans. Lui qui la traite avec respect, encourage son amour de la stabilité, et fait montre aujourd’hui d’une grande tendresse envers son épouse depuis plus de soixante-trois ans. La reine a un caractère pragmatique ; si elle parle plusieurs langues, dont l’anglais et le français (qu’elle maîtrise parfaitement), elle n’a pas suivi de prestigieuses études comme ses enfants et petits enfants, plutôt riche d’une éducation pragmatique et traditionnelle propre aux jeunes filles du début du XXème siècle, préférant ainsi les conversations concernant la campagne, les chevaux et les chiens que les grands débats faits de grandes théories intellectuelles. Mais malgré un certain attachement aux valeurs du protocole et de la monarchie,
Elizabeth n’en demeure pas moins une personne aux extraordinaires capacités d’adaptation : très pragmatique, elle sait s’adapter aux mouvements du monde et sentir les évolutions de la société. N’a-t-elle pas été le témoin de changements majeurs au cours des dernières décennies ? La reine a vécu l’Histoire, et vu son règne évoluer avec elle. Nazisme, fascisme, Seconde Guerre mondiale, communisme, guerre froide, mondialisation, entrée dans l’Europe, celle qui a fêté en 2002 le jubilé d’or de son règne a côtoyé les plus grands. A travaillé avec douze premiers ministres, de Winston Churchill à David Cameron, rencontré Eisenhower, Kennedy, Nehru, Pompidou et De Gaulle. Elle a été le témoin de grands bouleversements : l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne, 1973, elle pour qui le Commonwealth reste une priorité, la décentralisation du pouvoir et la perte de prérogatives, avec la création du Parlement écossais et de la chambre galloise, la légalisation du mariage gay, autant de couleuvres difficiles à avaler pour une souveraine conservatrice, attachée aux valeurs morales et à l’unité du royaume. Mais des avancées nécessaires au sujet desquelles elle n’a pas exprimé son point de vue, respectant, comme toujours, la neutralité politique que lui impose son statut. Mais le plus gros des bouleversements connus par la Reine ces dernières années a sans nul doute été son entrée dans l’ère de la médiatisation. Elle qui en vantait les mérites dans son discours d’allégeance, exprimant sa gratitude face à la science de pouvoir s’adresser pour la première fois par le biais de la radio à toute la population du Commonwealth a depuis connu les affres du revers de la médaille. Avec les années 1980 et les tribulations scandaloamoureuses du couple Charles-Diana, la vie privée des Windsor s’est retrouvée étalée en une des magazines, telle un vulgaire feuilleton de fiction. Celle pour qui la vie privée devait la rester envers et contre tout a vu les histoires les plus sordides de l’intimité de sa famille faire la une des journaux et les choux gras de la presse tabloïd, alors même que ses trois aînés rompaient tous avec des siècles de tradition en divorçant de leurs conjoints respectifs. Les travers d’une société qui ont atteint leur paroxysme en 1992, lors de son « annus horribilis », selon l’expression d’un de ses proches, reprise lors de son célèbre discours du 24 novembre 1992, puis en 1997, lorsque la presse et l’opinion de certains Républicains de sont déchaînés au sujet de l’attitude de la famille royale, la reine en tête, vis-à-vis de la mort de l’ex Princesse de Galles, frôlant la crise de confiance. Une vie au service de la nation La Reine s’est mise au service de la nation en accédant au trône, et ne déroge depuis pas à son rôle, fidèle à sa promesse, prononcée au cours de son discours d’allégeance au royaume, le 21 avril 1947 : « Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu’elle doive être longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie ». Une devise, « Je sers », qu’elle s’applique depuis à rendre vraie. Elle est aujourd’hui le seul chef d’État au monde à avoir porté l’uniforme et être restée aux côtés de son peuple pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant que conductrice d’ambulances et de camions militaires. Une vie riche de dévouement à la nation qui explique encore aujourd’hui l’attachement des Anglais à leur monarque. Il existe certes un mouvement républicain qui compte 20% des citoyens, mais ce chiffre ne progresse plus depuis vingt ans, et le DOSSIER mariage de William et Kate en avril devrait donner un nouvel élan monarchiste au cœur des Britanniques. Aujourd’hui, plus de 60% des Britanniques soutiennent Elizabeth et sont favorables à son maintien à la tête du pays malgré son grand âge. Digne, elle incarne le respect des traditions et le sentiment d’unité nationale, des valeurs auxquelles les Britanniques restent très attachés. Elle remporte l’adhésion de ses sujets. Si on lui reproche parfois d’inaugurer les chrysanthèmes et de ne pas être proche des Anglais, elle garde une réelle importance politique au Royaume- Uni, ne serait-ce qu’en tant que symbole de l’unité nationale dans un pays où le régionalisme peut parfois s’avouer vindicatif. GOTHA magazine 25



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