Glam Night n°119 septembre 2018
Glam Night n°119 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°119 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : SARL MIEL

  • Format : (105 x 148) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 20,7 Mo

  • Dans ce numéro : tout pour une rentrée au top !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 INTERVIEW C’EST DONC VOTRE FILM LE PLUS INTIME ? Oui. C’est le premier film que j’écris seul. Logiquement, j’y ai mis quelque chose de très intime. Davantage que dans Hippocrate, je pense. Ce concours a été une étape importante de ma vie. Paradoxalement, malgré sa violence, il m’a permis de m’affirmer. C’était la première fois que je me battais pour quelque chose. Je voulais prouver que je pouvais y arriver. Sans cette épreuve, je n’aurais jamais eu la force bien plus tard d’oser faire du cinéma. Quand on réussit « médecine », ça donne une énorme confiance en soi. En même temps, comme Benjamin dans le film, je ne savais pas vraiment pourquoi j’étais là. J’ai fait mes études de médecine avec toujours un « pas de côté ». J’avais l’impression de ne pas être à ma place et d’être comme un « observateur ». En fait, je ne le savais pas, mais j’étais déjà en train de faire dans ma tête les films que je ferais plus tard. C’est en tournant Première année dans cette fac que je me suis rendu compte de tout ça. Par contre, ce n’est vraiment pas un film autobiographique. Malheureusement pour moi, je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme Antoine en 1ère année. J’étais très seul cette année-là, très à l’écart. Peut-être que par le cinéma, je conjure quelque chose. Je réécris une autre version de ma vie. Benjamin serait une meilleure version de moi-même. Celle qui a tout de suite le courage de faire ce qu’il veut vraiment. COMMENT FILME-T-ON DES PERSONNAGES QUI NE FONT QU’ÉCOUTER UN COURS, LIRE ET RÉCITER DES LIVRES ? C’était un peu le défi. Je l’ai pris comme un film de sport. Première année, c’est mon Rocky ! On dit souvent qu’un concours, c’est un marathon. Mais en fait, c’est un sprint ! En moins de 6 mois, vous devez tout connaître et être prêt pour franchir le premier la ligne d’arrivée. Il y a quelque chose de très physique là-dedans. Pour moi, chaque examen est un combat. J’ai essayé de retrouver le rythme et l’empathie profonde que j’aime dans les films de boxe. On est constamment avec les personnages. Le rythme du film épouse leur rythme de vie. Mon but, c’était de faire un film viscéral sur les études. Je voulais que la mise en scène raconte ce que c’est que d’avoir un but et de tout donner jusqu’à l’extrême pour l’atteindre. Il y a quelque chose de très romanesque làdedans, donc de très cinématographique pour moi. Au montage, on a cherché le plus possible à impliquer le spectateur dans les actions très quotidiennes des personnages. Ça passe beaucoup par le rythme, l’enchaînement rapide du temps. L’année défile sous nos yeux comme une course avec au milieu la pause des vacances. Il y a beaucoup d’ellipses pour montrer à quel point tout ça est à la fois très violent et très fugace. L’idée était que le spectateur soit au plus près de la tension des personnages, quand l’examen final arrive. Il nous fallait trouver au montage la bonne dynamique. CETTE DYNAMIQUE VIENT AUSSI DU TANDEM WILLIAM LEBGHIL/VINCENT LACOSTE… Il y a un lien très fort entre Vincent et William, une complicité naturelle liée à leur amitié qui m’a beaucoup aidée. William a un jeu très à l’écoute. Ce qui m’intéresse, c’est que comme Vincent, il a un naturel qui frôle toujours la comédie. On peut jouer sur les nuances avec lui. Le duo Benjamin/Antoine change constamment. On passe de
l’apprivoisement à l’admiration, de la complicité à la rancoeur, la jalousie, le manque… J’avais besoin de comédiens avec qui je pouvais nuancer les situations. J’étais vraiment heureux de retrouver Vincent après Hippocrate et surtout de lui proposer un rôle très différent. Je savais que Vincent avait cette gravité, cette intensité qui fait la force du personnage d’Antoine. Leur duo était une évidence pour moi. VOUS AVEZ FAIT APPEL À LOW POUR LA MUSIQUE… C’est ma troisième collaboration avec LoW. On a voulu imaginer une musique qui exprime l’énergie, la générosité mais aussi la fragilité de la jeunesse sans nécessairement en emprunter les codes du moment. Une musique aux teintes mélangées d’électro, de pop instrumentale, de piano classique et de guitare acoustique  : juvénile sans être à tout prix une musique de jeune. Avant le tournage j’avais évoqué avec lui le croisement improbable entre La Boum et Rocky ! EST-CE LA FIN D’UNE TRILOGIE ? Quelque part, oui. Mais une trilogie dans le désordre. Trois personnages masculins à un croisement de leur vie, trois visions de la médecine, trois regards sur la société française. J’ai l’impression que Première année clôt quelque chose. Paradoxalement, c’est aussi un retour aux sources. Le début et la fin en même temps. Mais ce n’est pas du tout un « prequel », comme on en fait souvent maintenant. Évidemment, en retravaillant avec Vincent Lacoste, quatre ans après Hippocrate, on brouille un peu les pistes. Ce n’était pas intentionnel. Mais j’aime les sagas en littérature et ça me plait que le public puisse faire des liens entre les films. 27



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