Glam Night n°119 septembre 2018
Glam Night n°119 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°119 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : SARL MIEL

  • Format : (105 x 148) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 20,7 Mo

  • Dans ce numéro : tout pour une rentrée au top !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 INTERVIEW Premiere annEe ENTRETIEN AVEC THOMAS LILTI Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu'à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain. APRÈS HIPPOCRATE (2014) ET MÉDECIN DE CAMPAGNE (2016), VOUS RACONTEZ À NOUVEAU DANS PREMIÈRE ANNÉE UNE HISTOIRE EN LIEN AVEC L’UNIVERS DE LA MÉDECINE. COMMENT CE NOUVEAU FILM EST-IL NÉ ? La naissance d’un film, c’est toujours un cheminement très particulier. J’avais en moi, depuis longtemps, l’envie de faire un film sur l’université, sur l’énergie des étudiants au travail. J’avais dans la tête une vision très cinématographique de ce que pourrait donner un film là-dessus. Ça devait s’appeler « Panthéon-Sorbonne ». On était loin de la médecine. Mais l’idée de Première année a pris vraiment forme lors de la tournée des avant-premières de Médecin de campagne. Forcément, durant les débats avec le public, on n’arrêtait pas de me demander mon avis sur les raisons du manque de médecins dans les campagnes. Donc au fil de la tournée, j’en viens à la conclusion suivante  : peut-être que le problème, ce ne sont pas les jeunes médecins, mais le système qui les forme. Là, tout d’un coup, j’ai l’impression que quelque chose se débloque. Parce que les études de médecine, je connais. Je sais ce qui marche, ce qui ne marche pas. Et j’ai l’intuition que ce que j’ai vécu, moi, en tant qu’étudiant, peut être le symptôme d’un problème plus vaste.
LE CONCOURS DE MÉDECINE EST DONC PLUTÔT UN PRÉTEXTE POUR PARLER DU SYSTÈME ÉDUCATIF ? Contrairement à mes deux précédents films, Première année n’est pas directement un film sur l’exercice de la médecine. Ce qui m’intéresse ici, c’est la jeunesse et la façon dont le système ne fait rien pour les aider et les mettre en valeur. Je voulais raconter la violence et l’épreuve que sont ces grands concours qui déterminent toute une vie. Cette première année de médecine, complètement folle où on ne vit plus que pour quelques heures dans un centre d’examen, je l’ai vécue. La médecine n’est pas, ici, un prétexte mais plutôt un « contexte », une porte d’entrée qui doit permettre aux spectateurs de comprendre très vite le but des personnages. Un moyen de parler de cette « hyper compétition » dans laquelle notre époque nous oblige à vivre. On sort à peine du lycée et déjà le système des études supérieures nous met en compétition, nous classe, nous oppose. LE FILM FONCTIONNE COMME UNE LONGUE PÉRIODE DE RÉVISIONS. COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUPÉ LES SÉQUENCES ? VOUS ÊTES-VOUS BASÉ SUR VOS SOUVENIRS PERSONNELS ? Au départ, oui, il y a mon vécu. Mais on ne pouvait pas se permettre de raconter cette histoire du haut de mes souvenirs d’il y a plus de vingt ans. Je suis donc retourné sur les bancs de la fac – celle d’ailleurs où j’ai passé le concours. Et je me suis rendu compte à quel point les études de médecine étaient au bord de l’implosion. Je n’avais pas un souvenir vraiment très chouette de cette année que j’avais vécue, mais ce que j’ai découvert était vraiment pire. Comme pour beaucoup d’autres filières, en plus de la difficulté du concours et de la pression, les étudiants doivent aujourd’hui se battre pour rentrer dans les amphis. Il y a beaucoup trop d’étudiants, pas assez de salles, pas assez de profs. C’est une vraie « boucherie pédagogique ». C’est devenu encore plus dur qu’à mon époque. J’ai donc mis mes souvenirs dans un coin et je suis allé à la rencontre de ceux qui venaient de passer le concours, de ceux qui venaient d’échouer et de ceux qui espéraient encore. C’est un travail de reportage, quasiment journalistique, pour bien comprendre l’état du milieu que je voulais raconter. Tous ces gens rencontrés sont dans le film. C’est important qu’ils soient à l’écran. Le film est vraiment un mélange de mon vécu et de ces rencontres. 25



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