GenMag n°311 mars 2020
GenMag n°311 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°311 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ville de Gennevilliers

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : partir en vacances pour mieux revenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Denrées rares Les trois Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) de Gennevilliers font le bonheur de leurs adhérents consomm’acteurs, et des producteurs qui vivent de leur travail en produisant des denrées saines, en circuit court. Avant d’être économique, le contrat passé est d’abord vertueux et exemplaire. U n mercredi soir de février, à moins de trente kilomètres de Gennevilliers, le Renault Master déclare forfait, radiateur cassé. À l’intérieur du fourgon, des caisses et des caisses de légumes mais aussi des pommes. Ludovic Sanglier, le maraîcher-livreur, ne peut que constater les dégâts et se rendre à l’évidence  : impossible de fournir ses Amap, aux Agnettes et au Village. La nouvelle parvient vite aux oreilles de la centaine de destinataires. Pas de réaction hostile pour autant, plutôt de la compréhension face à cet aléa mécanique. Voilà qui reflète bien l’état d’esprit des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP). Une AMAP réunit un groupe de consommateurs et un agriculteur autour d’un contrat mutuellement avantageux et basé sur la confiance. Chaque adhérent achète en début de saison une part de la production qui lui sera livrée périodiquement, à un coût constant. Le producteur dispose ainsi d’une avance de trésorerie. De quoi investir dans son outil de production, contourner la grande distribution et desserrer l’étau des banques. En retour, il s’engage à fournir des produits de saison de qualité, bio et en circuit court. Les AMAP ont pour objectif de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable. 34 k MARS 2020 C’est bon, c’est bio et c’est livré directement par le producteur, Ludovic Sanglier (à gauche).
Tous des Consomm’acteurs Née en 2006, l’association Consomm’acteurs promeut une agriculture durable de proximité, socialement équitable et écologiquement saine. Elle gère les trois AMAP de Gennevilliers et conduit diverses actions autour de la promotion du commerce équitable dont elle soutient ses acteurs (coopérative Andines, Artisans du monde). Elle fait également de l’éducation populaire en organisant des débats, des conférences, des rencontres, sur la consommation responsable. Elle a fondé La Gennevilloise, une boutique associative de produits bio, locaux et équitables, 39 rue Victor-Hugo. Contact  : lagennevilloise.fr et www.amap-consommacteurs-gennevilliers.org TOUS LES AMAPIENS, TOUTES LES AMAPIENNES… En 2006, Ludovic Sanglier a repris la ferme familiale en Pays de Bray, dans l’Oise. En privilégiant ce modèle alternatif, cet ancien du secteur de l’agroindustrie a tourné sans remord la page du productivisme et de la chimie. Il a donné du sens à son activité et goûte à la fierté d’alimenter les urbains en légumes cultivés en agriculture biologique sur une trentaine d’hectares. « La première AMAP de Gennevilliers m’a fait confiance dès 2007. De fil en aiguille, j’ai gagné de nouveaux partenariats qui m’ont permis de commencer à vivre de mon activité puis de la pérenniser », raconte-t-il. Il a considérablement investi dans le développement de son exploitation, emploie aujourd’hui trois salariés, deux saisonniers et un apprenti. « Sans le système des AMAP, la plupart des maraîchers comme moi seraient morts », répète-t-il reconnaissant. « J’aime l’idée de participer à ce grand mouvement associatif citoyen qui place l’humain et aussi la morale au centre. » Aujourd’hui, notre Picard livre chaque semaine douze groupes en région parisienne, ce qui représente près de 600 paniers hebdomadaires, dont 129 pour deux des trois AMAP de Gennevilliers. Sa quête n’est cependant pas la démesure  : « Mon objectif n’est pas de faire du fric mais de consolider la viabilité de ce modèle, assurer une continuité dans les distributions en m’équipant correctement, faire plaisir à mes Amapiens et me faire plaisir. » Il s’attache ainsi à diversifier sa production et s’est lancé dans l’arboriculture. « Je sais d’où viennent les légumes et comment ils sont cultivés. L’agriculteur est correctement rémunéré et tout le monde est gagnant », se réjouit Marix, aux Agnettes. « Les AMAP proposent plus qu’une façon différente de consommer, c’est une autre vision de la société », renchérit Hélène, au Village. Dernière-née, l’AMAP des Grésillons est livrée par le collectif Percherons, un groupement de producteurs. « La demande de consommer autrement continue d’augmenter à Gennevilliers mais nous ne représentons qu’une goutte d’eau dans la population et les grandes surfaces ont encore de beaux jours », constate Cyrille, un de ses adhérents. Il n’empêche, une quatrième AMAP pourrait bien naître en 2020. Avis à tous les consomm’acteurs. FRÉDÉRIC LOMBARD MARS 2020 k 35



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