GenMag n°309 janvier 2020
GenMag n°309 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°309 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ville de Gennevilliers

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : il était une fois... nos bénévoles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 k JANVIER 2020 M me Roux fut présidente de la Chambre syndicale des nettoyeurs à sec. La teinturerie Roux, 25-27 rue Georges-Marceau, emploie 250 personnes environ. Pour le nettoyage à sec et la teinture, l’entreprise emploie des produits inflammables. Un violent incendie s’y déclara d’ailleurs.
Les mystères de M me veuve Roux Curieux du lieu où il a emménagé, un professeur de lettres a mis au jour des documents dévoilant l’origine de la cité du Puits-Guyon et quelques pans de l’histoire de celle qui la fit construire. Il y a plus de trois ans, Philippe Dautricourt, professeur de lettres dans un lycée parisien, n’avait guère entendu parler de Gennevilliers. Sa recherche de logement l’amène alors au 10 de la rue du Puits-Guyon où il est séduit par une petite maison basse appartenant à un ensemble résidentiel de 14 maisons mitoyennes dont les façades ouvrent sur une rangée de jardins. Il ne tarde pas à l’acheter et trouve cette construction originale. Mais ses origines restent floues. Piqué par la curiosité, il se rend aux archives municipales, situées à deux pas de chez lui. On lui déniche un dossier de permis de construire au nom de M me Vve Roux, comprenant un plan de 1925 de la « cité ouvrière Le Puits- Guyon ». Suffisant pour que Philippe Dautricourt se lance dans des recherches sur la cité ouvrière et M me Roux… Des pistes généalogiques lui dévoilent une partie de l’existence de cette « Veuve Roux », Marie-Henriette Roux née Errien (1861-1951), veuve d’Alfred-Ernest Roux, mort en 1907. Des années vingt aux années quarante, il s’avère que M me Roux était à la fois cheffe d’entreprise et une bienfaitrice à Gennevilliers. Tout commence par la construction en 1922 d’une crèche de 30 berceaux dite « crèche de Gennevilliers » ou « crèche des Grésillons » car elle est installée rue Héloïse- Isabelle-Michaud. Son ouverture apparaît tellement importante (c’est la première à Gennevilliers !) que son inauguration est relatée dans un article de « Le Petit journal » du 23 juillet 1922 qui mentionne la présence du ministre de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, du préfet de la Seine, de deux sénateurs et de deux députés ! L’article signale aussi la « générosité de deux bienfaitrices », M mes Roux et de Nanteuil, c’est-à-dire Julie de Nanteuil de la Norville. « La plupart des œuvres auxquelles participe M me Roux sont soutenues de ses propres deniers. » UNE VIE BIEN REMPLIE Les deux femmes sont liées, peut-être depuis la Grande Guerre où elles ont été infirmières, d’autant que M me de Nanteuil a fondé le dispensaire Saint-Jean des Grésillons où Marie-Henriette Roux siège au conseil d’administration. Le quartier des Grésillons est le plus peuplé de Gennevilliers au début du XX e siècle. C’est d’ailleurs entre la rue des Prairies (devenue rue Hippolite-Marsaud puis rue Louis-Castel) et la rue des Écoles prolongées (rue du 19-mars-1962) que M me Roux succède aux établissements Wetzels pour fonder une usine de dégraissage de tissus. On sait qu’en 1925, elle obtient une autorisation de s’agrandir. Cette même année, l’entrepreneuse décide la construction d’une cité ouvrière rue du Puits-Guyon pour ses ouvriers qui y emménagent en 1927. Cette même cité qui subsiste encore, inspirant la démarche de Philippe Dautricourt… Au fil des recherches, l’historien amateur a retrouvé plusieurs mentions de Marie- Henriette Roux. Tout d’abord, le prix de vertu Rigot, décerné par l’Académie Française fin 1925, est remis « au Dispensaire Saint-Jean des Grésillons et à la Crèche de Gennevilliers, deux fondations qui, elles aussi, mènent le bon combat dans une région longtemps démunie de secours. » Ensuite, en février 1932, M me veuve Roux est promue chevalier de la Légion d’honneur comme « présidente de la crèche des Grésillons, membre du comité de l’hygiène sociale d’Asnières-Gennevilliers… » entre autres distinctions. Le document officiel d’attribution précise  : « La plupart des œuvres auxquelles participe M me Roux sont soutenues de ses propres deniers. Elle a en particulier créé seule la crèche des Grésillons dont elle a assumé entièrement les frais de construction (…) Elle a construit, sur ses seules ressources, une cité ouvrière pour ses ouvriers. » Enfin, elle figure en bonne place dans l’article de Suzanne Normand « Les femmes pionniers » (« Marianne », 1/04/36) qui décrit son usine de Gennevilliers comme « la plus importante d’Europe (elle mesure une superficie de 30 000 mètres carrés)… » Il reste bien des choses à découvrir sur cette charitable M me Roux. Sur l’origine de sa fortune notamment, sachant que ni elle ni son mari ne sont nés fortunés, ou encore sur les liens entre le couple Roux et le couple Marguerite et Camille Dellieux (mort en 1965), ce dernier peut-être « frère d’armes » de Marcel Roux, leur fils mort au front en juillet 1918, et de toute façon légataire universel de M me Roux. En effet, les deux couples reposent ensemble dans une tombe du Père Lachaise où butent actuellement les recherches de Philippe Dautricourt. Désormais membre du CCPG et de la Société d’histoire, celui-ci compte bien poursuivre sa quête pour honorer la bienfaitrice de Gennevilliers à l’origine de la cité du Puits-Guyon. JEAN-MICHEL MASQUÉ Tous nos remerciements à Philippe Dautricourt et au service des archives municipales. 1922 Marie-Henriette Roux crée la première crèche de Gennevilliers, aux Grésillons. JANVIER 2020 k 43



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