GenMag n°308 décembre 2019
GenMag n°308 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°308 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ville de Gennevilliers

  • Format : (188 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : deux centres culturels et sociaux accueillent les familles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Un nom… une adresse Les rues, même nouvelles, ont une histoire  : celle des personnes qui se trouvent à l’origine de leur dénomination. Une belle tradition qui, ici, rend hommage à des personnalités de tous horizons, y compris gennevillois ! L e général de Gaulle, Louis Pasteur et Victor Hugo… Qu’ont ces trois hommes en commun ? Ils constituent le trio de tête des personnalités dont le nom est le plus utilisé en France pour désigner les voies de communication, devenant ainsi des odonymes. Cette pratique qui permet de glorifier de grands personnages est courante depuis le 17 e siècle et perdure aujourd’hui encore. Mais, avec seulement 5% de noms de rue féminins, une diversification et une féminisation de ces odonymes semblent nécessaires ! Afin de rattraper un peu du retard national en la matière, les sept artères du centre-ville en cours de construction à Gennevilliers porteront exclusivement des noms de femme, des femmes remarquables dont les actions ont laissé leur empreinte sur la société  : Gisèle Halimi, avocate et femme politique franco-tunisienne ; Fatima Mernissi, sociologue et militante marocaine ; Miriam Makeba, chanteuse sudafricaine ; Dolores Ibarruri, figure du communisme espagnol ; Maria Casarès, comédienne ; Joséphine Baker, danseuse et résistante ; et 34 k DÉCEMBRE 2019 Simone Veil, magistrate et femme d’État. Sept noms à graver dans la pierre et dans les mémoires pour inspirer les femmes et les hommes d’aujourd’hui. RÉPONDRE À L’APPEL Ce sont également des noms de femme qui avaient été apposés sur quatre écoles Gennevilloises  : Pauline Kergomard, institutrice pionnière de l’école maternelle telle que nous la connaissons aujourd’hui ; Berthe Morisot, peintre impressionniste ; Lucie Aubrac, résistante ; et Louise Michel, institutrice, écrivaine et révolutionnaire. Devant l’école maternelle à laquelle cette dernière prête son nom, une place vient, cette fois-ci, rendre hommage à deux hommes  : Bernard Amiot (1930-2015) et Bernard Legrand (1938-2011), tous deux prêtres ouvriers. Le premier rejoint Gennevilliers après avoir été nommé à l’église Saint-Jeandes-Grésillons. Fidèle à la Mission de France, il se fait embaucher dans les usines Citroën de Clichy, où il partage le travail éreintant des ouvriers issus Bernard Legrand et Bernard Amiot prêtent leur nom à la place située face à l’école Louise-Michel. de multiples nationalités. Syndiqué à la CGT, délégué du personnel, il reste à leurs côtés et mène le combat contre les puissances d’argent. Lorsqu’il s’installe dans un appartement au 115 avenue des Grésillons, c’est avec d’autres prêtres ouvriers, dont Bernard Legrand. Celui-ci œuvre à créer du lien social dans le quartier, tout en étant fraiseur à Asnières dans une entreprise qui travaille pour la Snecma et l’aviation. Il se lie d’amitié avec des jeunes désœuvrés et marginalisés du 115 et crée l’Étrier, une association qui vise justement à leur remettre « le pied à l’étrier ». Sa volonté est de leur transmettre des habitudes simples, comme de venir tous les jours et à l’heure, de respecter les autres, etc., par le biais d’une entreprise spécialisée dans le second œuvre du bâtiment et dans l’aménagement d’espaces publics. Altruisme et générosité auront ainsi été au cœur des actions de ces deux prêtres ouvriers et militants. LA PAROLE LIBÉRÉE Le futur centre culturel et social des
Saâd Abssi. Agnettes (lire en pages 18-21) portera lui aussi le nom d’un homme engagé, celui de Saâd Abssi. Maria Casarès foulait les planches du T2G dans les années 90. Né en 1928, ce Gennevillois animé par des valeurs d’humanisme et de fraternité n’a de cesse de combattre les Sur des grands chevaux Le prolongement de la rue des Cabœufs portera le nom d’Henri Chapron (1886-1978). Ce carrossier et chef d’entreprise ouvrit son premier atelier en 1919, à Neuilly-sur- Seine, qui se développa jusqu’à employer environ 350 personnes. En 1930, sa production porta principalement sur les modèles Delage et Delahaye, considérés aujourd’hui comme des œuvres d’art. Puis vint la DS qui permit à Henri Chapron de contrer pour un temps l’automatisation des constructeurs automobiles. Son entreprise parvint à déjouer les crises économiques jusqu’en 1985. injustices. Originaire d’une palmeraie du Sahara algérien, il s’engage très tôt avec le FLN pour l’indépendance de l’Algérie, ce qui lui vaudra arrestations et interdiction de séjour dans ce pays. Lorsqu’il arrive en France en 1957, la lutte continue  : il milite au sein de la Fédération de France du FLN et prend la responsabilité de la coordination de l’Amicale des Algériens en Europe avant de participer aux réseaux algériens de soutien à la Résistance palestinienne. Il prend part également à la création de la Maison islamo-chrétienne qui favorise le dialogue interreligieux. Car, comme cet intellectuel autodidacte, qui est aujourd’hui encore l’un des piliers de l’association, nous le confiait en 2015, à l’occasion de la sortie de sa biographie par Jean-Michel Cadiot, « l’ignorance sépare et attise les préjugés, la connaissance réunit et ouvre l’esprit. En comprenant les autres on apprend à mieux se connaître soi-même. » (GenMag n°257, avril 2015, p.9). Voilà de solides principes que le nom de Saâd Abssi viendra insuffler aux futurs usagers du centre culturel et social. NORA KAJJIOU DÉCEMBRE 2019 k 35



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