GenMag n°272 septembre 2016
GenMag n°272 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ville de Gennevilliers

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : l'école... et après ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Le bon air marin de Granville, dès 1935… … puis celui de la campagne, à Cormont, à partir de 1936. 42 k SEPTEMBRE 2016
Bons baisers du château du Bonheur ! Si nous fêtons cette année les quatre-vingts ans des congés payés (voir le dossier de Gen Mag de juin 2016), l’attention prêtée aux vacances et loisirs des enfants par la municipalité dirigée par Jean Grandel, date de cette époque. Et même d’un peu avant… L ’anecdote est assez connue, mais elle est tellement romanesque qu’on ne se lasse pas de la raconter. Quelques jours après la réélection de Jean Grandel aux élections municipales générales de mai 1935, le maire, accompagné de son épouse, de son adjoint Waldeck L’Huillier et de Jean- Pierre Timbaud, responsable des œuvres sociales, se lance sur les routes de Normandie pour chercher une propriété où fonder une colonie de vacances municipale. La confortable Renault Vivastella de cet aréopage tombe en panne pendant le trajet ! Cela n’empêche pas la délégation municipale de trouver la propriété idoine près de Granville (Manche), « un grand bâtiment bourgeois de style normand traditionnel, appartenant alors à un certain Monsieur Bonheur », se rappelle Waldeck L’Huillier dans ses mémoires (*). Surnommé le Château, ce grand bâtiment fut rapidement rebaptisé le Château du Bonheur ! Il fut la première colonie de vacances des petits Gennevillois, alors sevrés de loisirs aussi « exotiques ». La mer au bout du chemin « Les travaux d’aménagement indispensables furent menés tambour battant, en un mois, poursuit Waldeck L’Huillier. La cuisine fut installée dans un garage proche du pavillon de garde. Après qu’on en ait abattu les cloisons intérieures, un vaste poulailler fut transformé en réfectoire. On faucha les herbes hautes, on planta des « Les mines effarouchées des habituels estivants qui voyaient arriver sur « leur » plage des gosses d’ouvriers de la banlieue parisienne… » fleurs et, dès le début juillet, le domaine pouvait accueillir un premier contingent de cinquante enfants relayé par cinquante autres début août. » Le 1 er juillet 1935, une association para-municipale est créée sous le nom de « L’œuvre des vacances populaires enfantines ». Colon à Granville à la fin des années quarante, où les lieux n’avaient guère changé depuis 1935, Nelly Dézès se souvient : « À Granville, on allait à la mer à pied. C’était un chemin qui traversait une ferme et qui se finissait en chemin sur la plage. Il n’y avait pas de voiture, il n’y avait rien. On traversait la ferme, cela ne posait pas de problème. On allait à Granville à pied, au pas de charge, mais à pied ! » (**). Georges Quiqueré, ancien élu et historien gennevillois, a fait partie des premiers colons de Granville qui « en gardent un souvenir ébloui ». « Et lorsqu’ils évoquent leurs souvenirs d’enfance, témoignait-il dans Gen Mag en novembre 1983, ils ne manquent jamais de s’étendre sur ce que furent pour eux ces premières vraies vacances, la découverte de la mer, les mines effarouchées des habituels estivants qui voyaient arriver sur « leur » plage des gosses d’ouvriers de la banlieue parisienne : la fin d’un monde ! » La campagne après la mer Mais le monde des vacances ne cesse de s’agrandir pour les petits Gennevillois puisque la Ville acquiert une seconde propriété, en juin 1936, le château de Cormont à Boismorand (Loiret). Après la mer, la campagne ! Il faut répondre aux nombreuses demandes que Granville ne peut seule satisfaire et trouver un air sain aux enfants qui « ne sont pas capables de supporter le climat marin », souligne alors le responsable du dispensaire municipal dans un rapport. Ce sont environ 400 enfants qui partent en colonie au cours de l’été de 1936, soit deux fois plus que l’année précédente. Dans ce château entouré de douves, ancienne propriété de Pierre Foucret, le directeur du Moulin Rouge, ce sont les petits Gennevillois qui sont désormais les vedettes ! Après les épisodes douloureux de la guerre où Granville abrite en 1939 les enfants des réfugiés espagnols, puis les enfants de Gennevilliers au moment de la déclaration de guerre, la municipalité se sépare de ses deux châteaux au tournant des années 2000. Mais, le souvenir de ces premières colonies de vacances reste vif dans la mémoire des Gennevillois… • Jean-Michel Masqué, avec la collaboration du service des archives municipales. (*) « Combats pour la ville », page 78, Paris, 1982. (**) « Trois châteaux, trois histoires », tome 1, page 13, Cahier de la société d’histoire de Gennevilliers, automne 2007. Juillet 35 les premiers enfants de Gennevilliers partent en colonie à Granville. SEPTEMBRE 2016 k 43



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