Gend'info n°380 octobre 2015
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36 DOSSIER L’OBSERVATION-SURVEILLANCE EnquêtEuRS  : OBjECtIf DISCRétIOn par la capitaine Gaëlle Pupin Destiné aux gendarmes de brigades et de sections de recherches, le stage « enquêteur » prévoit un module « filature » d'une semaine au sein du Centre national de formation à la police judiciaire (CNFPJ). Une semaine pour découvrir l'Observation-surveillance (O.S.), une semaine pour se familiariser avec ses techniques spécifiques. « Nous avons pour objectif de sensibiliser les enquêteurs des unités de recherches à l’observation-surveillance, explique l’adjudant (ADJ) Arnaud A., formateur au CNFPJ. Ils comprennent les difficultés inhérentes à une filature et acquièrent quelques ficelles pour pouvoir s'inscrire dans un dispositif plus large. Ce stage s'adresse à des personnels d’unités de recherches, pas à des Gos ! » Ce jour-là, un exercice de restitution est organisé pour clôturer la semaine. Un stagiaire en civil, camouflé au pied d'un arbre, totalement recouvert d'un filet vert et de feuilles, attend patiemment, appareil photo en main. Une camionnette se gare. Bientôt rejointe par une autre voiture. Les conducteurs en descendent. « Visages, véhicules, plaques d’immatriculation...Tout est dans la boîte ! » La target remonte dans le véhicule, la filature embarquée peut commencer... Au cours de la semaine, les stagiaires apprennent à mener une action de surveillance depuis un poste d'observation (mission statique). Quelques notions de camouflage et de photographie leur sont délivrées. « Vitesse », « ISO » et « obturation » n'ont plus de secret pour eux. Acquérir des techniques spéciales d'enquête propres à l’O.S. « 50, VT TA, 0 tapis, signal 5. Arrivée sur l’horloge, je demande un 0 ! » « Banane collée ! » Les codes radio s'enchaînent. Les stagiaires à bord des véhicules engagés sur la filature sont concentrés. « L'acquisition du code radio est essentielle pour la filature embarquée. Le premier véhicule qui suit la cible donne le tempo. Il est impératif de ne pas la perdre de vue, mais également de décrire tout l'environnement afin que les suivants s'orientent et empruntent les bons axes. Il doit également savoir s'effacer et demander le relais d'un autre véhicule après quelques intersections. » La filature embarquée se poursuit aussi bien sur route nationale que sur autoroute ou en ville. Les stagiaires n'ont qu'à bien se tenir  : les formateurs enchaînent les arrêts afin de leur faire travailler les transitions dynamique/statique. Arrêt sur aire d’autoroute, dans un café, dans un lieu public… À chaque fois, les stagiaires doivent se réarticuler pour pouvoir suivre la target à pied, tout en gardant un dispositif près de son véhicule. « Nous leur enseignons plusieurs techniques permettant de « fixer » l'activité criminelle, par l'observation, la photographie, la prise de vidéo ou le suivi par moyen non coopératif, explique l'ADJ A. Il s'agit ensuite de les appliquer de façon discrète. » « Laisser l’uniforme au vestiaire » L'après-midi, les formateurs poursuivent l'exercice de filature au milieu d'une immense
zone commerciale. Les stagiaires vont devoir faire preuve de discrétion et parfois d'audace pour ne pas perdre la cible de vue, sans se faire repérer. « Il n'est pas évident d'oublier ses réflexes de gendarme, concède l'ADJ A. Pourtant, si on ne veut pas se faire « détroncher », il faut parfois les laisser au vestiaire, avec l'uniforme. » Création de faux couples, changements de vêtements, les stagiaires ne sont pas à court d'idées et se prennent « 80% du boulot concerne des filatures relationnelles, explique l'ADJ André. Il faut faire l'environnement de la personne, connaître ses habitudes. » au jeu. « Réussir sa filature est une chose, mais ils doivent également assurer leur propre sécurité, communiquer discrètement sur l'activité observée et relater avec précision les informations obtenues dans un procès-verbal. Nous leur apprenons également à connaître leurs limites, autant techniques qu'humaines. Il faut savoir faire appel à une autre unité d'observation surveillance si besoin, comme le Gos. » Reportage photo  : MI Dicom J. Rocha Tous les moyens sont bons pour suivre la target discrètement  : « désilhouettage », création de faux couples… Principale difficulté du jour pour les stagiaires  : se réorganiser lors des multiples arrêts de la « target ». 37 - 11



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