Gend'info n°380 octobre 2015
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32 DOSSIER L’OBSERVATION-SURVEILLANCE BRIllER pOuR REjOInDRE par la capitaine Gaëlle Pupin Sirpa Gend MAJ F. Balsamo « Être attentif à tout » Piscine, course d'orientation, mises en situation... Les épreuves s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Pourtant, elles ont toutes un point commun  : l’observation. « Pour le test en piscine, il ne s’agit pas seulement de bien nager, explique un des candidats. Il faut être attentif à tout, en permanence ! Au cours de presque toutes les épreuves, on doit dire ce que l’on a vu, remarqué. Du coup, même pendant les moments de repos, je ne Sirpa Gend MAJ F. Balsamo relâche pas totalement mon attention, on ne sait jamais si on ne va pas avoir des questions à l’issue. » « Il s'agit en effet pour les candidats de mêler l'effort et la surveillance, précise un formateur. Un système de restitution est mis en place tout au long des épreuves pour vérifier si le candidat conserve, malgré la fatigue et le stress, un minimum de lucidité pour prendre en compte son environnement. » Des épreuves physiques... Certains ateliers sont l'occasion d'éprouver la capacité physique des candidats  : combats de boxe, pistes d'audace ou encore « parcours forestier »... Quelques heures au cours desquelles les instructeurs font preuve d'une imagination fertile  : porter de troncs d'arbre, pompes, abdos, côtes abruptes remontées inlassablement... « Le gainage, c'est du repos ! » « Ne bougez plus, le mouvement tue ! » Tout est prétexte à les fatiguer physiquement. Pourtant l'épreuve n'est pas sans intérêt, puisqu'il s'agit d'emmener les candidats « dans le rouge » et d'évaluer leur dépassement de soi. « Cohésion, volonté, honnêteté intellectuelle, bonne camaraderie... Le caractère du candidat est très important aussi, rappelle un instructeur. C'est pour ça qu'on les pousse à bout physiquement et nerveusement. Dans la réalité, sur le terrain, on vit 24h/24 ensemble pendant plusieurs jours, dans des conditions parfois dégradées. Il faut que tout le monde tienne le coup et que personne ne pourrisse l'ambiance de l'équipe. »
1 l'OMBRE « Des conditions proches de la réalité » Découverte de la surveillance dans la « verte », sous une pluie battante, de nuit. Par petits groupes, ils rejoignent discrètement leur point d'observation, où ils vont installer leur camp et s'organiser pour tenir la surveillance pendant plusieurs heures. La mission est claire  : des individus vont passer ou venir faire des échanges, et les candidats devront être capables de restituer l'ensemble des informations qu'ils auront recueillies. Principale difficulté  : s'installer de façon à voir sans être vu. La nuit s'annonce longue, fraîche et surtout très humide. « Les candidats doivent prendre conscience que ce sont des conditions proches de la réalité. Quand Sirpa Gend CNE G. Pupin … et psychologiques « Je sors d'un atelier où je ne savais pas vraiment ce que l’on attendait de moi. C'est très déconcertant. », « Ce matin, j'étais en tenue kaki et on me demande de réagir aux événements comme si j'étais en civil. Ce n'est pas si facile de faire abstraction de l'uniforme. », « Sur la dernière épreuve, personne n'a réagi de la même manière. On ne sait pas trop qui a eu raison. » Certains candidats restent perplexes quant au déroulé de certains ateliers, d'autres se posent moins de questions. « Nous évaluons les candidats sur leur capacité à respecter les consignes quoi qu'il se passe, mais également sur leurs réactions en l'absence de consignes », explique un formateur. Une fois la cible identifiée, à chacun sa technique. Les instructeurs sont unanimes  : « Il n'y a pas de solution idéale. nous venons vérifier la nuit à coup de lampe torche s'ils sont bien cachés, ce n'est pas pour rien. Certaines target sont très méfiants et font exactement la même chose dans la réalité. » L'épreuve phare des tests de sélection reste tout de même l'épreuve de filature. Une journée complète au cœur de Paris, avec le renfort du Gos d'Île-de-France, qui s'investit en termes de mise en situation et d'effectifs. « Le but est de les mettre dans des situations difficiles mais réelles. Une filature ou une surveillance n'est pas de tout repos. Il faut en permanence prendre en compte l'environnement. Parfois, des éléments extérieurs viennent compliquer la surveillance. C'est à nous de les Chaque année, plusieurs dizaines de candidats se présentent aux tests de sélection pour intégrer un Groupe d’observation surveillance (Gos). Ils ont seulement quelques jours pour convaincre les formateurs de leur motivation et démontrer leurs aptitudes à servir au sein de ces unités. Immersion dans les coulisses de ces épreuves très particulières. Pourvu que le candidat soit à l'aise dans son choix et que l'ensemble de ses actes soit cohérent. » Concernant leur manière de gérer les événements imprévus, « il n'y a pas de secret  : les candidats doivent s'approprier leurs « légendes ». Ils doivent y croire pour qu'on y croie aussi ; c'est un peu de « l'actor studio » quand on y pense. » Selon eux, le principal écueil est d'avoir des œillères et de foncer tête baissée. Il faut s'affranchir de certains codes acquis en brigade et, surtout, d'une attitude trop militaire. « Il s'agit avant tout de se faire une idée de la personnalité du candidat. S'il est curieux, s'il sait prendre des initiatives non malheureuses, etc. Pas de calcul, il faut le faire au feeling. On est fait pour ça ou pas ! Bien sûr, la formation permet d'apprendre les rudiments du métier, mais en fait, on repère dès les sélections ceux qui ont gérer au mieux pour ne pas se faire « détroncher » et accomplir la mission jusqu'au bout. Il ne s'agit pas de mettre les candidats en situation d'échec, mais de les confronter à la réalité de notre travail. Pour autant, ils auront encore quelques semaines de formation. En attendant, ça nous permet surtout de repérer ceux qui tirent leur épingle du jeu. » Sirpa Gend CNE G. Pupin « la fibre », ce qui fait toute la différence », précise un formateur. Sur les terres du GIGN, un programme un peu spécial attend les candidats. Une journée complète d'évaluation de leurs peurs et appréhensions éventuelles  : vide, noir, espaces réduits, etc. Les instructeurs poussent les candidats dans leurs retranchements. « C'est un métier très exigeant physiquement. Pour autant, tout est dans le mental et la volonté. En ce sens, cette année, les filles sont impressionnantes. Elles en veulent ! » 33



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