Gend'info n°380 octobre 2015
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28 DOSSIER L’OBSERVATION-SURVEILLANCE DAnS lES MAIllES DE la CAj par l’aspirant Angelina Gagneraud Le Groupement de gendarmerie départementale de la Haute- Savoie (GGD 74) s'est armé de 7 enquêteurs expérimentés, projetables selon les besoins des unités de recherches et la sensibilité de certaines affaires. Ils composent la Cellule appui judiciaire (Caj) et interviennent ponctuellement, en nombre, pour mettre à jour un dossier et faire avancer les investigations. L'Observation-surveillance (O.S.) est une de leurs attributions. Témoignages. « Une véritable force de frappe » Propos du colonel Frédéric Labrunye, commandant le GGD 74. « Un de mes prédécesseurs, le colonel Olivier Kim, a eu, comme on dit, du nez ! En 2008, il a « réparti » différemment les enquêteurs affectés en Brigades de recherches (B.R.) pour bénéficier d'un pool de sept Officiers de police judiciaire (OPJ), placé directement au niveau du groupement. Une excellente initiative puisque désormais le commandant de groupement a dans sa main une véritable force de frappe, qui peut influer en termes judiciaires sur le terrain, en particulier dans le cadre de la lutte contre la délinquance sérielle (vols, cambriolages, etc.). Ces enquêteurs sont projetés ponctuellement et rapidement sur un dossier et déploient des techniques d’enquête adaptées, notamment en matière d'O.S. Par exemple, cet été, plusieurs B.R. ont enquêté sur un individu soupçonné d'une vingtaine de cambriolages ces six derniers mois. Une fois la cible repérée, j'ai injecté mes OPJ qui ont effectué un travail de surveillance en des temps records. Grâce aux dispositifs de géolocalisation, ils ont suivi l'individu et l'ont interpellé près du lieu de commission d'un cambriolage. Ce dossier est typique de l'intérêt du fonctionnement de cette Caj et de ses capacités  : les enquêteurs mettent tout en œuvre pour clore une affaire dont la résonance est départementale et qui n'est pas suffisamment importante pour demander le concours d'une Section de recherches (S.R.) ou de la Division observation surveillance (Dos). » Sirpa Gend MAJ F. Balsamo Sirpa Gend MAJ F. Balsamo Une équipe organise la planque du soir depuis un « pigeonnier ». Un binôme va installer un dispositif de géolocalisation.
Propos du lieutenant Sylvain Soilihi, commandant la brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires (Bdrij). « Une valeur ajoutée appréciée par le terrain » « Les sept OPJ de la cellule sont des OPJ « retaillés »  : qualifiés et expérimentés, ils sont spécialistes dans leurs domaines ! Ils sont pour la plupart issus de B.R. » Les profils Après avoir choisi leurs rôles, les enquêteurs vont assurer le périmètre de sécurité. Tous restent en contact grâce aux oreillettes et radios. sont différents mais tous sont animés d'une seule volonté  : enquêter, rechercher, tout mettre en œuvre, « gratter » pour voir aboutir une affaire. À eux sept, ils cumulent plusieurs qualifications  : enquêteurs d'unités recherches, enquêteur patrimonial, Anacrim, directeurs d'enquête, Frad (Formateur relais anti-drogues) Fin de la filature, l’interpellation est déclenchée avec l’appui de B.R. et brigades locales. D.R. Sirpa Gend MAJ F. Balsamo FRTI (Formateur relais travail illégal), etc. Ces compétences sont bien utiles au GGD 74  : « La délinquance sur le groupement est particulièrement mobile  : elle sévit sur plusieurs compagnies et nos voisins suisses attirent les convoitises d’individus originaires de France qui n'hésitent pas à passer la frontière. Le département est ainsi un lieu de passage mais aussi de repli. » L'unité constitue dès lors un renfort précieux pour les unités de recherches, notamment en Quelques enquêteurs de la Caj témoignent de leur quotidien  : « En six ans d'existence, nous avons participé à plus de cent soixante dossiers et permis plus d'une trentaine d'interpellations en « flag » ! Le plus souvent, sur ce type d'affaires, on surveille les auteurs présumés (caméras, filatures), on les suit de loin jusqu'au « casse » et, selon les profils et le dispositif de sécurité, on les « tape » les poches pleines. Après, on poursuit avec les enquêteurs des B.R.  : gardes à vue, présentation aux magistrats, etc. », explique l'adjudant-chef (ADC) LaurentL., chef de la Caj. « Nous traitons les enquêtes dans leur ensemble puisque nous participons à tous les actes de procédure  : écoutes, procès-verbaux d'investigation, réquisitions, gardes à vue, etc. L'O.S. n'est qu'une partie de nos missions », souligne le maréchal des logis-chef Amélie T. matière d'O.S.  : « Ces dispositifs sont lourds pour les B.R., qui ne sont pas toujours en capacité d'effectuer des actes techniques, par manque d'effectifs et de compétences. Les OPJ de la Caj sont activés dans ce genre de cas, au coup par coup, en fonction des besoins. Ils sont une valeur ajoutée appréciée par le terrain qui reçoit une réponse, un soutien, direct et rapide. » « L'O.S., c'est certes de la technique mais c’est aussi beaucoup de débrouille. On se cache chez des gens ou dans des appartements vides. Sinon, on planque dans la « verte » ou dans des voitures », précise l'adjudant Jérôme G. « Nous sommes avant tout des enquêteurs, alors la mission d'O.S. fait partie de notre métier. On apprend les uns des autres et on a l'habitude de travailler ensemble. Lorsqu'il y a une affaire plus importante sur le groupement, qui n'est pas de notre niveau seul, nous travaillons avec la S.R., la Dos, voire même avec le GIGN. On apprend avec eux des astuces pour ensuite les reproduire lors de nos surveillances », conclut le chef de cellule. 29



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