Gend'info n°380 octobre 2015
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26 DOSSIER Les interpellations en milieu ouvert répondent à des exigences légales strictes. l'identité de l'individu. Figo donne aux équipiers la position de son véhicule, surveillé depuis quelques jours. Un équipier se trouve dans le hall du tribunal  : il doit informer le reste du groupe de l'arrivée et du départ de l’objectif. Quand l'individu sort du tribunal, il le suit à distance. Les trois équipiers désignés pour l'interpellation attendent qu'il emprunte une rue peu fréquentée. Au signal, ils descendent de leur véhicule et l'interpellent. Les enquêteurs, qui attendaient à proximité, l'embarquent immédiatement pour faire débuter la garde à vue à la brigade la plus proche. L'interpellation n'aura pas duré plus d'une minute. Adaptabilité et improvisation Ces professionnels ont également en commun un sens de l'adaptabilité poussé. Figo reconnaît que la plupart de ceux qui intègrent les Gos ont un sens inné de la mission  : « Ils savent se fondre dans l'environnement. » Une capacité à improviser  : « Si quelqu’un vient à notre contact, il ne faut pas être pris au dépourvu, avoir un scénario et ne pas se laisser déstabiliser pour ne pas « se faire lever » », explique « Scratch », chef de mission. Ce sens de la débrouille, ils l'appliquent au quotidien, notamment dans leur atelier, où ils recherchent les techniques les plus variées pour dissimuler leurs appareils. Ce jour-là, trois d'entre eux partent pour une pose technique pour le groupe stup de la S.R. de Montpellier. En discrétion, ils vont installer sur un toit une caméra 3G  : elle retransmet les vues sur une bâtisse que les enquêteurs soupçonnent d'abriter une culture de cannabis. Venus la semaine précédente pour une mission de reconnaissance, ils ont pu analyser les difficultés mais également les éléments sur lesquels s'appuyer pour que leur caméra passe inaperçue. L'installation
allie bricolage et maîtrise des technologies de pointe. « On sait quand on commence, jamais quand on finit » « Le métier est difficile, confie pourtant « Gus », équipier depuis cinq ans au Gos de Montpellier, tant physiquement que psychologiquement. » Les phases d'attente peuvent être longues. « Il faut être capable de rester une semaine dans une voiture à surveiller une porte. Et ne jamais relâcher sa vigilance, pour ne pas louper les quelques secondes où la target va enfin se montrer. Si on loupe « le » moment, on fout des jours de travail en l'air. On a des comptes à rendre à l'enquêteur », ajoute Scratch. « Être équipier dans un Gos, c'est aussi savoir quand on commence, jamais quand on finit », explique RV. « Il nous est arrivé de filocher un individu alors qu'il quittait son logement, après une journée d'observation. La filature nous a menés jusqu'au sud de l'Espagne. Où nous sommes finalement restés dix jours ! » Les sonorisations dans le cadre de la loi Perben La captation de son ne peut se faire que par certains techniciens, affectés à la For (Force observation recherche du GIGN), au Gosif ou au Gos de Marseille. L'aspect tactique lors de la sonorisation peut en revanche être assuré par les équipiers de tous les Gos, formés par la For. « Cette mission demande beaucoup de travail en amont », explique Figo. « Quand on rentre dans le véhicule ou dans le domicile, on prend beaucoup de risques pour le dossier. Il faut évaluer l'opportunité d'une telle sonorisation. » Le rôle des équipiers du Gos est notamment de « tenir la target » pour s'assurer Les équipiers doivent faire preuve d'ingéniosité et d'imagination. Au sein de leur atelier, ils cherchent des solutions pour dissimuler appareils photo et caméras dans les objets du quotidien. 27



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