Gend'info n°380 octobre 2015
Gend'info n°380 octobre 2015

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
24 DOSSIER L’OBSERVATION-SURVEILLANCE DAnS l'ŒIl Du GOS par la capitaine Aurélie Muscat « La pose de la caméra doit être cohérente avec le milieu dans lequel on évolue ». Reportage photos  : Sirpa Gend MAJ F. Balsamo Ils sont entièrement consacrés à l'observation et à la surveillance. Leur rôle principal  : apporter la preuve par l'image. Leur domaine d'action  : la criminalité du haut du spectre. Les Groupes d'observation et de surveillance (Gos) travaillent, dans l'ombre, au profit des enquêteurs. Gend'Info a suivi celui de Montpellier (34) sur les missions qui font son quotidien. Immersion. « Aujourd'hui, la pratique de la police judiciaire nous impose d'administrer, dans un temps court, la preuve parfaite. Ces éléments recueillis sur le terrain permettent de consolider nos dossiers et de garantir un résultat judiciaire. Cela nécessite des savoir-faire de haut niveau et des matériels sophistiqués dont seuls les Gos ont la maîtrise. » Le LCL Bertrand Pallot, commandant la section de recherches de Montpellier, est convaincu de la plus-value du Gos au profit de son unité. Il juge l'engagement du groupe « toujours nécessaire, le plus souvent déterminant ». La preuve par l'image « Nous sommes avant tout sollicités par des unités de recherches sur des affaires de criminalité organisée », explique « Figo », chef du Gos de Montpellier. Avant de devenir officier, il a été six ans équipier puis chef de mission au Gosif (Gos d'Île de France). « Il n'est pas rare que nous soyons engagés sur des affaires dont la résolution va nécessiter l'engagement du PI2G ou du GIGN, qu'il s'agisse de Go Fast ou de démantèlements de réseaux de braqueurs, poursuit l'officier. Par sa position géographique, aux portes de l'Espagne, le groupe est sollicité par des unités de recherche de toute la France, engagées sur des
Les équipiers vérifient la qualité des images retransmises par les caméras, sur le lieu de pose. L'enquêteur pourra ensuite s'y connecter et surveiller la zone qui l'intéresse, de son ordinateur ou de son smartphone. Plusieurs heures sont nécessaires pour cette installation très pointue. affaires de trafic de stupéfiants international. » Ils ont face à eux des adversaires expérimentés  : des délinquants aussi aguerris que méfiants, rompus aux méthodes policières et qui déploient des manœuvres sophistiquées pour les contrer. Sollicités par les Directeurs d'enquête (D.E.) des unités de recherches, les chefs de mission procèdent à une évaluation de la faisabilité. Après décision d'engagement du Gos, le chef de mission mène un travail de reconnaissance sur zone pour mettre en place son dispositif. « Que ce soit à travers des filatures ou des poses techniques (caméras), le but est de fournir au D.E. des éléments de preuve  : déterminer que deux individus se connaissent ou procèdent à des transactions, et matérialiser cela par des photos ou des vidéos. Nous pouvons aussi suivre un individu que nous a désigné le D.E., pour déterminer son environnement  : ses habitudes, ses fréquentations, etc. Ces missions de filature peuvent durer plusieurs jours voire plusieurs semaines », explique Figo. Esprit d'équipe et rigueur Au-delà de leur allure, loin de l’image traditionnelle du gendarme, au-delà même des surnoms qu'ils se donnent, ces hommes et femmes atypiques partagent la même rigueur. Rien n'est laissé au hasard. La complémentarité au sein de l'équipe est gage de réussite. « Un bon équipier en Gos, c'est d’abord un bon camarade », affirme « RV », adjoint au chef du Gos. « Il faut avant tout s'intégrer dans son équipe, surenchérit Figo, Le reste s'apprend. Cela n'exclut pas la discipline. Les têtes brûlées n'ont pas leur place ici. » Ce matin-là, dans les rues de Montpellier, un dispositif est mis en place  : un individu soupçonné de diriger un réseau de mendicité doit être interpellé. Le Gos a déjà travaillé sur lui les semaines précédentes, à la demande de la B.R. de Lourdes (65). Les enquêteurs ont appris la veille qu'il devait quitter la France à l'issue de son rendez-vous au tribunal. Ils ont sollicité le Gos pour procéder à son arrestation. Figo a décidé de l'interpeller après son rendezvous. Au petit matin, les équipiers sont en place. Chacun connaît sa mission. Chaque nouvel élément est immédiatement partagé sur la conférence téléphonique. Les axes autour du TGI sont tenus par trois équipes en véhicule. Deux équipiers à moto sont sur les traces de la cible lorsqu'il quitte son domicile, et confirment au reste du groupe 25



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :