Gend'info n°380 octobre 2015
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12 ACTUALITÉ m Sirpa Gendarmerie CNE A. Muscat FEMMES EN GENDARMERiE téMOiGNAGES APRèS 6 MO Le plan d'action pour l'égalité professionnelle de la gendarmerie nationale, signé par le DGGN en l'Institution. Dans ce cadre, une expérimentation est menée depuis le printemps dernier dans trois accueillent chacun dix femmes sous-officiers volontaires, qui, en sortie d'école, ont pu choisir Comment s'est passée l'intégration des femmes dans votre escadron ? Capitaine Camille Sallé, commandant l'EGM 21/2 de Mont-de-Marsan  : Quand, en mars 2015, on a su que l'escadron participerait à l'expérimentation, je me suis exprimé devant les gradés puis devant les gendarmes, pour rappeler les directives d'accueil et de comportement au sein de l'escadron. Je les ai notamment assurés d'une totale égalité de traitement. Des inquiétudes existaient. Les personnels de l'escadron craignaient que les femmes ne prennent leur place lors des déplacements. En fait, parce qu'elles étaient toutes volontaires pour le déplacement en Martinique, cela a permis à 10 gendarmes qui le souhaitaient de rester à résidence. Ces premiers mois se passent très bien  : les personnels féminins sont professionnels et opérationnels. Elles n'ont pas choisi la mobile sans réfléchir, elles montrent toutes une réelle volonté de s'intégrer et font preuve d'engagement. Capitaine Alexandre Pascal, commandant l'EGM 11/1 de Versailles-Satory  : L'arrivée des femmes au sein des escadrons est une évolution. Et pourtant, au quotidien, c'est un nonévénement. En termes de gestion à l'unité, cela ne fait aucune différence  : j'ai cent sept militaires sous mes ordres, peu importe qu'ils soient masculins ou féminins. L'intégration a été très rapide. Une des raisons selon moi est que toutes les compagnies d'instruction en Esog sont mixtes. Les jeunes gendarmes ont déjà expérimenté la mixité lors de la vie en collectivité ou en mission. Sur le plan logistique, des adaptations seront nécessaires dans certains cantonnements (réduction du format des chambres, aménagement des sanitaires, etc.), mais, au final, cela profitera à tous les gendarmes. Sur le plan opérationnel, quelle différence cela faitil ? CNE Sallé  : Je mets un point d'honneur à ne pas faire de différence entre les hommes et les femmes. Nous sommes actuellement en DSI en Martinique. Tous les chefs de patrouille disent que cela se passe bien. Certains me disent qu'ils font plus attention à leur environnement quand une femme est dans l'équipe. Lors des interventions pour violences intrafamiliales, avoir un personnel féminin est un atout. CNE Pascal  : Il n'y a aucun traitement de faveur, aucune discrimination. Hommes et femmes ont le même nombre de tours de poste, les mêmes services. En termes de formation, j'ai donné pour directives d'envoyer les plus jeunes gendarmes en stage, sans distinction de sexe. Je suis attentif à la répartition entre hommes et femmes sur les différents postes, parce que ce sont de jeunes gendarmes  : elles doivent forcément être encadrées par un gradé ou un gendarme ancien. Cela changera sans doute quand il y aura des femmes gradées en G.M. Il est de la responsabilité du commandant de peloton d'adapter son dispositif en Gendarme Morgane Royer, affectée à l'EGM 11/1 de Versailles-Satory depuis le 1er juin 2015 Avant même d'intégrer l'Esog, je rêvais d'aller en mobile. J'ai d'abord été réserviste puis GAV en Psig, je connais bien ce côté plutôt masculin. Quand j'ai su que des places s'ouvraient, je n'ai pas eu une seconde d'hésitation. Certains s'inquiètent de savoir si on va pouvoir tenir durant les maintiens de l'ordre durs. Je leur réponds que ça ne me fait pas peur. Je fais beaucoup de sport, du rugby notamment. Les rapports avec mes camarades masculins au sein de l'escadron sont très bons. Ils ont compris que j'avais du répondant, et ça les rassure. Aujourd'hui, je me projette dans une carrière entièrement dans la mobile. Les femmes des autres armées ont fait leurs preuves, elles arrivent à concilier vie de famille et déplacements durant de longs mois, je ne vois pas pourquoi ce serait plus difficile pour nous.
MObilE  : iS D'EXPéRiMENtAtiON avril 2014, ambitionne d'offrir à chacun les mêmes possibilités d'épanouissement au sein de escadrons tests – Sathonay-Camp (69), Versailles-Satory (78) et Mont-de-Marsan (40)  : ils une unité de gendarmerie mobile. L'expérimentation sera conduite jusqu'à l'été 2016. fonction des personnels qu'il a sous ses ordres. En Maintien de l'ordre (M.O.), par exemple, il faut faire en fonction des gabarits des personnels, homme ou femme. Sur d'autres missions, la plus-value de la présence des femmes est réelle, par exemple lors des missions de transfèrement. Comment envisagez-vous la suite de l'expérimentation ? CNE Sallé  : Tout se passe bien en ce moment. J'attends de voir ce que cela va donner lorsque l'escadron va être confronté à du maintien de l'ordre de haute intensité. CNE Pascal  : Je n'ai aucun doute en la capacité des femmes à remplir les missions qui leur sont demandées. Elles ont reçu la même formation que les hommes, elles sont sportives et volontaires. Pour avoir vu des élèves-gendarmes et des jeunes gendarmes féminins en formation et en recyclage à Saint-Astier, j'ai une vision complètement dédramatisée de leur présence en mobile. Quant à la volonté de privilégier sa vie de famille, à un certain moment de sa vie, la question se pose déjà pour les personnels masculins, et des solutions existent. Que cela concerne l'équilibre des missions, la gestion des personnels ou le positionnement, ces questions se sont posées en gendarmerie départementale, on ne fait que récupérer ces bonnes expériences. Adjudant Frédéric Courtial, de l'EGM 11/5 de Sathonay Camp, président du personnel militaire (PPM) Les gradés s'investissent dans l'encadrement des jeunes gendarmes féminins, comme ils le font avec tous les jeunes gendarmes. Des gradés ou gendarmes titulaires du diplôme d'arme sont en effet désignés comme tuteurs des jeunes Sog. Ils les guident dans leur quotidien professionnel jusqu'à ce qu'ils ou elles passent de carrière. En tant que PPM, j'ai réuni les personnels féminins. Toutes sont très satisfaites de l'accueil et des missions. Elles ont souligné des points d'amélioration en termes de logistique ou de matériel, en cours de résolution. Du côté des gradés et des gendarmes, leur intégration ne soulève aucune problématique particulière. Toutes ont passé les tests de sélection « peloton d'intervention », et l'une d'entre elles a validé l'ensemble des tests. Elle a immédiatement été affectée au P.I. ACTUALITÉ 13 Gendarme Marion Schnebelen, affectée à l'EGM 21/2 de Mont-de-Marsan depuis le 1er juin 2015 J'ai été rapidement acceptée au sein du peloton, même si certains gendarmes étaient un peu sur la réserve. Je me sens très encadrée et soutenue, tant par ma hiérarchie que par mes camarades. J'ai un tuteur, et tous les personnels ont vraiment envie de nous apprendre le travail. Aucune différence n'est faite entre hommes et femmes concernant les missions à exécuter. Certains gradés se posent peut-être plus de questions concernant nos réactions non pas en tant que gendarmes mais en tant que femmes. Je suis très fière d'être mobile. Ce ne sera pas forcément plus facile pour les femmes qui nous rejoindront. Comme nous, il leur faudra faire leur place et montrer qu'elles veulent faire partie de ce milieu. EGM 21/2 Mont-de-Marsan MDC N. Deshayes



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