Gend'info n°379 aoû/sep 2015
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10 MAGAZINE Sirpa Gend CNEC. Morin Pour des questions de discrétion et d'anonymat, les quinze gendarmes qui arment les deux Gelac drômois travaillent la plupart du temps en civil. Utile pour les surveillances, mais aussi pour libérer la parole de leurs interlocuteurs lors de l'audition de victimes ou des enquêtes de voisinage. LUTTE CONTRE LES CAMBRIOLAGES élucidé 1 425 faits et interpellé 598 personnes, dont plus de 160 ont fait l'objet d'une incarcération et 468 d'une COPJ/CRPC. Leur action, associée à celle des unités territoriales et de recherches, a contribué à inverser la courbe de la délinquance et à faire diminuer les atteintes aux biens, et plus particulièrement les cambriolages. Du fait de sa position géographique, chaque Gelac a ses spécificités en termes de délinquance mais leurs objectifs sont les mêmes  : lutter contre cette délinquance d’appropriation qui empoisonne le quotidien de la population et génère des expériences traumatisantes pour les victimes. Parfois, elle peut aussi conduire les enquêteurs vers d'autres types de délinquance, tels que le trafic de stupéfiants, les escroqueries, etc. « Les délinquants sont très souvent multicartes, souligne l'adjudant (ADJ) Arnaud Grégoire, commandant le Gelac Sud. On a, par exemple, interpellé sur notre secteur une équipe qui commettait des cambriolages pour financer un réseau de radicalisation. » « Le Gelac, un système offensif et manœuvrable » « Dans la droite ligne des directives nationales et régionales, la lutte contre les atteintes aux biens et particulièrement contre les cambriolages est notre priorité », explique le colonel André-Marc Hebert, commandant le GGD26. « Nous avons choisi de placer le Gelac Nord, à 8 personnels, et le Gelac Sud, à 7 personnels, sous l'autorité du groupement, et de créer autour d'eux un véritable système d'armes. Unités territoriales, TICP, Ntech, Anacrim, référents sûreté, Bdrij, tous ont pris l'habitude de travailler avec eux. On a également développé un fort partenariat institutionnel avec la police, les douanes, la BCR, etc., indispensable à l'échange de renseignements. Le Gelac est un système offensif et manœuvrable qui permet une action rapide et ciblée. » Identifier et élucider des faits sériels, surveiller et interpeller les auteurs, démanteler des équipes organisées, tel est le quotidien de ces enquêteurs. Unité de recherches spécialisée, le Gelac intervient en appui des brigades, les conseille, les oriente et prend le relais si l'enquête Sirpa Gend CNEC. Morin s'avère plus longue ou plus complexe. « Nous sommes présents sur toutes les perquisitions et les gardes à vues en matière de cambriolages. Notre plus-value, c'est qu'en incrémentant plusieurs faits, même petits, on peut identifier des modes opératoires et des phénomènes, remonter une filière. Tous les faits recensés alimentent une cartographie et un tableau. Nous effectuons ensuite des rapprochements, des recoupements, explique le major Denis Arrondelle, commandant le Gelac Nord, unité composée de plusieurs militaires issus de B.R. On saisit beaucoup, c'est un des leviers sur lequel on s'appuie pour remonter les cambriolages et étoffer les dossiers. On travaille sur tout ce qui est technologique, les ordinateurs, les consoles de jeux, les téléphones. On prend le temps de relever les numéros de série. À partir d'un fait, on déroule l'écheveau pour en résoudre d'autres pouvant être reliés par le même mode opératoire. On travaille beaucoup aussi sur les environnements. Nous faisons parler les gens et les objets », résume-t-il, citant l'exemple du vol d'une tractopelle. La perquisition au domicile du suspect avait alors permis de trouver des calculateurs dont l'analyse avait fait remonter les enquêteurs sur le vol de 8 autres véhicules. Le « targeting » ou connaître la population délinquante « Nous sommes là pour délester les unités territoriales des cambriolages, sans pour autant s'engager sur des enquêtes trop longues, qui sont du domaine des B.R. et des S.R. Il faut en effet qu'on reste en mesure de pouvoir intervenir dès qu'un phénomène se produit, précise l'ADJ
Grégoire. Le plus souvent, ce sont les unités territoriales qui mènent les investigations élémentaires. Les constatations sur la scène de crime sont très importantes. On essaie donc de faire un travail en amont auprès des unités pour améliorer notre efficacité dès la prise en compte de la scène d'infraction. Nous avons développé quelques outils qu'on met à la disposition des unités, comme un protocole pour la prise en compte des scènes d'infraction, une fiche récapitulative de constat, un canevas type d'audition, etc. Le Gelac prend ensuite le relais pour mener un travail de fond. Nous avons une vision plus globale des phénomènes qui nous permet de faire des rapprochements, des recoupements ». Et de raconter l'interpellation en « flag » d'une équipe de « Marseillais » en possession de brassards police, dont il s'avérera qu'ils étaient à l'origine de six autres cambriolages. Les enquêteurs des Gelac utilisent notamment le principe du « targeting », une pratique empruntée à l'armée qui permet aux gendarmes de déterminer des cibles dans un secteur pour les empêcher d’agir, le cas échéant, au plus vite. « Cela consiste à connaître notre population délinquante. On suit notamment les levées d'écrou. Si un individu connu sort de prison et que les vols reprennent sur son secteur, on s’intéresse à ses activités, précise le major. C'est différent du renseignement pris lors des perquisitions, ou des auditions, voire des échanges avec les autres sources de renseignements. » Pour pister les receleurs, les enquêteurs suivent par ailleurs les livres de police des dépôts-ventes, ainsi que ceux des bijouteries spécialisées dans le rachat d'or. Sirpa Gend CNEC. Morin Démantèlement d'un réseau soupçonné de 200 cambriolages dans le sud du département Le 16 juin dernier, 120 gendarmes et policiers ont conduit une opération de grande ampleur sur Montélimar et sa région (Savasse, Rochemaure et Dieulefit) permettant de démanteler une bande organisée spécialisée dans les cambriolages d’habitations. Une vingtaine de personnes suspectées d’avoir commis plus de 200 faits dans le Sud de la Drôme depuis l'été 2013, tant en zone gendarmerie qu'en zone police, ont été interpellées et 17 d'entre elles placées en garde à vue. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi une grande quantité de bijoux en or (plus de 1 kg), des montres de luxe, plus de 11 000 € en liquide, des téléphones portables, du matériel hi-fi et des armes (deux fusils et un pistolet d’alarme). Outre les objets présumés volés, les biens acquis avec le profit de leurs délits ont également été saisis. « Une belle affaire dont la résolution a permis de faire baisser de façon drastique les cambriolages sur le secteur, et globalement les atteintes aux biens et aux personnes, puisque ces individus pratiquaient également le vol à l'arraché, le vol à la roulotte et le saucissonnage », confie l'adjudant Arnaud Grégoire, commandant le Gelac Sud. Depuis l'opération du 16 juin, les enquêteurs continuent de travailler sur le volet des avoirs criminels et de suivre les ramifications de cette organisation criminelle multicartes. Ils s’attachent également à déterminer les rôles (commanditaires, voleurs, receleurs) tenus par chacun des suspects et à identifier toutes leurs victimes (212 scellés pour le volet gendarmerie). GGD 26 11



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