Gazette des Armes n°463 avril 2014
Gazette des Armes n°463 avril 2014
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°463 de avril 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 49,0 Mo

  • Dans ce numéro : les revolvers règlementaires Nagant.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Un centenaire bien oublié : le fusil Gras modifié 14 : « le fusil des pépères » Texte et photos : Luc Guillou L’organisation de l’armée française de 1914 a été mise en place pour compenser l’inquiétant déséquilibre démographique existant entre la France (40 millions d’habitants)et l’Allemagne (56,5 millions d’habitants). Au moment où approche la première guerre mondiale, notre armée se compose de militaires d’active et d’appelés, soumis à un service militaire obligatoire. Ce service d’une durée de deux ans à partir de 1905 fut porté à trois ans à partir de 1913, toujours afin de maintenir plus d’hommes sous les drapeaux. L’armée française en 1914 Une fois son service militaire terminé, le jeune français appartenait ensuite pendant 11 ans à la réserve au sein de laquelle les officiers et les sous-officiers étaient soumis à des convocations périodiques (période de réserve), visant à contrôler et perfectionner son entraînement et contrôler son aptitude physique. Les hommes du rang, nécessitant moins de formation n’étaient convoqués que de façon plus occasionnelle, afin de valider les procédures de mobilisation A l’issue de ses onze années de service dans la réserve, la réserviste était versé pendant 7 ans dans l’armée territoriale : une armée virtuelle en temps de paix, qui ne prenait corps qu’en cas de mobilisation. En haut, le fusil Gras modifié 14, en bas le fusil Lebel modèle 1886-93. La mise en service dans les unités territoriales du fusil Gras recanonné en 8 mm Lebel, permit de réserver l’attribution du Lebel aux unités de ligne en attendant que le fusil Berthier modèle 07-15 soit disponible en quantités suffisantes. Cette modification du fusil Gras permit aussi d’assurer un approvisionnement homogène en munitions récentes. Sa mission était d’assurer la garde des places fortes et des points sensibles. Au bout de sept ans d’appartenance à l’armée territoriale, le citoyen terminait ses obligations militaires par une nouvelle période de sept années au cours desquelles il appartenait à la réserve territoriale destinée à renforcer l’armée territoriale en cas de mobilisation. On voit donc qu’à cette époque la vie du citoyen était étroitement liée à l’armée, vis à vis de laquelle il conservait des obligations pendant presque toute sa vie d’adulte et qu’il était mobilisable de 19 à 48 ans. Des millions de Gras et de Lebel ! L’armée française avait adopté en 1874 le fusil Gras : une arme à un coup, tirant une cartouche de calibre 11 mm chargée à poudre noire. Alors que les manufactures d’état fabriquaient plus de deux millions et demi de cet excellent fusil, les services techniques essayaient divers fusils à répétition : des Gras transformés par divers dispositifs et des fusils à magasin tubulaire placé sous le canon, système Kropatchek modèles 1878, 1885 puis 1885. Alors que l’adoption du fusil modèle 1885 était imminente, le chimiste français Paul Vielle révolutionna l’armement en inventant une nouvelle poudre appelée « poudre sans fumée ». Plutôt que d’adopter le modèle 1885 tirant la même cartouche que le Gras, il fut décidé d’adapter l’arme à une nouvelle cartouche de petit calibre chargée à poudre sans fumée. On peut condenser cette histoire en disant que c’est ainsi que naquit le fusil Lebel qui n’était qu’un fusil modèle 1885 doté d’un canon de 8 mm et tirant une cartouche 32 Gazette des armes n°463
Le fusil Gras modifié 14 qui ne se distingue guère extérieurement du modèle en calibre d’origine que par la présence d’un garde-main. Marquage de l’arme qui est en réalité un Chassepot modifié Gras (modèle 1866-74) ayant échappé à la modification de 1880 finalement modifié 1914, ainsi que l’indique le marquage. « M14 ». qui résultait de la diminution de calibre d’une cartouche de fusil Gras. On passa précipitamment de la phase de l’expérimentation à celle de l’industrialisation car le bouillant général Boulanger, alors ministre de la guerre, était soucieux de voir la France conserver sur les Allemands l’avantage que lui conférait la mise au point de la poudre sans fumée. Aussi imposa-t-il l’adoption du fusil Lebel dès 1886 et ordonna-t-il aux manufactures d’en lancer au plus vite la fabrication à grande échelle, ce qu’elles parvinrent à commencer dès 1887 ! Les trois manufactures d’armes d’état (Saint-Étienne, Tulle et Châtellerault) produisirent des Lebel à plein rendement (en parvenant à certains moments à livrer 1000 armes par jour). La fabrication dura semble-t-il 6 ans et aboutit à la fabrication de 3 millions de fusils Lebel et de millions de pièces de réparation. Une fois le chiffre de 3 millions de fusils Lebel atteint, les manufactures interrompirent sa fabrication car cette quantité d’armes assurait l’équipement de l’armée d’active (900 000 hommes) ainsi qu’une raisonnable réserve de mobilisation. Tirailleurs annamites armés de fusils Gras. L’attribution du fusil Gras s’explique par le fait que ces troupes étaient préférentiellement employées pour des travaux d’infrastructure ou de logistique par le service des étapes, ce qui n’empêchera pas 1121 de ces hommes de donner leur vie pour la France. (D.R.) Lorsque les unités eurent reçu leurs fusils Lebel (qui avaient bénéficié de plusieurs modifications en 1893), le déclassement des vaillants fusils Gras, commença. Certains furent cédés aux ministères des finances, de la justice et de l’intérieur, qui en armèrent les douaniers, les surveillants de prison et les pompiers. Plusieurs centaine de milliers, encore en état quasi-neuf, furent entreposés en arsenal comme seconde réserve de mobilisation et le reliquat fut vendu à des armuriers qui les transformèrent en fusils de chasse à bon marché ou à diverses sociétés qui en assurèrent l’exportation aux quatre coins du monde. Entre 1900 et 1914, alors lors que la tension montait entre la France et l’Allemagne, l’étatmajor envisagea une remise en fabrication le fusil Lebel. Mais, outre le fait qu’il aurait été fort coûteux de relancer cette production, il y avait déjà des projets visant à remplacer le Lebel par un fusil plus moderne. Après avoir essayé plusieurs modèles d’armes, le choix se porta sur le système Berthier, alimenté par un magasin vertical système Mannlicher, bien plus fonctionnel que le magasin tubulaire système Kropatchek qui équipait le Lebel. Le système Berthier avait déjà été adopté depuis 1890 A gauche, cartouche de 8 mm Lebel, à droite, cartouche de 11 mm Gras. L’identité des culots des deux cartouches facilita énormément la transformation du fusil Gras en 8 mm Lebel. Extrait du catalogue 1910 de la Manufacture d’armes et cycles de St Etienne proposant des fusils et des carabines Gras déclassés à des prix qui feraient aujourd’hui rêver les collectionneurs ! La Gazette des armes n°463 33



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