Gazette des Armes n°443 juin 2012
Gazette des Armes n°443 juin 2012
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°443 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 28,0 Mo

  • Dans ce numéro : les revolvers Lepage Moutier.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vue d’ensemble de l’arme dans son fourreau, de gauche. 24 Gazette des armes n°443 Le fourreau Long de 72 centimètres, il est en fort cuir de vache noirci, sans attelles, et épouse parfaitement la forme particulière « en colichemarde » de la lame. Il comporte deux garnitures. En premier lieu, une chape en argent de 3,5 centimètres, donc relativement courte, avec crochet de fixation au baudrier ou au ceinturon en forme de « goutte de suif » Pierre Firmin Anguier naquit à Saint Valéry sur Somme, à la toute fin du long règne de Louis XIV, le 1er mars 1715. Sans être d’extraction aristocratique, sa famille occupait déjà à l’époque un rang notable dans le milieu relativement fermé des « gens de mer » puisque son père avait déjà été distingué par le « Grand Roi » pour sa conduite exemplaire à la Martinique où il commandait un ensemble de fortifications. A cette occasion il avait du reste lui aussi reçu une épée d’honneur. Le jeune Pierre Firmin commença à naviguer très tôt et connut son premier embarquement en 1729, à l’âge de 14 ans. Il se révéla rapidement très doué si bien qu’il obtint son brevet de capitaine le 4 octobre 1737 à l’âge remarquable dans le métier de 32 ans. C’est véritablement en 1745 qu’il entre au service du Roi en qualité de corsaire et qu’il reçoit à ce titre ses « Lettres de Marque » (ou de Course ». A cette époque la France est en conflit depuis 1740 dans le cadre de la Guerre de Succession d’Autriche et, en marge des opérations sur le théâtre continental, Louis XV soutenait en Angleterre le soulèvement jacobite en Ecosse qui visait à rétablir sur le trône britannique le jeune prince Charles Edouard, petit fils du roi catholique Jacques II, détrôné par le protestant Guillaume d’Orange en 1688. En raison de sa bonne connaissance des mers du nord, le jeune capitaine Anguier reçut pour mission, au tout début de l’année 1746, de convoyer en Ecosse fonds et munitions au profit des le capitaine Pierre Anguier (1715-1787) corsaire du Roy et gentilhomme de son temps. Corps Royal de la Marine en 1772. Au centre en rouge, un capitaine de vaisseau (colonel), issu de « Grand Corps ». inversée présentant un petit motif globulaire à chaque extrémité. Ensuite une bouterolle d’environ 8 centimètres de longueur, découpée en haut à bord franc et présentant juste au dessous un modeste agrément au double trait. Le dard en fer, en forme de sphère légèrement aplatie, est précédé d’un petit étranglement. Les coutures du cuir, restées bien vives et ne laissant apparaître aucune « crevée », attestent des bonnes conditions de conservation de ce type particulièrement fragile de fourreau. forces jacobites entrées en lutte ouverte contre le pouvoir central londonien. L’affaire, dans un premier temps bien engagée et habilement conduite, connut une réussite inespérée. Dès lors il fut appelé à prendre le commandement de l’artillerie des insurgés mais dù peu après regagner la France pour y porter des dépêches diplomatiques en même temps que des prisonniers anglais de marque. C’est le 30 avril de cette même année, à l’occasion de cette mission, que le comte de Maurepas, ministre de la Marine, lui obtint de Louis XV l’attribution de cette épée d’honneur ainsi qu’une gratification de 350 livres, somme conséquente à l’époque, en reconnaissance de ses remarquables services. Toutefois, la défaite définitive des Jacobites lors de la bataille décisive de Culloden, le 16 avril 1746, où l’armée écossaise fut écrasée après plusieurs victoires et une avancée prometteuse sur Londres, amenait à reconsidérer toute la politique outre Manche en regard de la situation sur le continent. Ainsi, en juillet 1746, le capitaine Anguier dut-il repartir pour l’Ecosse avec pour mission d’évacuer le prince Charles Edouard et de le rapatrier où bon lui semblerait. Au cours de cette opération, partiellement réussie puisque le prince put s’échapper, il fut fait prisonnier et ne fut libéré qu’en novembre suivant. Pour ses exploits remarqués, le capitaine Anguier eut droit aux honneurs de la Cour et le ministre de la Marine lui fit concéder une nouvelle récompense, de 1000 livres cette fois, pour avoir su gérer au mieux cette situation délicate en période de guerre ouverte. Dans les dernières années du conflit, il eut l’occasion de servir avec brio dans les campagnes de Flandres sous les ordres du maréchal de Saxe, ce qui suppose une parenthèse terrienne dans sa carrière de marin. De 1750 à 1757 il revint à sa vocation première avec plusieurs campagnes dans les Caraïbes et, à nouveau, dans les mers septentrionales. En 1775, à l’âge de soixante ans, il se vit enfin attribuer un brevet de lieutenant de frégate. En 1781 il reçut la croix de chevalier de l’Ordre de Saint Louis, ce qui était exceptionnel pour un officier issu du rang et, à fortiori, pour un corsaire. Enfin, le 24 juin 1785, il fut nommé commandant du port de Dunkerque, point de départ de sa riche carrière. C’est là qu’il finit ses jours le 21 juin 1787. Il totalisait alors près de quarante ans de service, dont seize à la mer, et deux campagnes dans les armées du Roi à terre. Une vie d’honneur et d’aventure bien remplie en somme.
Troupes de la Marine (Infanterie), officier et soldat (1786).. Conclusion La chape et son bouton en épingle. Les armes d’honneur et de récompense, déjà relativement rares sous l’Ancien Régime, l’étaient encore plus pour les corsaires dont le statut contractuel, bien loin de celui du « Grand Corps » de la « Royale », s’apparentait davantage à un état de « mercenaires des mers » temporairement légalisés par un document officiel valable pour la durée d’une guerre, d’une campagne ou éventuellement d’une mission particulière. Cependant, compte tenu de l’infériorité chronique des flottes françaises, autant de guerre que marchandes du reste, en regard de celles de l’Angleterre au milieu du XVIIIe siècle, le rôle des navires corsaires fut loin d’être négligeable pour maintenir un certain équilibre des forces maritimes et faire, à l’occasion, pencher la balance en faveur des pavillons aux lys au cours des grands conflits de l’époque. Fiche technique Longueur totale de l’arme 87 centimètres Longueur de l’arme hors du fourreau Ce bilan peut se traduire concrètement en considérant le nombre de prises ou de destructions de vaisseaux, en majorité marchands, réalisés par les équipages armés en course en ces temps là (environ 750 au cours de la Guerre de Succession d’Autriche entre 1740 et 1748 durant laquelle le capitaine Anguier fut particulièrement actif). Cette action, menée en parallèle avec celle de la Marine Royale induisait une véritable complémentarité entre les deux entités dont la convergence opérationnelle se révélait décisive face à l’adversaire lequel, il ne faut pas l’ignorer, faisait aussi usage de modes d’action identiques. La « guerre de course » périclita peu à peu après la Guerre de Sept Ans (1756- 1763). Elle ne reprit un regain de vigueur que durant la Révolution. La Marine Nationale se trouvait diminuée du fait de l’émigration de la plupart de ses officiers, tous issus de la noblesse, et même d’une partie de sa maistrance et de ses équipages. Du reste, avec la modernisation rapide des techniques navales, le renforcement considérable de la puissance des marines nationales et l’état de paix définitif entre la France et l’Angleterre après 1815, la guerre de course n’avait plus guère de raison d’être d’autant que la piraterie elle même, du moins dans son concept ancien, avait quasiment disparue dans le même contexte. Remerciements à Bernard Croissy expert pour le prêt de l’arme qui figurait dans sa vente le 22 et 23 mars 2012 à Paris. 86 centimètres Longueur de la lame seule 70 centimètres Largeur de la lame au talon 3,2 centimètres Epaisseur de lame au talon 1 centimètre Hauteur de la monture 16 centimètres Longueur du fourreau 72 centimètres La bouterolle et son dard. La Gazette des armes n°443 25



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