Gazette des Armes n°41 septembre 1976
Gazette des Armes n°41 septembre 1976
  • Prix facial : 10 F

  • Parution : n°41 de septembre 1976

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (202 x 281) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 53,3 Mo

  • Dans ce numéro : un pistolet à rouet princier.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MITRAILLEUSE A ACTION MÉCANIQUE La mitrailleuse Feldl vue par l'arrière. Les leviers que l'on distingue sur le boîtier servaient à bloquer le système de percussion de l'arme : le grand agissait sur les quatre canons, les petits sur chacun de ceux-ci. La manivelle de déclenchement est sur le côté gauche. Les deux premiers modèles pèsent respectivement 367 kg (avec une provision de 720 cartouches) et 250 kg (avec une pfovision de 400 cartouches), le troisième n'atteignant que 80 kg (avec 750 cartouches). La portée atteignait — mais nous ne disposons d'aucun résultat d'essais officiels — 2 200 m pour les plus gros modèles avec une cadence de 100 coups-minute. Le mécanisme de chargement n'aurait, d'après la brochure, comporté que quatre pièces, à savoir : un tambour à hélice, qui faisait fonctionner deux verrous munis de percuteurs, et un porteur qui distribuait les cartouches alternativement devant chaque verrou ; le mouvement était donné à tout le système par un levier auquel on imprimait un mouvement alternatif de haut en bas et de bas en haut. Une courte carrière On en arrive enfin à la guerre francoallemande. D'un côté les Français qui comptent beaucoup sur leur canon à balles, de l'autre les Allemands qui affectent le plus grand mépris pour ces "seringues à balles". Mais pas tous : les Bavarois seuls, sous la pression des événements, s'étaient décidés à com- mander au début de la guerre leurs mitrailleuses Feldl, à tir continu ; mais ils n'avaient pu en amener qu'une batterie de quatre pièces au mois de septembre, mise en oeuvre à la bataille de Coulmiers, sans autres études préalables et sans qu'on ait eu le temps de rédiger un règlement pour leur emploi... peut-on lire dans l'ouvrage déjà cité du commandant Reboul. C'est résumer d'une manière remarquablement succincte l'histoire d'une arme déjà brève dont l'adoption a pourtant été envisagée par l'armée autrichienne qui venait d'écarter la Gatling, lui préférant la Montigny. L'armée bavaroise (Feldl était sujet de ce royaume) l'avait mise en service en 1870 parce que les militaires qui ne se faisaient pas une idée très haute de l'utilité réelle de ces armes en redoutaient l'effet moral. Leur confection, écrit un officier bavarois, le comte Thürheim, n'a pu être surveillée. Ces canons n'ont pas été soumis aux épreuves nécessaires, il n'existait pas de règlement sur la composition et l'équipement des batteries. Quat•e pièces ont été livrées après Sedan. Son nom réglementaire était canon d'infanterie, la munition celle du fusil bavarois pour les quatre canons parallèles alimentés par huit magasins de 41 cartouches chacun. Le magasin de gauche n'entrait en fonction que lorsque celui de droite était épuisé. Kropatschek (encore lui !) devait préciser que l'on attachât à chaque pièce un des caissons à munitions français pris aux batailles de Wissembourg et de Woerth. On avait modifié les caissons intérieurs pour leur nouvelle destination et ils étaient attelés de quatre chevaux, chacun ayant à supporter l'énorme charge de dix quintaux (en mesures du temps : 100 livres chacun = 497 kg). La batterie du l er corps 28 Malgré tous les avantages énoncés, MM.Lachaussée, constructeurs-mécaniciens (la maison Guthrie & Lee Explosive Arms a produit aussi quelques Claxton en Grande-Bretagne) n'ont pas dû faire beaucoup d'affaires. On sait que Napoléon III avait acquis une Claxton pour faire des comparaisons avec les Gatling et son canon à balles. Et un modèle, sans marque de fabrique mais fonctionnant indubitablement sur ce principe, a été retrouvé par un spécialiste italien M. Morin dans un musée de Turin. Double particularité : il compte 17 canons (dont quatre tirant simultanément) et il a été pris aux troupes pontificales lors de l'occupation de Rome en 1870 ! La curieuse mitrailleuse Gabert conservée au musée de l'Emperi à Salon-de-Provence. Équipée de quatre canons, elle a un chargeur à huit alvéoles : pendant que l'on tirait les cartouches (combustibles) de quatre de ces alvéoles, on regarnissait les quatre autres. le chargeur pouvant occuper deux positions, "droite" ou "gauche".
d'armée bavarois a servi dans les batailles de Coulmiers et d'Arthenay. Le comte Thürheim signale qu'une de ces batteries de mitrailleuses a tenu "l'ennemi" en échec pendant deux heures à Coulmiers. Sur les 16 tubes (4 pièces à 4 canons), 13 étaient hors d'usage (un dispositif permettait de débrayer le mécanisme d'un ou plusieurs canons et de tirer avec les autres). Pendant le combat, il n'y a pas eu moyen de songer à les réparer. Mais ils ont été remis en état aussitôt après. On n'a pas constaté de fuites de gaz (!). Ces incidents provenaient de ce que, pendant le mouvement des pièces pour changer de position, des cartouches restées dans les gaines servant à recevoir les magasins se redressaient et venaient ainsi se présenter obliquement dans leur logement. Au combat d'Arthenay, une des pièces avait tiré 900 coups. Par la suite ces canons ont été affectés à la défense des fossés de la forteresse d'Ingolstadt. Il est évident que cette mitrailleuse, compliquée mais intéressante, aurait eu un plus grand avenir si, en raison sans doute d'un manque de rodage du personnel, ses performances n'avaient été si effacées : dans ces conditions elle ne risquait guère de modifier la piètre opinion que les états-majors allemands avaient de ces engins. pour lesquelles de la confiance la plus enthousiaste, on est passé à la déception et au dénigrement. C'est sans les connaître qu'on les avait exaltées ; en les condamnant, les connaissait-on mieux ? Dans les autres pays on n'en travaillera pas moins à perfectionner certains modèles et à en créer d'autres. Deux d'entre eux parviendront même à supplanter la Gatling ; pourtant universellement répandue. Ce seront les Gardner et les Nordenfelt dont Maxim pourtant ridiculisera les performances en quelques années. ■ Et caetera... La guerre de 1870-71 marque un tournant dans l'histoire des mitrailleuses à action mécanique. On a vu que le canon à balles, le mitrailleur Christophe et Montigny, la Gatling Gun, la mitrailleuse Manceaux et d'autres dans l'autre camp, y ont fait entendre leur sinistre crépitement. Il y en a eu d'autres encore dont l'on ignore peutêtre jusqu'à l'existence, certaines dont on ne connaît que le nom ou que l'on retrouve dans des musées sans pouvoir très bien reconstituer leur histoire : la mitrailleuse construite par M. Bollée (au musée de l'Armée), l'étrange mitrailleuse Gabert, la Dioise, la mitrailleuse de Cherbourg dont tout ce que l'on sait est qu'elle a été construite pendant les hostilités et que le Comité de l'artillerie a décidé qu'elle n'était "à retenir pour aucun usage", la mitrailleuse Petit construite à Langres pendant le siège, les mitrailleuses Mignon et Rouart (six exemplaires fabriqués rue Oberkampf et 60 000 cartouches fabriquées par Gévelot) et Fry (six exemplaires, fabriqués impasse Rébeval) mentionnées dans le livre du commandant Reboul, etc. Comme l'écrit l'auteur : Il appartenait à la France de faire seule l'expérience pratique du nouvel engin. Elle a été seule aussi à en tirer une conclusion aussi radicale : celle de mettre le plus vite possible à l'écart ces mitrailleuses Cette mitrailleuse qui se trouve dans une cour des Invalides équipa les "Volontaires de la Drôme" en 1870-71. Fabriquée par Chevalier et Grenier à Lyon, elle portait le joli nom de "la Dioise". "La Dioise" vue par l'arrière. L'absence de documentation et l'état du mécanisme permettent seulement de formuler une hypothèse sur son fonctionnement. On peut penser que les deux groupes de huit canons fonctionnaient alternativement : tandis que le groupe de gauche tirait, on garnissait d'une "culasse mobile" chargée, celui de droite et vice-versa. 1111111111121, 29



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