Gazette des Armes n°188 avril 1989
Gazette des Armes n°188 avril 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°188 de avril 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 283) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 67,1 Mo

  • Dans ce numéro : antiterroristes vénézuéliens, les armes de la guerre sainte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 68 - 69  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
68 69
68 Le Canon-lance-harpon de Sven Foyd, prêt à tirer. Le harpon est coiffé de son obus de fonte, les barbes du harpon tenues rabattues par un amarrage destiné à casser à la pénétration, et la ligne » frappée sur une erse » en filin d'acier coulissant dans la lumière de la hampe du harpon. Le départ du coup se fait en agissant sur la détente d'une espèce de poignée de pistolet portée par la queue de pointage. projectiles empoisonnés tirés par des carabines de grande chasse, qui s'avérèrent efficaces sur des éléphants. Quant à la tactique consistant à envoyer la « bombe-lance empoisonnée » d'abord, et le harpon ensuite, elle n'était pas passée inaperçue. On voit ainsi en effet, vers 1870-80, les « fusées Fletcher », armées d'une « bombe-lance » que l'on projetait avant une fusée analogue portant le harpon. Mais nous n'avons trouvé aucun détail sur les dispositions de ces fusées, que nous ne connaissons que de nom. Cependant, il semble qu'elles aient été assez souvent employées pendant au moins une dizaine d'années. La « bombe-lance empoisonnée » de Thiercelin fut pendant longtemps la seule tentative de chasse « scientifique » de la baleine, ou du moins la principale, car on se doit, pour finir, d'évoquer les « harpons électriques », tentés vers 1950-60. Un fil de cuivre, incorporé au chanvre de la ligne, envoyait dans l'animal un courant à fort voltage et ampérage, dont l'effet était, parait-il, foudroyant. Mais le système n'était pas sans risques pour l'équipage et ainsi il ne parait pas avoir dépassé le stade des essais. Le canon de Sven Foyn, à une époque où la chasse à la baleine approchait de sa fin, s'avérait en fait bien suffisant. Les « fusées-harpon » Un peu après le milieu du XIXè, apparait aux Etats-Unis un nouveau mode de propulsion du harpon, qui semble avoir eu un certain succès. C'est la « fusée-harpon », fonctionnant par réaction et qui, profitant de l'expérience acquise avec les fusées de guerre, à la mode depuis le début du siècle, parait avoir été un engin fort valable. Surtout, il était facile à employer avec de petites embarcations, du fait de sa légèreté et probablement d'une complète absence de recul. Le premier engin de ce genre dont on entend parler, et qui fut utilisé avec, parait-il, d'excellents résultats (du moins d'après son fabricant), semble avoir été celui de G.A. Lillienthal, dont la publicité parut le 8 août 1865, dans le « Merchant's Transcript » de New York. Une gravure y représente la chose en action, tenue sur l'épaule par le harponneur, debout à l'avant d'une baleinière classique à avirons. L'homme semble alors avoir en main un « Bazooka » de la dernière guerre, et cette ressemblance, de méme que le mode de préhension, est frappante. Il y a même, annexé au tube, un masque à hublot, garni sans doute d'un verre fumé pour protéger le visage du tireur et un petit jet de flammes et de fumée s'échappant à l'arrière, montre bien qu'il s'agit d'un projectile à réaction. D'après l'article accompagnant la gravure, cette fusée était garantie harponner et tuer instantanément toute baleine touchée et on donne pour référence son emploi avec succès, l'année précédente, par le trois-mâts barque baleinier « Reindeer ». Mais malheureusement, il n'y a aucun détail précis sur l'engin lui-même et son mode d'emploi exact. Toutes nos recherches n'ont abouti qu'à nous apprendre que ce « Reinder » s'était ultérieurement perdu sur la côte nord de l'Alaska, pris par les glaces près de la Pointe Barrow en 1872, sans qu'il soit fait allusion à cette fusée-miracle. Cependant, elle dut avoir quelque succès dans les milieux baleiniers et son fabricant être débordé de commandes, car il demandait alors un délai de livraison de deux mois. La fusée-harpon de Lillienthal ne passa donc pas inaperçue et connut sans doute une certaine diffusion, malgré la préférence toujours marquée par les baleiniers américains pour le harpon à main et la lance traditionnels. Cela l'amena à susciter des imitateurs, et c'est ainsi que nous retrouvons, en 1881, un engin fort semblable, fabriqué par une firme californienne du nom de Suits & C°, sur lequel nous avons plus de détails. Cela avait toujours l'aspect d'un moderne engin antichar, mais celui-ci, non seulement. Fusée•harpon de Suits and C° (1881). L'explosion de l'obus libère une pièce mobile qui, se mettant en travers, assure l'ancrage dans les chairs du cétacé. GAZETTE DES ARMES N°188
Tête du harpon du canon de Sven Foyd dépassant de la bouche de la pièce. Un amarrage léger, embrassant la ligature maintenant les barbes du harpon rabattu et fixé sur une sorte de bouton près de la bouche de la pièce, maintient le harpon et lui évite de s'échapper dans les coups de tangage. L'obus explosif coiffe l'extrémité du harpon et a une pointe tranchante pour assurer une bonne pénétration. s'appuyait sur l'épaule du tireur, mais était aussi supporté à l'avant par un léger « chandelier « pivotant, prenant appui sur le pontage avant de l'embarcation, ce qui facilitait sa préhension. Quant à son masque protecteur, il était en métal plein, sans hublot, rabattu en temps ordinaire sur l'avant du tube et se redressant automatiquement au départ du coup (cela nous ferait un peu hésiter... des fois qu'il ne se relève pas). A part cela, c'est toujours un tube recevant un corps de fusée cylindrique, armé d'une pointe explosive et dépassant presque complètement à l'extérieur, prolongeant une hampe faite d'une barre de fer repliée se logeant dans le tube et à laquelle est fixée la ligne par une boucle coulissante. A l'extrémité de cette fusée est articulée une pièce de fer pivotante, maintenue dans l'axe au départ du coup par un petit obus de fonte la coiffant. Cet obus contient naturellement une petite charge de poudre noire, mise à feu par une capsule frappée à l'impact par une tige coulissante dépassant de sa pointe de forme pyramidale pour une meilleure pénétration. L'éclatement de l'obus libérant cette pièce pivotante, celle-ci se mettait alors en travers, assurant l'ancrage du harpon dans les chairs. Comme dans la plupart des autres systèmes, l'explosion de cet obus n'affectait pas le harpon-fusée que l'on pouvait indéfiniment réutiliser en y vissant un nouvel obus et en renouvelant sa charge propulsive, après l'avoir récupérée. En fait, il n'y avait là rien de bien neuf, si ce n'est que nous avons cette fois la chance d'une description détaillée de l'engin et de ses performances. L'auteur du compte rendu a fait plusieurs sorties le long de la Côte Californienne, au Nord de San Francisco, à bord d'un bateau armé de cette fusée-harpon et ainsi a pu la voir au travail. La force d'impact était énorme, car, au cours d'une de ces sorties, une « sulphur-bottom. de 25m, tirée de trop près, s'est trouvée complètement traversée et, en quelque sorte « enfilée. sur la ligne, l'obus ayant éclaté à l'extérieur, de l'autre côté. L'animal n'était ainsi que blessé et gardait une force suffisante pour pouvoir alors remorquer son agresseur, petit vapeur d'une quinzaine de mètres, pendant une grande partie de la journée. Jusqu'au soir où, la nuit tombant, on dut se résoudre à couper la ligne et abandonner baleine et harpon. Cet incident montre donc un projectile nettement plus puissant que celui des lance-harpon classiques, au sujet desquels on ne rapporte jamais de faits de ce genre. Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant dans cela, les fusées de guerre du milieu du XIXé atteignant alors des portées de plus de 1 500m, comme on le vit à Sébastopol, où certains engins de Ruggieri atteignaient jusqu'à 4 000m. Le port baleinier de Vadso, en Norvège, en 1884. Capture d'une baleine de 28 mètres. On voit le harpon fiché dans sa chair. Il s'agit en fait d'un baleinoptère, ce qu'indique son ventre plissé. Il a donc fallu le'gonfler " pour lui permettre de flotter, opération que permettaient les baleiniers I vapeur, équipés d'un compresseur à cet effet. Auparavant, avec les harpons à main, on ne s'attaquait pas I ces espèces qui, généralement, coulaient une fois mortes. Des essais de portée absolue de cette fusée lance-harpon arrivèrent à atteindre 80m, ce qui, tenant compte du fait que son poids et celui de la ligne que le missile entraînait représentaient une bonne centaine de kilos, donne une idée de sa puissance. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'une grosse baleine tirée à quelques mètres ait pu être traversée de part en part. Mais la portée pratique devait être bien au-dessous de ces 80 m pour conserver une précision suffisante, celleci étant très affectée par le poids de la ligne et la prise au vent qu'elle offrait. On ne devait guère pouvoir compter que sur une portée efficace de moins de 25, ou tout au plus 30 mètres, soit ce que l'on obtenait avec le canon Sven Foyd, qui était certainement plus précis. Cependant, cette IF, fusée-harpon restait un engin fort valable, avec, sur le canon Foyd dont elle est visiblement inspirée par la disposition de son obus, l'avantage d'un moindre encombrement, d'une plus grande légèreté, permettant de l'employer à bord d'une petite embarcation et surtout d'un prix de revient inférieur. Mais en revanche, le canon Foyd constituait un tout avec son petit vapeur porteur dont le tonnage, bien que faible, permettait un outillage complémentaire, dont en particulier un compresseur permettant d'injecter de l'air dans l'animal mort pour assurer la flottabilité indispensable à son remorquage, Le canon lance-harpon de Sven Foyd C'est entre 1860 et 1867, année où, après un certain nombre d'insuccès, Sven Foyd harponna avec lui sa première baleine, que fut enfin au point l'engin qui devait faire immédiatement passer au stade industriel une pêche jusque là artisanale. Sven Foyd, natif de Tônsberg, près d'Oslo, petit port qui allait par la suite fournir de nombreux spécialistes de la baleine, bien que celle-ci se soit toujours tenue loin de ses eaux, inventa non seulement l'engin, mais aussi une nouvelle méthode de pêche. Celle-ci, très différente de celles pratiquées jusque là, allait alors se révéler terriblement meurtrière. Nous en voyons les résultats aujourd'hui. Le canon de Sven Foyd est une petite pièce d'environ 1,20 m de longueur, montée sur une fourche pivotante, permettant un pointage instantané dans toutes les directions, à l'aide d'une longue queue- de pointage. Celle-ci porte la détente et la mise à feu se fait par une étoupille à percussion. Primitivement à chargement par la bouche, il fut, dans les années qui suivirent, muni d'une culasse mobile. Puis, un peu plus tard, on y ajouta un frein à ressort, amortissant le recul. Son tube coulissa alors dans un manchon, portant les tourillons reposant sur la fourche pivotante de l'affût. Enfin, un long tube servant à la visée fut placé sur le canon, remplaçant le guidon et la visière du modèle primitif. MM GAZETTE Des ARMES ri° 188•jf 69



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 1Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 2-3Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 4-5Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 6-7Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 8-9Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 10-11Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 12-13Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 14-15Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 16-17Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 18-19Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 20-21Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 22-23Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 24-25Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 26-27Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 28-29Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 30-31Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 32-33Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 34-35Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 36-37Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 38-39Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 40-41Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 42-43Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 44-45Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 46-47Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 48-49Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 50-51Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 52-53Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 54-55Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 56-57Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 58-59Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 60-61Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 62-63Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 64-65Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 66-67Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 68-69Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 70-71Gazette des Armes numéro 188 avril 1989 Page 72