Gazette des Armes n°188 avril 1989
Gazette des Armes n°188 avril 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°188 de avril 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 283) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 67,1 Mo

  • Dans ce numéro : antiterroristes vénézuéliens, les armes de la guerre sainte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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apposer le nom de Webley & Scott sur cette arme, refusée par l'armée britannique en 1903. A la même époque, W.J.Whiting qui appartient à la vieille maison anglaise depuis près de 20 ans, prend en main le dossier « Pistolet automatique » et développe de 1903 à 1906 une série de prototypes, qui vont donner naissance en 1912 à une arme de gros calibre, verrouillée par des cames inclinées. Ce pistolet puissant aux formes carrées est adopté par la Royal Navy le 19 mai 1914, sous le nom de Webley.455 MK1. L'année suivante, un modèle légèrement différent fait son apparition, le MK 1 n°2, adopté successivement par le Royal Horse Artillery et le Royal Flying Corps. Malgré un emploi limité dans les corps d'armée de sa très gracieuse majesté, les pistolets militaires Webley & Scott vont permettre de développer toute une gamme de pistolets automatiques civils, à l'allure très caractéristique. Les armes commerciales Les armes anglaises ont toujours eu un côté fonctionnel, dépourvu de fioritures. C'est le cas des revolvers Webley qui, malgré la diversité de la production, ont toujours gardé une certaine rigueur dans la fabrication. Il en est de même quelques années plus tard avec les pistolets automatiques, où l'esthétique est sacrifiée au profit de la fiabilité, de l'efficacité et d'un prix de revient aussi bas que possible face à la concurrence effrénée des armes belges dans ce domaine, bien implantées et vendues à des prix défiant toute concurrence. Le modèle 1904 en 38 ACP est encore une arme militaire construite sur la base du brevet N°3820. Projet avorté, il cède la place dans ce domaine aux modèles 1909 en 9 m/m Browning Long et 1910, 1913 en 38 ACP. Après de nombreux tests d'évaluation dans l'Europe entière, ces armes sans avenir sur le plan militaire seront diffusées sur le marché civil. Une petite quantité de pistolets Mle 1909 sera adoptée en 1920 par la police Sud-Africaine. En Angleterre, pendant ce temps, on cherche une arme à feu pour la police, dépourvue de ce type de matériel jusque là. L'échauffourée sanglante de Sydney Street qui a vu la mort de deux policiers, précipite la décision et en 1911, les polices londoniennes et métropolitaines reçoivent pour la première fois des pistolets automatiques. Ces armes livrées par Webley & Scott appartiennent au modèle 1906 en calibre 7,65 m/m. Elles sont munies d'un chien apparent et fonctionnent à culasse non calée. Deux ans plus tard, le Mle 1913 est à son tour utilisé par les forces de police en Grande-Bretagne. C'est la forme la plus achevée de cette arme, elle restera commercialisée jusqu'au début des années 40. Les armes de poche en 6,35 Avec l'avènement du Baby Browning et le développement du calibre 6,35 m/m, c'est une véritable lame de fond qui déferle sur l'armurerie au début du siècle. La mode de l'arme de poche déjà solidement implantée en Europe est renforcée par le côté attrayant de ces armes de petits calibres « véritables petits bijoux mécaniques », selon une expression largement répandue tout au long des catalogues de l'époque... De plus, les grandes affaires criminelles qui ont endeuillé l'Angleterre, telles que l'épopée sanglante de Jack l'Éventreur, ou l'épisode de « Tuggisme », plus ancien mais tout aussi présent dans les mémoires, ont sensibilisé la population urbaine aux problèmes de la défense individuelle. C'est dans ce contexte particulièrement prometteur qu'apparaît le premier Webley de poche en calibre 6,35, en 1906. Le modèle expérimental breveté par J. Carter en décembre 1906, est une création de W.J. Whiting à qui l'on doit par ailleurs la plupart des P.A. Webley & Scott. Le modèle de pré-série n'est pas encore une arme achevée, sur ce pistolet très simple et de faible encombrement, le retour de la culasse vers l'avant au départ du coup est assuré par un ressort récupérateur hélicoïdal, qui va disparaître sur le modèle de série. Par souci de standardisation, l'ensemble des pistolets Webley & Scott réservés au marché civil sera conçu désormais sur un schéma identique. En conformité avec le modèle 1906 en 7,65 m/m, qui va servir de référence. Présentation Difficile de ne pas faire un parallèle avec les revolvers de poche de la marque, face à un Webley & Scott 1906. L'arme a tout du Bulldog, formes ramassées, allure carrée et « museau court »... En fait, les petits pistolets automatiques produits par la firme de Birmingham ne ressemblent à rien de connu, si ce n'est aux pistolets Webley & Scott antérieurs I Avec un poids de 312 grammes pour une longueur de 114 mm, cette petite arme se place parmi les pistolets les plus compacts de sa géné- Le pontet déverrouille le système de démontage, l'arme se divise en quatre sous-ensembles : le canon, la carcasse, la glissière et le chargeur. Le pistolet automatique Webley & Scott cal. 6,35 CARACTERISTIQUES TECHNIQUES Fabricant : Webley 8i Scott Ltd Birmingham Modèle : 1906 Calibre :.25 ou 6,35 m/m Type de fonctionnement : culasse non calée Capacité : 6 coups Alimentation : boîtier-chargeur Longueur : 114 mm Longueur du canon : 54 mm Poids : 312 grammes Poids du magasin : 22 grammes Finition : bronzé noir, plaquettes de crosse en caoutchouc durci ou en noyer quadrillé Instruments de visée : néant Munition : 6,35 « Browning », chargée à 0,13 gramme de PSF pour un poids de balle de 3,10 grammes. A 18 mètres, l'ogive perfore 4 planches de sapin de 25 mm d'épaisseur, placées l'une derrière l'autre à 25 mm d'intervalle. 50 GAZETTE DES ARMES no 188
CARTR Guns,• e v0.1 Militaryrting and Match Ri ERED Fr TED ration. Ici, rien de superflu, juste le nécessaire. La sécurité est assurée par un petit levier logé dans une découpe de la plaquette de crosse gauche. Lorsque le corps du levier rabattu vers le haut cache le mot « Safe », sûreté en anglais, l'arme est prête à tirer. Dans le cas contraire, lorsque ce même mot est visible et que le levier est au repos au creux de l'échancrure de la plaquette de crosse, l'arme est à la sûreté. Le pistolet est constitué de 33 pièces au total, divisées en 4 sous-ensembles : la carcasse, la culasse mobile, le canon et le magasin. Les trois premiers sont usinés dans la masse, alors que le chargeur est construit en tôle d'acier pliée. L'ensemble est joliment bronzé et l'acheteur peut recevoir au choix son arme avec des plaquettes de crosse en caoutchouc durci, ou en noyer quadrillé. Le pistolet fonctionne à culasse non calée et un chien apparent assure la percussion. La culasse mobile épouse la forme d'un U renversé et vient coiffer le canon dont elle ne laisse dépasser que l'extrémité antérieure. La fenêtre d'éjection est taillée sur la droite de la glissière, à l'aplombde la queue de détente. La griffe de l'extracteur placée juste en arrière vient saisir le culot de la douille au ras de la tranche postérieure du canon, que l'on aperçoit par la fenêtre d'éjection. La glissière porte les rainures de guidage de la culasse mobile. La platine est logée dans la poignée, protégée par les plaquettes de crosse, liées chacune à la poignée par une vis placée au centre. Le chien en forme de L inversé est coiffé par une crête arrondie et crantée, alors que le verrou de chargeur, figuré par un simple petit bouton, est disposé sous la poignée en arrière du talon du chargeur. Le canon ne mesure que 54 mm, ce qui explique l'absence d'instruments de visée, qui ne seraient que pure hypocrisie sur une arme de ce type. Notre petit 6,35 porte les marques de la firme, une balle ailée en avant des stries de préhension, le mot « Safe » en travers de la glissière à l'aplombdu levier de sûreté et au-dessus du pontet sur 3 lignes : Webley & Scott Ltd London & Birmingham 6.35 m/m Automatic Pistol Le numéro de série est frappé sous le chien, à gauche, sur le busc de la poignée. R Manipulation Pour charger le pistolet, retirer le chargeur et introduire successivement les 6 cartouches qu'il peut contenir. Replacer le chargeur dans la poignée, tirer la culasse en arrière sur toute la longueur du rail de guidage et lâcher vivement, ce qui a pour effet d'introduire la première cartouche dans la chambre. Elever ensuite le levier de sûreté afin qu'il puisse recouvrir le mot « Safe », l'arme est prête à tirer. Lorsque la détente est pressée, la cartouche contenue dans la chambre est percutée. La douille vide est alors éjectée alors qu'une nouvelle cartouche est introduite dans la chambre. Il en va de même à chaque fois, jusqu'à épuisement complet des munitions contenues dans le chargeur. Démontage Pour éviter tout accident, s'assurer que l'arme est bien déchargée avant toute opération de démontage. Simple et rapide, le démontage sommaire permet de séparer les 4 sous-ensembles qui constituent le Webley & Scott. Abaisser tout d'abord le levier de sûreté jusqu'à ce que la mention « Safe » soit apparente, et que le levier soit placé dans son logement au creux de la plaquette de crosse. Retirer le chargeur en appuyant sur le bouton placé sous la crosse, puis tenir fermement le pistolet d'une main, tandis qu'avec l'index de l'autre main engagé dans le pontet, l'on tire la branche antérieure vers la bouche du canon, jusqu'à ce qu'elle se libère de son point d'ancrage. Toute la partie supérieure du pistolet glisse alors vers l'avant et il ne reste plus qu'à séparer le canon de la glissière. Pour remonter le pistolet, replacer le canon dans la glissière, puis aligner cette dernière sur la carcasse en la repoussant vers l'arrière, le long des rainures de guidage. Lorsque l'ensemble des pièces est à sa place, rabattre le pontet sur l'arrière et exercer une Détails des marquages de la glissière. pression pour qu'il s'engage dans son logement. Le pistolet ne peut fonctionner correctement que si la sous-garde est parfaitement replacée dans sa position initiale. Les variantes Par souci d'économie et de simplicité, les petits Webley & Scott en 6.35 subissent une nouvelle évolution trois ans après leur création. Les brevets N°20 367 et 23 564 protègent un nouveau pistolet de poche à chien interne, où le ressort en V qui assurait le retour de la glissière vers l'avant sur le modèle antérieur, disparaît au profit de deux petits ressorts hélicoïdaux placés dans la glissière, de part et d'autre du percuteur. Plus court encore que le premier modèle, le Webley & Scott 1909 reçoit une culasse mobile redessinée, où la fenêtre d'éjection latérale fait place à une large découpe, qui dégage le canon au-dessus du pontet. Sur cette arme apparaissent des instruments de visée très rudimentaires, aussi peu élégants qu'inutiles. A la suite de contacts commerciaux pris par Whiting avec la firme Harrington & Richardson de Worcester aux Etats-Unis, la Webley & Scott Limited de Birmingham cède les droits d'exploitation de ses brevets de 1907 et 1909 pour l'Amérique à Harrington & Richardson Arms C°, qui va commercialiser sous sa marque, dès 1912, le petit Webley 1909. 20 000 armes seront alors produites, avant que la fabrication ne s'interrompe au décours de la première guerre mondiale. Sur les armes fabriquées aux Etats-Unis, l'échancrure de la glissière ne se dévoile que lorsque la culasse mobile entame son mouvement vers l'arrière. Ces armes sont dépourvues d'instruments de visée et portent sur le pan latéral gauche de la glissière : H & R Self-Loading Caliber 25 Le marquage de la sécurité et le numéro de série occupent les mêmes places que sur le pistolet britannique. Les plaquettes de crosse portent en surcharge le monogramme H & R et l'on peut lire à droite de la glissière : Harrington & Richardson Arms C° Worcester Massachusetts U.S.A. Pat Aug 20. 1907. April 18. 1909. Conclusion Largement diffusé dans les années 10, le petit Webley & Scott 1906 fait les beaux jours des armuriers et des revendeurs d'armes. On le rencontre sur la plupart des catalogues de l'époque, présenté comme un concurrent sérieux et original de la production belge, menée tambour battant par le Baby Browning. Il tient vigoureusement la comparaison pendant une dizaine d'années, avant de céder peu à peu du terrain, pour disparaitre définitivement au début de la seconde guerre mondiale. En France, cette arme très « British », connaît une grande diffusion. Au-delà des catalogues de vente par correspondance, on la rencontre dans les plus grandes armuréries parisiennes ainsi que dans les petites boutiques de province et de banlieue, où elle fait figure d'arme de luxe. ■ GAZETTE DES ARMES N. 188 51



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