Gazette des Armes n°188 avril 1989
Gazette des Armes n°188 avril 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°188 de avril 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 283) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 67,1 Mo

  • Dans ce numéro : antiterroristes vénézuéliens, les armes de la guerre sainte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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riaux employés sont de bonne qualité. Par contre, certaines pièces monobloc forgées sur le modèle réglementaire se transforment en pièces assemblées par soudure sur le matériel civil. De méme, la qualité de l'acier employé pour les différentes pièces du mécanisme est sélectionnée en fonction de la contrainte demandée à chaque pièce. On nous a également signalé un intéressant modèle 1887 à percuteur tournant permettant le tir indifférent de la cartouche à percussion centrale de 8 mm ou de la cartouche de 32 percussion annulaire. Cette arme, d'origine stéphanoise, a été modifiée en son temps par l'armurier douillet & Blanchard. Le percuteur tenu par une simple goupille peut être retourné : en position basse, il fait percussion centrale ; en position haute, il fait percussion annulaire. Il y a peu de réelles variantes de revolver modèle 1887. A l'exception des marquages, la plupart des armes observées sont identiques et proviennent apparemment du méme manufacturier : certainement Manufrance. Les variantes de finition, gravures sur carcasse ou sur plaquettes de crosse, sont des personnalisations individuelles effectuées à la demande du client. Les pièces des modèles civils ne sont absolument pas interchangeables avec celles des modèles réglementaires, ce qui dément la légende voulant que ces armes aient pu être produites à partir de stocks de pièces de rebut de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne. Le modèle 1892 En 1889, une nouveauté va faire son apparition chez la firme américaine Colt. Il s'agit du barillet monté sur fléau et basculant latéralement. A cette invention est associé un système d'extraction collectif des douilles. Cette nouveauté présente un incontestable progrès qui va motiver la remise en cause du revolver modèle 1887, Les ingénieurs français de l'armement vont alors créer un nouveau revolver qui sera adopté comme réglementaire, sous la dénomination de modèle 1892 Cette arme n'est en fait qu'un dérivé perfectionné du modèle 1887 dont on a conservé la ligne générale en y ajoutant un barillet basculant à extracteur collectif. Le mécanisme est simplifié et n'est plus constitué que de cinq pièces principales alors que le modèle 1887 en comportait sept. Aussitôt, les manufactures civiles vont démarrer la fabrication de copies de ce nouveau revolver. La production commença à Saint-Etienne. La Manufacture proposa cette arme sous la dénomination de nou- veau modèle réglementaire calibre 8 mm conjointement à son modèle 1874. Pendant encore quelques années, la Manufacture va vendre ses fonds de stock de modèle 1887 en le faisant passer pour une variante à barillet fixe. Le modèle 1892 rencontrant un grand succès, les armuriers français vont une fois de plus faire appel à la sous-traitance belge. On verra donc apparaitre sur le marché des copies assez conformes de ce revolver, mais avec les poinçons d'épreuve de Liège. La production française, dans son ensemble, ne souffre pas de critiques et les matériaux employés sont généralement de qualité voisine de celle utilisée par les arsenaux. La production est d'une qualité d'acier moins résistante mais largement suffisante pour ce type d'arme. Dans les catalogues du début du Siècle, le prix de ces armes varie entre 43 et 51 F selon l'origine et la finition. Les variantes du modèle 1892 Les variantes des copies du revolver réglementaire modèle 1892 ne sont pas aussi nombreuses que celles imitant le modèle 1874, On distingue deux origines : les armes de fabrication française et, bien évidemment, celles de fabrication belge. Les copies françaises sont conformes au modèle réglementaire. La facture en est excellente et ne diffère que par une portière de chargement au dessin plus massif, des entailles de barillet plus Un 1887 civil fabriqué par Manufrance. rapprochées et parfois l'absence de galet sur le ressort principal. Généralement, les pièces constituantes du mécanisme portent un même numéro. Les poinçons de Saint-Etienne sont frappés sur le canon et sur le barillet. S'il y a un marquage commercial d'armurier, il peut se trouver, soit sur le pan supérieur du canon, soit sur la barette de la carcasse. Les copies belges peuvent être plus ou moins conformes au modèle réglementaire. Les différences n'interviennent que sur des points de détails, par exemple : un autre type d'anneau de calotte ou une embase de guidon en forme d'enclume. Les armes belges 28 GAZETTE DES ARMES ri'188
sont identifiables par le poinçon d'épreuve de Liège. Certains manufacturiers français, comme Manufrance, ont acheté d'importants stocks d'armes belges sur lesquelles ils ont simplement apposé l'inscription St-Etienne en lettres rondes sur la plaque de pontet. Ce qui n'empêchait pas Manufrance d'affirmer, dans son catalogue, que ces armes étaient de fabrication française. Ces mêmes armes, d'origine belge, se rencontrent également dans le catalogue Alfa où elles sont proposées pour 30 Marks, au choix avec chambrage de la munition française de 8 mm ou avec le chambrage de la 7,62 Nagant. Un lot de ces revolvers belges désignés comme système St-Etienne a été vendu, en 1896, à l'Armée roumaine alors en guerre avec son voisin l'Autriche- Hongrie. Ces armes chambraient le 8 mm mais l'on ignore s'il s'agit de la munition française ou du 8 mm Gasser, alors très répandu dans ces régions. Qu'il s'agisse d'armes de fabrication française ou belge, les variantes sont les mêmes. Mécaniquement, les différences concernent le principe d'ouverture de la plaque de mécanisme qui peut être à vis ou à clé. Les variantes de finition se limitent essentiellement à l'essence du bois des plaquettes de crosse. Un dérivé du modèle 1892 Au début du Siècle, les concours de tir au revol- GAZETTE DES ARMES fi° 188 ver réglementaire étaient un sport très prisé mais onéreux de par le prix des cartouches de 8 mm. Pour pallier à cet inconvénient, la Société Manufrance va proposer un revolver dénommé Réglementaire Stand Il s'agit d'une arme ayant l'aspect du modèle 1892 mais chambrant une munition bon marché : le 6 mm à percussion annulaire double culot plus connue comme 6 mm Nationale. Ce revolver à un barillet fixe à 12 coups, l'extracteur est du type à collier monté sur une carcasse monobloc. Le mécanisme, très simplifié, n'a aucun lien avec celui du modèle 1892. La fabrication est d'origine belge et de qualité médiocre. Vendue au même prix que le modèle de base, cette arme ne connaîtra que peu de succès. Détail d'un système de blocage original du collier de l'éjecteur. La munition Les copies civiles des revolvers modèles 1887 et 1892 tirent la même munition que leurs homologues réglementaires. Il s'agit d'une cartouche composée d'une ogive de calibre 8 mm et d'un étui laiton à bourrelet. Etudiée vers 1885, cette munition est plus communément connue sous la dénomination de 8 mm 1892. La charge d'origine était de 0,75 g de poudre noire. La fabrication de cette munition ne s'est pas limitée aux seuls usages militaires, la S.F.M. produira cette même munition pour le marché civil. Si d'aventure vous êtes tenté de faire revivre votre 1887 ou votre 1892, il est conseillé d'être très prudent et de ne tirer que des cartouches chargées à la poudre noire. Compte-tenu des matériaux employés à l'époque, il n'est pas concevable que ces armes résistent aux pressions des poudres pyroxylées. De même, il est préférable d'employer des ogives en plomb. En aucun cas, il ne faut employer les munitions d'époque dont les poudres se modifient chimiquement ou se coagulent avec le temps, risquant de provoquer des réactions inattendues. La prise en coupe des barillets de 1892 montre des diamètres différents. Points de législation Les revolvers modèles 1887 et 1892 ne sont pas classés dans la même catégorie. Depuis le décret du 10 février 1986, le modèle 1887 a été déclassé en 8e catégorie. Il s'agit donc d'une pièce de collection libre à la vente. Mais le modèle 1892 reste, quant à lui, classé en 4e catégorie et soumis à autorisation préfectorale selon la procédure habituelle. Ceci est apparemment curieux tant les deux armes sont voisines. Très certainement, le législateur a été sensible à la relative rareté du modèle 1887, bien que ce seul argument paraisse désuet au vue des critères de sécurité généralement retenus pour le classement des armes. Il reste à souhaiter que le modèle 1892 finisse par être également déclassé en 8e catégorie. Les copies civiles de ces armes sont normalement classées dans la même caté- Un 1887 commercial dont le manufacturier est inconnu, peut-être une pièce artisanale (Col. MAS). 29



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