Gazette des Armes n°188 avril 1989
Gazette des Armes n°188 avril 1989
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°188 de avril 1989

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 283) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 67,1 Mo

  • Dans ce numéro : antiterroristes vénézuéliens, les armes de la guerre sainte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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En juillet 1884, Garrigues récidive et commet un petit fusil de bois, tôle et fonte à culasse fonctionnelle. Ce fusil peut recevoir une épéebaïonnette de fonte malléable. Les deux derniers brevets sont de Huc, en novembre 1884, pour un fusil « perfectionné Den bois, mais avec un système de détente percutant assez compliqué, et destiné à marquer, par le choc d'un levier sur une tôle, le bruit du coup de feu. Le canon porte sur le côté droit un crochet destiné à former les faisceaux. Il semble que le système de percussion soit un précurseur de celui de nombre de pistolets automatiques qui commencent à apparaitre sur le marché. En fait, c'est celui du célèbre Ruby, avec un marteau massif qui frappe sur l'extrémité du percuteur. Enfin, nous en arrivons au brevet Chalons, d'avril 1886, qui semble une copie pure et simple de plusieurs systèmes antérieurs que Chalons espère capter à grands coups de « je réserve... je revendique... etc,. La planche d'illustrations théoriquement prévue jointe au brevet manque. Sans intérêt Marques d'appartenance des « Gras scolaires », h gauche Sedan, à droite Paris ; ce dernier fusil semble avoir reçu d'autres attributions si l'on en juge par la surcharge de numéros. Quelques fusils scolaires Après un peu plus d'un siècle, que reste-t-il de tous ces fusils scolaires si précautionneusement décrits en leur temps ? Peu de choses, parmi lesquelles Andreux, encore lui, se taille la part du lion. Part d'autant plus importante que, sous d'autres signatures, et notamment celle d'Huart, on peut rencontrer nombre de fusils scolaires dérivés des brevets Andreux. Paradoxalement, on peut trouver sous la marque Andreux, un certain nombre de variantes de fusils qui sont très éloignés de ses propres brevets cités plus haut. Pour illustrer cette partie de notre étude, nous avons retrouvé trois fusils Andreux, un Combler et un Garrigues, fusils que nous comparerons à un fusil réduit fabriqué en Manufacture et destiné, selon les termes du décret, à assurer l'entrainement au tir des élèves plus âgés. Le fusil Combier Il s'agit d'une arme totalement en bois hormis ses garnitures figurées par de la tôle. A la taille près, il est semblable au fusil Gras et mesure 112,5 centimètres de long avec un canon fait d'une baguette ronde de 18,6 millimètres de dia- mètre, long de 68,7 centimètres. Celui-ci est collé dans une gouttière creusée sur le dessus du fût et les garnitures, embouchoir et grenadière, en tôle avons-nous déjà dit, sont cloués sur le fut à leur place logique mais n'enserrent pas le canon. Il est prolongé en arrière par une culasse mobile, elle aussi en bois, longue de 17,7 centimètres ; sa partie arrière est taillée pour figurer le chien. Sous cette culasse se trouve un ressort en corde à piano qui sert à la maintenir plaquée contre deux pontets de tôle cloués figurant la boite de culasse et donc l'empêche de bouger inopinément. Un levier tourné dans un bois plus dur est collé sur son côté droit et sert à la manoeuvrer. Les appareils de visée sont figurés par, à l'avant du canon, le crochet de faisceaux métalliques planté en plein bois et, à l'arrière, la hausse, simple plaque percée d'un oeilleton en coeur, plantée près de la culasse. Le pontet est fait d'une feuille de tôle mise en forme et la queue de détente d'un bout de fer, arrondi à l'une de ses extrémités, planté en plein bois. Il n'y a ni battants de bretelle, ni plaque de couche, ni tenon de baïonnette. Les parties figurant des pièces métalliques sont peintes en noir sauf la culasse mobile qui retient quelques traces de peinture argentée. Le bois, d'une essence assez tendre, est laissé naturel, les années n'ont pas empêché l'action des parasites et les trous de vers sont très nombreux, fragilisant l'arme. Sur le côté droit de la crosse se trouve un clou de laiton et la trace d'une plaque métallique qui a disparu, sur laquelle étaient vraisemblablement marqués la raison sociale, le numéro de brevet et le traditionnel « SGDG » (abréviation de Sans Garantie du Gouvernement). Sur l'autre joue de crosse, poinçonné en deux lignes, est écrit Combier Valence Ce fusil correspond assez exactement au brevet du 29 mars 1883.11 est assez rare de le trouver, d'une part en raison du manque de résistance du bois aux parasites et, d'autre part, étant par nature peu dangereux, les exemplaires stockés dans les écoles ou les mairies ont le plus souvent terminé leur vie comme jouets dans les mains des charmants bambins et ont ainsi été détruits. Le fusil Garrigues Là aussi nous sommes en présence d'une arme correspondant bien au brevet d'origine, déposé le 31 mars 1883 par Victor Garrigues de Toulouse. Bien que moins rare que le précédent, ce fusil ne court pas les bourses, car lui aussi présente une certaine fragilité de par sa méthode de construction. Le canon est formé de trois parties : le bout en fonte creuse moulée qui dépasse du fût et est fixé au bois par une vis cachée sous l'embouchoir. Sur le dessus est figuré un guidon en grain d'orge et sur le côté droit est un tenon de baïonnette. La partie médiane est une pièce de tôle en demi-cercle qui figure l'arrondi du canon. Cette partie va jusqu'à la grenadière et se trouve maintenue par les deux garnitures. La partie postérieure, également en demi-canon, est en fonte moulée et va jusqu'à la culasse. Sur le dessus, 16 GAZETTE DES ARMES N°188
elle porte un pied de hausse à laquelle est fixée une planchette, modèle réduit de celle du Chassepot ; il ne manque même pas le curseur. Le ressort de hausse, assez faible il faut bien l'avouer, est maintenu par une vis qui sert aussi à fixer au bois cette partie du canon. Enfin, on rencontre un boîtier de culasse, maintenu par deux vis, dans lequel coulisse une culasse mobile. Celleci est faite de trois pièces, plus le ressort, assemblés par la rivure du percuteur au chien. Elle est retenue dans son logement du boîtier de culasse par une vis latérale sur le pan postérieur droit, comme sur le fusil Gras. Le système de percussion est fonctionnel, et l'on trouve même au fond du tonnerre une enclume métallique plantée dans le bois qui semble destinée à recevoir une « fausse cartouche » portant une amorce du style des amorces papiers des pistolets de notre enfance. Les garnitures sont en fonte moulée ainsi que la plaque de couche, la boite de culasse et le pontet. La détente est semblable à celle du fusil Gras, fixée sous la culasse par le pied de son ressort. Toutes les pièces métalliques sont recouvertes d'un étamage qui a assuré une bonne protection contre la rouille. Les marquages sont très nombreux sur cette arme. C'est ainsi que l'on trouve sur la joue droite de la crosse, une plaque ronde de laiton, encastrée et clouée, portant, inscrite en relief « Vor GARRIGUES Bte S.G.D.G., TOU- LOUSE DOCKS,...campement ». La boite de culasse est gravée, brute de fonte, sur le pan gauche « QUAND MEME 1870 18.. », inscription que l'on retrouve sur nombre de médailles de sociétés de tir des années 1880. Le pan supérieur porte une imitation des poinçons de St- Etiénne, palmettes et poinçons circulaires. Enfin le pan droit, de part et d'autre de l'échancrure de culasse, est marqué « BSGDG » et « V. GARRI- GUES ». Ces marquages ne se retrouvent d'ailleurs pas sur tous les fusils Garrigues, dont certains sont de fabrication plus simplifiée avec canon en bois. Gros plan sur la culasse du « Chassepot » d'Andreux. On voit nettement, dans la boîte de culasse, la cheminée destinée au tir d'une balle de cire, la hausse, simple cran de mire sur le tonnerre et surtout l'aspect simplifié de la boite de culasse, simple tube usiné, et de la culasse mobile, proche de celle du fusil Mie 1866, mais avec toutefois sa rampe hélicoïdale pour l'armement en un temps. La plaque de couche, grossièrement clouée au bois, est marquée, là aussi brute de fonte, sur trois lignes « Vor GARRIGUES, INVENTEUR, TOU- LOUSE ». L'embouchoir est maintenu par un ergot sous l'extrémité du canon ; la grenadière, qui devait probablement porter une vis avec battant de bretelle, est maintenant fixée par une vis à bois à tête ronde ; la trace d'un battant de crosse est encore visible sur le bois. Le fusil portait une petite baguette simplement figurative, probablement simple clou enfoncé en plein bois, qui manque sur notre exemplaire. Le fusil mesure 110,5 centimètres de longueur totale, avec un canon de 66,2 centimètres, mais ces dimensions ne sont que celles de notre arme, car elles varient d'un fusil Garrigues à l'autre selon le type de fabrication. Disons tout au plus que ces armes sont légèrement plus petites que le fusil Combier. Les fusils Andreux Avec ce type d'arme fabriqué au nord de la Loire, nous sommes en présence de quelque chose de plus sérieux, de meilleure fabrication. Il s'agit d'un type de fusil scolaire que l'on rencontre assez fréquemment, sous diverses signatures, et qui peut être considéré comme l'archétype du fusil des bataillons scolaires. Le premier de ces fusils Andreux est un Chassepot scolaire et peut, même si sa culasse est à armement en un temps avec rampe hélicoïdale, être daté de 1873 ou 74.11 mesure 114 centimè- tres, avec un canon de 66 centimètres pour un diamètre externe de 16,5 millimètres. Ce canon est fait d'une feuille de tôle d'acier roulée et brasée, portant à son extrémité un guidon massif et, sur le côté, un tenon de baïonnette avec bande directrice. Il n'y a pas de tenon secondaire sur l'autre côté du canon. Un simple cran de mire est fixé sur le dessus du tonnerre, de section cylindrique ainsi que le reste de la boîte de culasse. A l'intérieur de cette boite, fermant le canon au tonnerre, est vissée une longue cheminée d'une taille permettant l'emploi des amorces de chasse cannelées, d'usage encore courant à l'époque pour permettre le tir d'une balle d'argile ou de cire. La culasse mobile n'a pas de tête, celle-ci étant remplacée par l'extrémité du cylindre qui vient coiffer la cheminée, et ainsi éviter les projections de fragments d'amorce. Le corps de verrou a un pied de levier massif qui s'étend sur toute la partie libre de la boite. Le chien, dont le relief n'est que figuré, porte en dessous les trois encoches de sûreté du fusil Chassepot. Le percuteur, rivé au chien, n'est pas démontable. Sa partie antérieure, en forme de masselotte, reçoit une vis en laiton destinée à la percussion et ainsi évite de détériorer trop vite la cheminée, les tir « à sec » ne devant pas être rares. A la différence des fusils Gras, cette culasse mobile n'est retenue dans son boîtier que par la gâchette et non par une vis sur le pan arrière droit. Pour la libérer, il suffit d'appuyer sur la détente, comme cela se pratique sur certaines carabines et sur le MAS 36 par exemple. Le canon est fixé au bois par une vis à l'arrière de la boîte de culasse et les deux garnitures classiques, l'embouchoir vissé sur le côté et la grenadière tenue au bois par simple friction. En plus de cette fixation habituelle, un tenon, brasé sous le canon, sert à maintenir une goupille traversant le bois un peu en arrière de la grenadière. L'arme porte deux battants en fer plat, l'un fixé sur la crosse et l'autre rivé à la grenadière. Pontet et plaque de couche sont massifs et semblables à ceux du Chassepot, ainsi que le mécanisme de détente. Sur le plat droit de la crosse, on retrouve frappé en deux lignes « ANDREUX Bte Paris », bien que cette arme ne semble dériver d'aucun des brevets Andreux que nous avons pu trouver, mais peut-être y a-t-il eu des disparitions dans les archives. Plus bas se trouve marqué ECV 2 que nous nous plaisons à traduire par Ecole communale de Versailles, capitale administrative de la France en 1871, et d'où est parti le mouvement d'éducation militaire à l'école, le chiffre 2 indiquant la deuxième arme répertoriée dans cette école. Les deux autres fusils Andreux que nous allons décrire sont suffisamment proches l'un de l'autre pour pouvoir être regroupés dans leur description. Le premier est frappé sur la joue droite de crosse « Bon Scolaire Paris » et porte le numéro trois, l'autre est marqué « SEDAN » et porte le numéro 24. Les deux armes portent, inscrit sur l'autre joue de crosse, « ANDREUX BSGDG PARIS », dans un cercle. Le fusil numéro 3 mesure 113 centimètres pour GAZETTE DES ARMES D'188 17



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