Gazette des Armes n°126 février 1984
Gazette des Armes n°126 février 1984
  • Prix facial : 17 F

  • Parution : n°126 de février 1984

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 293) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 57,9 Mo

  • Dans ce numéro : camouflée sur un terrain enneigé, une équipe « Milan » qui appartient à la section antichar de la C.E.A. du 6e B.C.A. Figurent le caporal chef Marinier, chef de pièce, le chasseur Sainglin, tireur missile.et le chasseur Ramon, conducteur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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24 du 4 janvier 1872, le président suggère que : "Les canons à balles, dont le tir n'est connu que très imparfaitement, pourraient aussi être fort utilement expérimentés sur la plage de Calais". Il était bien temps ! Mais la mitrailleuse n'en fut pas réhabilitée pour autant : "dans sa séance du 8 juin 1874, le Comité se prononce par 4 voix sur 6, contre l'emploi, en principe, des canons à balles dans le service de l'artillerie aux armées. On ne les admettra, provisoirement, dans quelques batteries de corps, qu'en attendant de pouvoir les remplacer par des canons ordinaires. On les admet, par contre, dans les places, en demandant à Bourges le modèle que la commission trouverait préférable parmi ceux, français ou étrangers Rarissime photographie d'une mitrailleuse de Puteaux modèle 1905 en position de tir contre aéronefs : On distingue nettement les ailettes du canon et le manchon caractéristique de récupération des gaz avec son curieux ressort récupérateur. Noter que le document a été reproduit inversé : l'introduction des bandes rigides de 25 cartouches se faisant sur le côté gauche de l'arme. Le cliché a été pris durant la Première Guerre mondiale. (Photo E.C.P. Armées.) (Palmcrantz, Hotchkiss, Gatling), qu'elle a essayés. A la séance du 16 août suivant, après examen du rapport de Bourges, le comité se borne à proposer de faire étudier quelques améliorations au canon à balles de Reffye de 13 mm". (Cité par le général Challéat. "Histoire technique de l'Artillerie de Terre en France". Tl) Citons pourtant deux rapports objectifs sur la mitrailleuse faits au lendemain immédiat de la défaite. Le premier est une dépêche du 28 juin 1871 : "Le canon balles a été trouvé de bonne efficacité ; mais il a donné lieu à des incidents de tir, le mettant momentanément hors de service". Le second fait état d'essais comparatifs envisagés le 30 novembre 1871 entre les mitrailleuses Gatling, de 10 et 25 mm, le canon à balles de Reffye et les "mitrailleurs" Christophe-Montigny de 11 et 13 mm. Malheureusement, l'affaire en resta là et les résultats des essais ne donnèrent lieu à aucune suite. Entre 1877 et 1879, le destin de la mitrailleuse semble scellé en France ; l'arme est juste bonne à flanquer les fossés des places fortes, elle est inutilisable dans sa version tirant des cartouches d'infanterie ; on lui préférera le nouveau canon-revolver Hotchkiss de 40 mm. Les canons balles rescapés du conflit franco-allemand furent en conséquence conservés dans les places et, ironie du sort, mis à la réforme seulement en 1907 lorsque les approvisionnements en munitions fabriquées sous le Second Empire furent reconnus endommagés par l'humidité et inutilisables. 1880-1890, dix ans de stagnation Dix années passèrent seulement marquées par l'essai à Versailles, Calais et dans quelques régiments de cavalerie de mitrailleuses de fabrication étrangère. Mais les comptes rendus ne formulent aucune conclusion et ne font que constater que seules les mitrailleuses Gardner, Gatling, Nordenfelt et Maxim ont survécu aux essais. Toutes ces armes étaient à action manuelle. Trois types de mitrailleuses Gardner furent mises à l'épreuve, les modèles à 1, 2 et 5 canons, pesant entre 45 et 120 kg et tirant à la distance maximale de 1 800 mètres avec une cadence de 200 à 300 coups minute. Le 3 janvier 1889, le Comité émettait un avis qui devait par la suite se révéler lourd de conséquences : "Une mitrailleuse pesant 50 kg avec son affût ne peut convenir qu'en tant que matériel de siège". Il faut croire que le souvenir de Mitrailleuse modèle 1907 contre avions : AfiVt de fortune composé d'une roue de charette montée sur un tonneau. Photo prise en 1914-15.
la déception causée par l'emploi irrationnel du canon à balles obnubilait encore les anciens de 70. 1890, 1900, l'avènement de la mitrailleuse automatique Cette décennie devait se révéler beaucoup plus riche que la précédente bien qu'aucune décision ne fut encore prise. Mais la mitrailleuse attirait à nouveau les regards de nos spécialistes ; c'est ainsi que le chef-armurier Rossignol présenta une mitrailleuse à 9 canons de son invention et que les Ateliers de Puteaux mirent aux essais une mitrailleuse à 5 puis 7 canons. Ces armes étaient encore à fonctionnement manuel, mais quatre inventions étrangères d'armes automatiques fonctionnant pour la première fois par la force du recul, au départ du coup furent examinées avec intérêt : ce furent les mitrailleuses à un seul canon de Maxim, de Nordenfelt, de Browning et du baron autrichien Odkolek ; cette dernière, mise au point et fabriquée par les établissements français Hotchkiss à partir de 1895. Les essais eurent lieu à Versailles, à Calais et, fait nouveau, dans les Alpes. Ils se Mitrailleuse Modèle 1907 : L'équipe des 6 mitrailleurs posant pour la postérité vers 1915. Un remarquable document. Noter la très belle boite à alvéoles contenant les outils nécessaires au démontage de l'arme et à son entretien. (Photo E.C.P. Armées.) révélèrent favorables à la mitrailleuse Hotchkiss qui fut particulièrement appréciée en 1897 par le Comité d'Artillerie et décrite en ces termes le 9 mars 1898 : "L'arme est à un canon fixe avec prise de gaz vers son milieu actionnant un piston-moteur à rassort antagoniste, elle pèse moins de 40 kg avec son affût et est supérieure en légèreté, en simplicité et en rusticité à la mitrailleuse de Puteaux à 7 canons". Nous avions là l'occasion inespérée de prendre une décision d'adoption de principe. Hélas ! le spectre du malheureux canon à balles était toujours présent et c'est une décision d'atermoiement qui fut encore prise le 21 octobre 1899 par le Comité d'Artillerie : "En cas de besoin urgent, la mitrailleuse Hotchkiss pourrait être mise en service". Heureusement avec le XXe siècle arrive la relève des anciens de 1870 ; les yeux se dessillent et l'étude des rapports sur l'efficacité au combat des mitrailleuses automatiques entre les mains des Russes, des Américains, des Anglais et des Boers vont très vite montrer du doigt notre imprévision. Mais nous devrons alors faire face à un nouvel ennemi, encore plus pernicieux peut-être que l'erreur de jugement : le perfectionnisme allié à l'inertie engendrée par la guerre des bureaux. Ateliers de Puteaux contre Hotchkiss C'est la lutte du pot de fer contre le pot de terre. On sait que les militaires n'aiment pas beaucoup que les civils se me- lent de leurs affaires surtout lorsque celles-ci touchent à la technique. Or Hotchkiss est une firme privée et l'inventeur de sa mitrailleuse un étranger. Comment penser que nos polytechniciens de l'Artillerie ne seraient pas capables de mieux faire ? C'est pourquoi, bien que faisant l'objet d'un "Règlement provisoire de manoeuvre", en 1900 la mitrailleuse Hotchkiss n'est pas adoptée. En dépit d'essais dans la troupe qui se révèlent particulièrement probants, notamment en 1901 dans deux bataillons de chasseurs et en 1903 et 1904 dans la cavalerie, on fait traîner les choses en longueur parce que l'on a décidé d'étudier une arme na-'tionale plus élaborée dans les ateliers de l'Etat, à Puteaux ; celle-ci devrait être au point pour 1905, mais tel n'est pas le cas alors que le 6 septembre de la même année, la mitrailleuse Hotchkiss est considérée comme "au point en ligne générale" et susceptible d'une adoption et d'une mise en fabrication immédiate. On reconnaît que, "dans les études de la mitrailleuse de Puteaux, des problèmes ele détails restent en suspens pouvant entraîner de longs délais". En désespoir de cause, le Comité propose de doter provisoirement les bataillons de chasseurs de mitrailleuses Hotchkiss sur affût du capitaine Filloux de 1902 provenant de la fonderie de Bourges. Mais le temps passe, et nous attendons toujours notre mitrailleuse nationale. (à suivre) 25



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