Gazette des Armes n°118 juin 1983
Gazette des Armes n°118 juin 1983
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°118 de juin 1983

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 293) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 70,5 Mo

  • Dans ce numéro : pistolet automatique du commerce du type Ruby en calibre 7,65 Browning et poignard de tranchées modèle n° 2 « de Lyon » dit « Le Vengeur ».

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LES CHATEAUX FORTS AUTRICHIENS remparts de r Europe chrétienne du xve au xv111e siècle A la fin du Xlll8 siècle, les tribus turkèmes établies en Asie Mineure et associées pour lutter contre les Mongols et les Byzantins, seront réunies par Osman, d'où elles tireront leur nom d'Ottomans. Alors commence leur expansion en Anatolie, d'où elles franchissent le Bosphore, établissent leur nouvelle capitale en Europe, et prennent Constantinople en 1453. De cette période, date le début de l'organisation très efficace de ces soldats de métier que seront les Janissaires. Ces troupes, pendant deux siècles, domineront toute la partie orientale du Bassin méditerranéen, depuis la Perse jusqu'à lAutriche ; où le Burgenland (terre des châteaux forts) sera leur ultime avancée en Europe. Donnons une idée de leur organisation : leur armée est de métier, permanente, et comprend déjà une garde impériale, qui aura jusqu'à 20 000 cavaliers, une infanterie et une artillerie. Les terres conquises sont réparties entre les chefs et soldats qui, plus tard, devront fournir les troupes en cas de mobilisation. Le corps le plus prestigieux fut celui des Janissaires, formé de jeunes paysans ou "recrues forcées", provenant de " levées périodiques de mâles de cinq à vingt ans, bien constitués". Ils sont élevés dans une discipline de fer, mais la camaraderie, les possibilités de grande promotion et leur fanatisme religieux entrent en grande part dans cette force qui leur fera conquérir ces immenses territoires. Leur armement est surtout composé de la pique qu'ils savent ramasser à terre, au galop, l'arc composé puis l'arc en acier ; le sabre à lame courbe et tranchante, caractéristique des Orientaux, et bien connu pour son excellent acier et ses damas, et suivant les corps : la hache, la masse d'arme puis plus tard des armes à feu portatives. La cavalerie est montée sur de petits chevaux très vifs et capables d'effectuer des raids à longue distance. Ces petits chevaux n'auraient jamais pu supporter un homme d'arme européen lourdement protégé, comme ceux qu'ils affrontaient. C'est pourquoi les cavaliers ottomans n'avaient qu'une faible protection. Leur couvre-chef était le turban, et parfois le casque, le corps était protégé par un corselet, une cotte de maille et un garde-bras. Toute la région entre Vienne et la ré- J. Chevalier en armure de joute. Ce document a été pris., au château d'Ambras, près d'lnnsbruck, qui abrite une formidable collection d'armures et dont nous aurons/'occasion de reparler. publique de Venise, se trouva donc très tôt menacée par les Ottomans. Au sud de Vienne, l'actuel Burgenland, est une grande contrée au relief tourmenté. Dès le Moyen Age, s'élevèrent dans les endroits les plus propices des châteaux forts. La dernière grande attaque se situe en 1683 : les Turcs assiègent Vienne défendue par le comte Starhemberg, la ville sera sauvée par l'arrivée du roi de Pologne Jean Ill Sobieski et du duc Charles de Lorraine. Trois ans plus tard, le duc de Lorraine reprendra Budapest. Ces dates doivent nous refaire prendre conscience qu'au XVll 0 siècle, pendant le règne de Louis XIV, l'Autriche était toujours en première ligne lors des attaques expansionnistes du tout-puissant Empire ottoman. Pour illustrer ce bref rappel historique, nous remonterons la partie est de l'Autriche, en longeant la frontière yougoslave puis hongroise, pour arriver à Vienne. Ainsi étaient composées ces troupes dont le nombre arrivait à dépasser 1 OO 000 hommes et qui allaient se mesurer avec tant de fougue contre les Perses, les chevaliers européens, les armées de Charles Quint et de la République de Venise, sur des terrains aussi variés qu'Alger, Tunis, Rhodes, Malte, Lépante, Budapest et Vienne en 1683. Les conquêtes successives : Athènes 1456, les amenèrent devant Vienne en 1529, 1620 et 1683. Il est intéressant de prendre connaissance du texte de déclaration de guerre des Turcs en 1683 : Par la grâce de Dieu souverain du Ciel, Nous, Mo/a Mohamed, glorieux Empereur tout-puissant de Babylone et de Judée, d'Orient et d'Occident, Roi de tous les rois terrestres et célestes, Grand Roi de la Sainte-Arabie et de la Maurétanie, né Illustre Roi de Jérusalem, Seigneur et Maître du Tombeau du Dieu crucifié des Infidèles, à Toi, César Romain, et à Toi, Roi de Pologne, ainsi qu'à tous tes sectateurs. Nous assurons solennellement par ce qu'il y a de plus sacré que nous sommes sur le point de porter la guerre dans ton petit Sur cette carte sont reprodudes les ultimes poussées des armées turques, en 1683, date du dernier siège de Vienne lfléches blanches !. Les triangles noirs indiquent la position des forteresses que nous avons visitées ; de gauche à droite : Hochosterwitz, Riegersburg, Furchtenstein. POLOGNE par Gérard DINTROZ -lllJllll1 , T U R C 39



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