Gazette des Armes n°106 juin 1982
Gazette des Armes n°106 juin 1982
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°106 de juin 1982

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (204 x 293) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 57,5 Mo

  • Dans ce numéro : une M.G. 34, version fusil-mitrailleur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Si l'on peut, à la rigueur, tirer une munition sans arme, une arme sans munition ne sert pas plus qu'un vulgaire casse-tête. Cette simple réflexion illustre bien la prépondérance de la munition sur l'arme. En cette fin du XX'siècle, la cartouche est restée telle que nous la connaissons depuis près d'un siècle et demi, à savoir une amorce, un étui, une charge propulsive et un projectile. Autour de ces cinq eléments, le progrès armurier s'est développé avec le chargement par la culasse, la répétition et l'automatisme. Les fusils d'assaut les plus modernes ne sont que l'aboutissement logique des études et réalisations en matière de munitions entreprises dès la seconde moitié du XIX'siècle. Ne parlait-on pas en effet, à l'aube de notre siècle, de projectiles de petit calibre animés d'une vitesse initiale supérieure à 1000, sinon 1 200 mètres/seconde ? Aujourd'hui, il est évident que le progrès armurier sera lié, comme par le passé, à l'évolution de la munition. Dès à présent, des fabricants proposent des solutions qui laissent entrevoir ce que sera l'arme de petit calibre de l'an 2000. Il ne s'agit toutefois que de projets et le chemin sera encore long avant d'arriver à la mise en service de ces armes et munitions toujours en cours de développement. C'est pourquoi nous vous présentons ce dossier sur les armes légères de l'an 2000. Avec ce dossier, Yves Cadiou fait le point sur deux armes futuristes, le fusil d'assaut HK G-1 1 et le pistolet mitrailleur Benelli. N.D.L.R. Les choses sérieuses ont débuté vers 1967 lorsque l'O.T.A.N. lança l'idée de l'adoption d'une seconde munition standard de petit calibre, un système d'arme à munition sans étui pouvant être accepté. Trois concurrents étaient alors en lice : l'un américain, un autre, belge, à semi-étui et enfin l'allemand de Heckler et Koch. L'O.T.A.N. s'essouffla assez vite avec cette munition sans étui et seul le gouvernement d'Allemagne fédérale persévéra dans cette voie. En 1969, trois contrats furent respectivement attribués à Diehl, IWKA-Mauser et Heckler et Koch pour oeuvrer dans ce sens. Le "cahier des charges", assez évasif, portait sur une arme améliorée d'infanterie offrant les meilleures chances de coup au but par rapport aux armes similaires existantes et remplissant, néanmoins, les exigences du Finabel (0) quant à la distance de combat et la cadence de tir. Toute latitude était laissée quant au système envisagé. Assez rapidement, Heckler et Koch réalisèrent que le seul moyen d'obtenir des résultats valables était de changer radicalement de système. Plusieurs prototypes furent présentés à la Bundeswehr qui, vers la mi-1974, octroya LE FUSIL D'ASSAUT ALLEMAND G-11 A MUNITIONS SANS ÉTUI (DU RÊVE A LA RÉALITÉ) Depuis de nombreuses années, plusieurs entreprises privées ou arsenaux d'Etat ont essayé, en vain, de mettre au point ce "mouton à cinq pattes" qu'est la munition sans étui. Ces échecs répétés pouvaient être imputables à l'incompatibilité de la munition avec le mécanisme de l'arme adopté ou vice versa. Il semblerait qu'après bien des tâtonnements deux importantes firmes allemandes : Dynamit-Nobel de Troisdorf et Heckler et Koch d'Oberndorf soient en passe de produire respectivement la munition sans étui 12 et l'arme la tirant : le fusil G-11. un contrat unique à Heckler et Koch dont l'étude avait toute chance d'aboutir. Les essais de l'O.T.A.N. faillirent mettre un terme à cette réalisation car H. et K. furent contraints, par le gouvernement allemand, de présenter à ces essais, un prototype de mise au point, jamais essayé, qui se couvrit de ridicule et manqua de remettre tout le système en cause. Tenace comme l'on sait l'être outre- Rhin, Heckler et Koch n'abandonnèrent pas et la mise au point continua avec des fonds privés. (.) Finabel : réunion des états-majors de France, Italie, Nederland (Pays-Bas), Allemagne, Belgique et Luxembourg.
12 Des exigences complémentaires Avant que d'aborder le HK-G11 et sa munition, il n'est pas inutile de relever certains points qui ont conduit la grande firme d'Oberndorf aux choix qui furent les leurs. Tout d'abord il est incontestable que depuis plus de 150 ans l'on a vu diminuer considérablement le calibre du fusil d'infanterie. Nos grands pères combattirent les Prussiens de 1870 à coups de fusil Chassepot de 11 mm, amélioration notable sur le 18 mm de leurs pères. Le "Poilu" de 14/18, comme le "Feldgrau" allemand du reste, étaient à la pointe du progrès technique avec leur 8 mm Lebel ou leur 7,92 Mauser. Le "G.I." américain a pu, au Viêt-nam, apprécier la 5,56 X 45 mm. En dépit de cette évolution technologique certaine, il est curieux de constater que les probabilités de toucher aujourd'hui un soldat ennemi semblent inversement proportionnelles au calibre de l'arme. Selon une étude faite par le Pentagone durant la guerre de Corée, il fallait, en moyenne, 50 000 cartouches pour abattre un Nord-Coréen, quant à la quantité de cartouches requises par un soldat américain pour toucher un "Viet", il est préférable de ne pas citer de chiffre. De nos jours, il découle de certaines enquêtes militaires qu'il est plus facile d'atteindre un ennemi avec une salve de trois coups tirés soit simultanément soit en rafale rapide (c'est-àdire que la troisième balle ait quitté le canon avant que le tireur ne perçoive le recul). Bien que la 5,56 x 45 mm ait permis de réduire notoirement le recul des armes par rapport à la 7,62 x 51 mm O.T.A.N., cette munition s'avérait encore trop puissante pour une arme individuelle légère. Afin d'optimiser la précision, tant en coup par coup qu'en rafale, il fallait que le recul de l'arme ainsi que le relèvement du canon soient réduits à un minimum. Ces conditions amenèrent Heckler et Koch à• A A AAAAAA n A A AAAAAA A A A A AAA A A v CI 0 0 V V\\‘, ,,, \\4 -, 5\CHAMBRE-CULASSE PIVOTANTE CANON t\\1\,\- opter pour un calibre beaucoup plus faible avoisinant les 4,7 mm de diamètre. La cadence de tir imposée de 2 000 coups/minute pour le tir à rafale contrôlée de trois cartouches proscrivait l'emploi d'un système classique à munition métallique et confirmait le choix judicieux d'une munition sans étui. L'arme Vouloir décrire le G-11 alors qu'il n'en est pas encore au stade de la présérie serait vain, aussi nous bornerons-nous à examiner deux des prototypes d'études fort loin certainement de ce que sera la version définitive. Bien entendu la photographie que nous a fournie H et K représente une version dépassée du prototype, CHARGE N'Umm 111=mm CANON Amif ===ma2iin POSITION DE MISE A FEU CHAMBRE-CULASSE PIVOTANTE ORIFICE DEJECTION Pr. MUNITION DEFECTUEUSE 10 Coupe schématique de fonctionnement du fusil Heckler et Koch G.11. 1. Canon ; 2. Levier d'armement ; 3. Piston ; 4. Bloc de détente ; 5. Compteur de coups ; 6. Mécanisme de commande ; 7. Chambre-culasse pivotante ; 8. Boite de culasse ; 9. Amortisseur de recul ; 10. Poussoir d'alimentation ; 11. Lunette de visée ; 12. Chargeur. la concurrence et l'espionnage industriel expliqueraient clairement la position de la firme d'Oberndorf à cet égard. L'arme se présente, extérieurement, sous la forme d'un boîtier d'aspect monobloc dont la lunette de visée, servant également de poignée de MUNITIONS SANS ETUI POSITION D'ALIMENTATION CHARGEUR BOITE DE CULASSE PERCUTEUR MUNITIONS SANS ETUI o BOITE DE CULASSE PERCUTEUR MUNITION CHAMBREE POUR LE TIR 13



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