Fugues n°36-05 août 2019
Fugues n°36-05 août 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-05 de août 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 206

  • Taille du fichier PDF : 85 Mo

  • Dans ce numéro : fierté dans la capitale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTUREL_LIVRES À lire UN GAY EN CAVALE La production littéraire de langue française, ou même anglaise est tout sauf généreuse au regard du continent africain. La plupart du temps, on se limite surtout à des personnages occidentaux plongés, presque par hasard, dans un récit s’y déroulant, mais il est rare qu’un récit intérieur nous soit présenté. Après s’être intéressé à la vie précaire des immigrants au Canada (Au nom de tous), puis de la violence faite aux femmes (Combat d’une princesse), Ben Ousman porte maintenant son regard sur le parcours de deux jeunes hommes qui sont rapidement confrontés à l’intolérance de leurs milieux respectifs et aux difficultés de se forger une identité alors que le concept même d’homosexualité n’est bien souvent évoqué que sous le couvert du manteau. Chacun se trouve donc en opposition à une tradition séculaire où l’idée même de ne pas se marier avec une femme et donner vie à une progéniture nombreuse relève presque de la science-fiction. Mariage arrangé, violence et intolérance sociale occupent bien évidemment une place de choix au cœur du récit tout en s’inscrivant cependant, et assez curieusement, dans une vision à la fois lyrique et romantique sans doute représentatrice d’une sensibilité propre à la culture africaine. Ce dernier élément s’explique peut-être également par la naïveté des deux jeunes narrateurs dont le lecteur partage les découvertes, stupéfactions et émerveillements. Je suis parfois demeuré interloqué devant certains éléments, notamment le discours propre à une société gaie secrète, et nul doute que certaines références culturelles sont parfois plus difficiles à saisir pour le lecteur occidental. Le roman demeure une incursion inusitée au cœur d’une Afrique où romantisme et violence cheminent malheureusement encore trop souvent de pair. 6 BENOIT MIGNEAULT UN GAY EN CAVALE/Ben Ousman. Paris  : Éditions Sydney Laurent, 2019. 258p./140 FUGUES.COM AOÛT 2019 THE MONUMENTS MEN MURDERS Quatrième opus dans la série The Art of Murder, de la très prolifique et populaire auteure Josh Lanyon, qui met toujours en scène Jason West, membre du Art Crime Team du FBI, dans sa quête pour retrouver des œuvres d’art dérobées à leurs justes propriétaires. La présence enquête s’avère cependant plus sensible puisque certaines sources laissent entendre à Jason que son propre grand-père et mentor, membre des Monuments Men chargés de récupérer et protéger les œuvres d’art dérobées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, aurait été complice de certains vols dont un Vermeer d’une valeur inestimable. Plutôt que de révéler le conflit d’intérêts dans lequel il se trouve ainsi placé, il décide de mener l’enquête à terme afin de faire la lumière sur toute cette histoire dans laquelle les cadavres commencent cependant à s’accumuler. Paradoxalement, sa relation avec l’agent spécial du FBI, Sam Kennedy, est plus florissante que jamais, mais Jason craint que la réaction de ce dernier, face au faisceau de demi-vérités entourant cette enquête, soit tout sauf heureuse. Ajoutons à cela la présence en périphérie de Jeremy Keyser, un tueur en série révélé au cours d’une précédente aventure, qui en veut à sa vie et on se retrouve devant le parfait cocktail explosif. Encore une fois, Josh Lanyon nous présente un récit riche en péripéties de toutes sortes où, sans jamais perdre de vue l’enquête en cours, l’accent demeure toujours bien ancré sur la relation et les émotions partagées par les personnages. Une belle lecture d’été disponible en version imprimée et électronique ! 6 BENOIT MIGNEAULT THE MONUMENTS MEN MURDERS/Josh Lanyon. É.-U.  : Just Joshin Publishing, 2019. 199p. (The Art of Murder, 4) Benoit Migneault FLÂNERIES ET SOUVENANCES Un ouvrage hors-norme que l’on serait porté à classer dans la catégorie Autobiographie ou Journal personnel, mais non sans une certaine hésitation puisqu’il déroge aux règles habituelles du genre. En effet, l’auteur ne s’embarrasse pas de considérations chronologiques ou même d’un fil conducteur clair. Ce qu’il nous offre, c’est un florilège de souvenirs qui trace l’empreinte, grande ou petite, d’un homme. Et… ça marche ! Âgé de 73 ans, Bernard Mulaire est né au Manitoba et partage donc anecdotes et souvenirs en lien avec sa famille, ses amitiés, ses études, son travail, ses voyages et la découverte de son orientation sexuelle au cœur d’une société très peu ouverte. Des premiers frémissements incompréhensibles de l’adolescence (la fascination pour un camarade de classe) jusqu’à la sortie du placard et une existence plus affirmée. Nul besoin de préciser que, du haut de son trois-quarts de siècle, les anecdotes sont multiples et souvent savoureuses. Bien qu’il évoque parfois certains événements historiques, c’est surtout au cœur de l’extrême quotidienneté qu’il inscrit son récit  : une visite chez IGA, une partie de badminton, sa nièce Loïs, une dame croisée au gym. En fait, sa technique littéraire n’est pas sans s’apparenter au pointillisme, cette technique picturale qui utilise des petites touches de couleur et où le portrait ne se révèle qu’à une certaine distance alors que de près il ne semble être constitué que d’une myriade de points sans relations les uns avec les autres. Même phénomène ici où l’auteur procède par petites touches autobiographiques afin de rendre la complexité et la diversité de son parcours. Le tout se révèle à la fois amusant, intrigant et souvent même émouvant. Une fort belle découverte ! 6 BENOIT MIGNEAULT FLÂNERIE ET SOUVENANCES L/Bernard Mulaire. Saint-Boniface  : Éditions du Blé, 2018. 281p. ORGASMES À LA CARTE  : AVENTURES ÉROTIQUES INTERACTIVES POUR LECTRICES INTRÉPIDES Qui ne se souvient de la série des Livres dont vous êtes le héros ? Un phénomène littéraire des années 80 où le lecteur vivait des aventures par procuration, par l’intermédiaire de choix qui lui étaient proposés et qui le propulsaient, au gré des pages du bouquin, vers une conclusion heureuse ou catastrophique, mais toujours héroïque ! Anne-Marie Dupras vous invite à suivre le même procédé, mais rassurez-vous, la conclusion de chacun des choix est placée sous le signe de la plus complète des satisfactions ! Vous êtes la protagoniste du récit et c’est à vous de suivre un beau brun ou une belle rousse ou bien, pourquoi ne pas élargir ses horizons et ne pas plutôt opter pour les deux ! Bisexuelle et féministe assumée et avouée, l’auteure entraîne les lectrices au gré d’une multitude de fantasmes. Afin d’être résolument ancrée dans le réel, elle a même sondé un groupe fermé sur Facebook avant d’en entamer l’écriture. Sans aucun doute le livre idéal à lire d’une seule main lors des jours un peu trop gris. Non pas un livre dont vous êtes le héros, mais plutôt celui dont vous êtes la maîtresse ! 6 BENOIT MIGNEAULT ORGASMES À LA CARTE:/Aventures érotiques interactives pour lectrices intrépides/Anne-Marie Dupras. Montréal  : Éditions de l’Homme, 2019. 250p.
QUEER CITY  : L’HOMOSEXUALITÉ À LONDRES DES ROMAINS À NOS JOURS Peter Ackroyd vous convie à un voyage fascinant à travers les bas-fonds comme les hauts lieux de la société londonienne, de la période romaine jusqu’à nos jours pour y confronter nos idées préconçues entourant l’homosexualité. Non pas qu’il n’y eut jamais une période où elle fut célébrée, mais le regard qu’on y portait, le vocabulaire qu’on utilisait pour la nommer, les pratiques qu’on y accolait ainsi que les lieux de rencontre ont bien évidemment considérablement changées au fil des siècles. L’auteur s’attarde notamment à ce que l’on disait, à mots couverts, sur les origines de ce mal impie. Par exemple, au 16e siècle, on murmurait qu’il dérivait de "l'orgueil, de l'excès de nourriture, de l'oisiveté et du mépris pour les pauvres". Un éventail de causes assez large qui n’aurait dû en épargner que peu, vous en conviendrez ! Dans le même ordre d’idée, les peines imposées en disent long sur la différence que l’on accordait aux amours féminines et masculines. Au 7e siècle, il est par exemple mentionné  : « À qui décharge sa semence dans la bouche d’autrui, sept années de pénitence ; c’est le pire des maux. » Du côté des femmes, la peine est plutôt diététique  : « Si une femme a une relation avec une autre femme, elle devra jeûner pendant trois ans ». Au fil du temps, on assiste à une multiplication puis une organisation des lieux de rencontre qui deviennent éventuellement des espaces de construction sociale  : des quais déserts, par les nuits sans lune, jusqu’à nos bars contemporains, en passant par les Molly House, les maisons closes, les théâtres et les soirées sur invitation pour ceux ou celles issus de la bonne société. Humour et horreur se côtoient de près dans cet ouvrage puisqu’on s’amuse de l’ingéniosité de certains, de la stupidité crasse d’une société corsetée bien-pensante et de la cruauté et du sadisme dont elle peut faire preuve à l’endroit de tout ce qui lui semble différent. Un ouvrage fort bien documenté, accompagné de nombreuses illustrations permettant de bien saisir la nature des lieux et de certains personnages qui ont marqué, de près ou de loin, l’histoire. 6 BENOIT MIGNEAULT QUEER CITY  : L’HOMOSEXUALITÉ À LONDRES DES ROMAINS À NOS JOURS/Peter Ackroyd. Paris  : Philippe Rey, 2018. 316p. ESCALES PARISIENNES Au hasard d’une séance de dédicaces de son dernier roman, le regard du narrateur est harponné par les beaux yeux, ainsi que les mains velues, de Christophe. C’est à sa grande surprise que, célibataire de fraiche date, le romancier se prête ainsi au jeu de la séduction. Les deux hommes partagent de nombreux points communs dont un qui n’est pas sans les décontenancer  : André, le conjoint de Christophe avec qui il forme un couple ouvert, est l’ex de l’autre. Le quiproquo pourrait se limiter à n’être que surprenant et amusant si ce n’est du fait que la rupture du romancier n’a que deux mois d’âge, qu’ils étaient mariés et qu’ils étaient en couple depuis bientôt 9 ans, soit la même durée que pour Christophe. Si on ajoute à cela, la jalousie obsessionnelle d’André envers les infidélités imaginaires dont il accusait le narrateur et on se retrouve devant une information qui a tout d’une bombe ! Cette découverte déclenche une remise en question complète de la mémoire d’une relation placée sous le signe de manipulations qui confinaient bien souvent à la violence psychologique et, parfois même, physique. Ceci n’est également pas sans conséquence pour Christophe qui ne peut évidemment jeter le même regard sur sa douce moitié qui vient d’ailleurs tout juste, ironie du sort, de lui faire une demande en mariage. Le roman navigue élégamment entre deux eaux  : celles, troubles, d’un regard porté sur une relation toxique et celles plus paisibles, bien qu’incertaine, d’une amitié bâtie sur la découverte d’un mensonge. Au-delà d’une trame narrative fort intrigante, l’une des grandes forces de Denis- Martin Chabot tient dans la crédibilité de dialogues qui évoquent, instantanément, un ton et une émotion dans l’esprit du lecteur. Les joutes rhétoriques entre Français et Québécois sont d’ailleurs savoureuses et on se surprend souvent à éclater de rire au détour d’une phrase. Avec un tel sujet, on pourrait aisément imaginer une matière empreinte de douleurs et d’introspections laborieuses alors qu’il n’en est rien. En effet, l’autopsie de cette trahison et des violences qui y sont corollaires se fait de pair avec une certaine légèreté de l’âme d’un narrateur résolu à mordre dans la vie à pleines dents. Et c’est avec bonheur que nous répondons à cette invitation de l’accompagner dans son périple ! 6 BENOIT MIGNEAULT ESCALES PARISIENNES/Denis-Martin Chabot. Varennes  : Nycolas Doucet, 2019. 179p. KARL LAGERFELD  : L’HOMME DERRIÈRE LA GRIFFE Le 19 février dernier est décédé KarlLagerfeld, couturier et styliste allemand dont la griffe a marqué le milieu de la mode, mais qui fit également ses preuves en tant que photographe, dessinateur, designer, réalisateur et éditeur. Au-delà d’un sens du design innovateur et d’un nom qui évoque instantanément un niveau élevé de sophistication, l’homme était relativement secret (il est d’ailleurs physiquement avant tout connu pour la paire de lunettes fumées abritant son regard) et c’est donc sans surprise que, suite à sa mort, plusieurs auteurs aient tenté d’en cerner les arcanes. Dans Le Mystère Lagerfeld, Laurent Allen- Caron s’attarde à reconstituer, à partir des témoignages d’amis et de proches de ce dernier, comment Lagerfeld a progressivement créé son propre mythe en brouillant intentionnellement les pistes, allant même jusqu’à livrer des informations contradictoires sur sa date de naissance ou en occultant certaines périodes de sa vie, notamment son enfance au cœur d’une Allemagne nazie. Les petits et grands moments de sa vie y sont décrits  : sa carrière, ses peurs, ses amours, ses obsessions, le paradoxe d’un désir de solitude assez marquée dans un monde de séduction et de prestige, de même qu’une remise en question de certains faits qui se révèlent parfois, au fil des témoignages, dans les méandres de la légende. De son côté, dans Kaiser Karl, Raphaëlle Bacqué adopte une démarche biographique plus classique et présente les résultats d’une enquête impressionnante, étalée sur plus de deux ans, qui révèle les contradictions d’un homme partagé entre son désir de briller et celui de préserver un jardin secret. Lauteure mentionne d’ailleurs que son enquête s’est déroulée en deux temps puisque nombreuses sont les langues qui se sont soudainement déliées après la mort de celui-ci, admiré et craint tout à la fois. Sa rivalité avec Yves Saint-Laurent, sa collaboration avec Chanel, le travail inlassable consacré à forger son image, ses amours platoniques pour Jacques de Bascher, pour qui il éprouvait une passion sans réciprocité et qui, inlassablement, lui relatait ses aventures avec la faune des bas-fonds parisiens  : tout est passé au peigne fin. Deux ouvrages dissemblables, mais justement complémentaires, qui vous offriront le portrait riche et surprenant de l’homme qui se cache derrière la griffe du couturier. 6 BENOIT MIGNEAULT LE MYSTÈRE LAGERFELD/Laurent Allen-Caron. Paris  : Fayard, 2019. 294p. KAISER KARL/Raphaëlle Bacqué. Paris  : Albin Michel, 2019. 250p.



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