Fugues n°36-03 juin 2019
Fugues n°36-03 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-03 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 60,2 Mo

  • Dans ce numéro : Toronto vire au vert.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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mourir tous les jours à force de mentir et d’être dans un environnement où j’entendais des paroles négatives associées aux homosexuels. Durant la conférence, je parle aux jeunes des insultes directes (« t’es fif ») , indirectes (« ark, c’est tellement gai… ») , des rires quand ils sont témoins d’intimidation et du malaise non verbal quand ils voient deux hommes s’embrasser ou deux femmes se tenir par la main, parce qu’ils pensent que c’est anormal. Je leur raconte ce que ça me fait et je leur explique que la normalité n’existe pas. TROUVES-TU QUE LES CHOSES CHANGENT ? Les jeunes viennent me voir quotidiennement pour me dire qu’ils ne réalisaient pas l’importance de leurs paroles. Souvent, ils commencent à utiliser ces expressions, ça devient à la mode, toute l’école les utilise, les plus jeunes les imitent, sans que personne ne réalise que les personnes LGBTQ qui les entourent peuvent entendre tout ça et être blessées. Par ailleurs, je travaille avec plusieurs athlètes comme mentor. Récemment, lors d’un exercice, un jeune – qui vient d’un milieu très progressif – a dit que c’était trop gai. Immédiatement, un athlète plus vieux lui a répondu qu’on ne disait pas ça ici. Au fond, les jeunes peuvent être des influenceurs. PENSES-TU QU’ILS T’ÉCOUTENT DAVANTAGE PARCE QUE TU CORRESPONDS AUX STANDARDS DE LA MASCULINITÉ ? Je déteste dire ça… mais je crois que oui. J’ai une allure de joueur de hockey, je mesure six pieds un pouce et je pèse 200 livres. Ça les aide définitivement à se sentir confortables pour m’écouter. Surtout les gars hétérosexuels. TE SENS-TU BIENVENU DANS TOUTES LES ÉCOLES ? Peu après mon coming-out, une école m’a invité à parler aux jeunes. Ensuite, le bouche-à-oreille a fait des merveilles. Par contre, plusieurs écoles qui ont BROCK MCGILLIS LORS D’UNE INTERVENTION AUPRÈS D’ÉTUDIANTS été contactées par mon équipe n’ont jamais répondu. Il faut généralement un étudiant ou un professeur de l’intérieur qui porte le projet. Quand j’arrive, je vois tout de suite qui veut vraiment m’avoir et qui veut simplement faire un trait sur une liste de choses à faire qui sont politiquement correctes. Ultimement, je ne suis pas là pour le directeur ou le prof qui ne veut pas m’écouter, mais pour les autres. QUELS SONT TES PROJETS FUTURS ? Je continue d’offrir des conférences car c’est ma passion, mais comme je veux rejoindre le plus de personnes possible et que je ne peux pas être partout, je vais utiliser la télévision, YouTube et les médias sociaux pour transmettre mon message. Aussi, j’irai bientôt en Californie et j’aimerais offrir des conférences dans les écoles au Québec, mais je n’ai pas encore de contacts. Mon but est de changer le monde ! 6 PAR SAMUEL LAROCHELLE (samuel_larochelle@hotmail.com) 901023
ACTUALITÉS_STONEWALL  : 50 ANS LES ÉMEUTES DE STONEWALL, 50 ANS PLUS TARD ILS ÉTAIENT LÀ Stonewalla toujours eu une connotation mythique dans ma tête. Comme si les émeutes qui ont pris place dans ce bar de New York en 1969 étaient l’élément déclencheur de l’émancipation homosexuelle en Occident. Pour moi, Stonewall, c’est rien de moins qu’un big bang, une explosion qui a eu comme conséquence directe la création des marches de la fierté, mais surtout, ce mouvement pour la reconnaissance des droits LGBTQ+. Cinquante ans plus tard, je me lance à la recherche de gens qui ont vécu ce moment historique. Avant aujourd’hui, je ne m’étais jamais demandé s’il y avait encore des gens vivant aujourd’hui et qui avaient participé à ces émeutes. Quelques recherches sur le web plus tard, me voici en lien avec deux Américains qui ont vécu les émeutes de Stonewall en juin 1969. Il y a Scott G Brown, maintenant âgé de 78 ans et Martin Boyce, 71 ans. Désireux de souligner ce cinquantième anniversaire, je leur ai demandé de me parler du bar, des émeutes et de ce qu’il faut retenir de ce moment historique. Le bar Stonewall InnMARTIN BOYCE Ce bar était un trou… mais quel endroit magique ! Il n’y avait pas d’eau courante au bar, aucune décoration mé-//020 FUGUES.COM JUIN 2019 SCOTT G. BROWN, EN 1969 MARTIN BOYCE ET SON AMI BERTIE RIVERA, EN 1969 morable, mais il y avait un excellent jukebox, des pistes de danse et tout ça, c’était bien situé sur Christopher Street. La place était fréquentée par tous les types de gais et de lesbiennes. C’était comme l’arche de Noé version gaie  : s’il y avait eu un déluge, tous les types de gais auraient survécu pendant des générations ! L’ambiance qui y régnait était exaltante. La musique qui jouait nous permettait de vivre des moments de liberté. On allait au Stonewall Innpour se faire voir. C’était vraiment un bar populaire. SCOTT G BROWN J’allais au Stonewall Inn, car c’était la place pour rencontrer d’autres gais. Et c’était aussi un refuge contre les policiers, car à cette époque, c’était pas rare de se faire harceler et agresser par les forces policières. Ce bar, c’était un paradis pour les drag queens et les trans. Mais tout le monde s’y retrouvait. Des gens de tout genre, toutes couleurs. Des gais, des straights, des sugar daddies et aussi des prostitués. C'était des gens de quartiers pauvres et défavorisés qui n'étaient même pas acceptés dans leur lieu de résidence. Tout le monde était là pour les mêmes raisons  : se défoncer et s'amuser ! Les émeutes SCOTT G BROWN J’étais là lors de cette fameuse nuit ! Au petit matin du 28 juin 1969, une descente de police inattendue au Stonewall Inns’est transformée en six jours d'émeutes. Je ne savais pas que le bar faisait l'objet d'une descente avant que les lumières ne s'allument et qu’un policier annonce  : « C'est une descente. Nous allons vérifier les pièces d'identité et procéder à des arrestations. » Il a demandé à chacun de s'asseoir et de s'aligner contre le mur, carte d'identité en main. Mon chum et moi étions à l'avant du bar. On venait de se faire servir un drink. On a été parmi les premiers à être appelés. Lorsque j'ai présenté ma carte d'identité et mon lieu de travail, mon partenaire et moi avons pu quitter le bar sans aucune citation à comparaître. Les drag queens et les trans se trouvaient à l'arrière et d’autres policiers les fouillaient. Certaines d'entre elles n'avaient



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