Fugues n°36-02 mai 2019
Fugues n°36-02 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-02 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 146

  • Taille du fichier PDF : 54 Mo

  • Dans ce numéro : beau et en santé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FAMILIPRIX L’ÉVOLUTION LGBTQ DANS L’OEIL DE LA PUB La représentation de la communauté lgbtq dans l’histoire de la pub est tout sauf linéaire. Si les vieux clichés ont majoritairement fait place à des concepts nuancés, on retrouve néanmoins quantité de faux-pas d’hier à aujourd’hui. Puisque le sida était directement associé aux homosexuels dans l’imaginaire collectif, les marques hésitent à s’associer à la communauté gaie dans les années 80. Afin de déconstruire les préjugés, ACT UP réalise en 1989 une campagne avec le slogan « Kissing doesn’t kill  : greed and indifference do. ». En plus de souligner que le VIH n’est pas transmissible par un baiser, l’affiche expose trois couples d’orientations sexuelles et d’origines ethniques diverses, afin de souligner que le virus ne fait pas de discrimination. Réputée pour ses publicités pro-diversité, Benetton publie dans le magazine LIFE la photo d’un jeune homme ravagé par le sida sur son lit de mort, une façon d’attirer l’attention du monde sur cette triste réalité, au début des années 90. Si la publicité apprend ensuite à représenter l’homosexualité sans lien avec la maladie, l’orientation sexuelle n’est pas toujours évoquée de façon directe, comme en fait foi la publicité réalisée en 1995 par Guinness, qui dévoile l’homosexualité des protagonistes uniquement à la fin du message, afin de remettre en question les préjugés de la population sur le produit… et les mœurs. Au tournant du deuxième millénaire, le marketing s’intéresse davantage aux gais. Le fameux « pink money », symbole du grand pouvoir d’achat des homosexuels, attire les marques qui craignent de moins en moins de s’associer à la marginalité sexuelle. On représente alors les homosexuels dans un quotidien (regarder la télévision, faire à manger, sortir avec des amis, voir la famille) qui ressemble à celui des hétérosexuels, au grand plaisir ET déplaisir de certains gais. Cela dit, la société n’avance pas toujours au même rythme que la pub. En 2008, Heinz suscite un tollé en créant une publicité de mayonnaise dans laquelle deux hommes s’embrassent  : l’entreprise retire la pub de la télévision anglaise après une semaine. Avec le temps, les compagnies délaissent en partie le marketing ultra ciblé au profit des publicités exprimant leurs valeurs gay friendly, afin de renforcer leur image d’ouverture. Toutefois, certains messages sont à moitié réussis. En 2010, alors que McDo met en scène un jeune homosexuel qui mange avec son père dans un restaurant, certains téléspectateurs ressentent un malaise en voyant que le garçon cache son orientation sexuelle, même si la pub se termine avec le slogan « Venez comme vous êtes ». De son côté, l’audacieuse Abercrombie & Fitch crée un spot montrant des hommes qui se caressent sous la douche, en simulant un combat de lutte. Belle façon de provoquer et d’attirer l’attention, n’en déplaise à certains. En 2012, la chaîne Familiprix, reconnue pour ses publicités mémorables, est accusée d’homophobie après avoir montré un homme qui lèche ses lèvres pleines de crème glacée devant une vitrine, mettant ainsi un homme en colère dans le magasin et le faisant apparaître à la fin de publicité avec un œil au beurre noir, sous-entendant que son geste à double sens lui a valu coups et blessures. Via Capitale commet le même genre de maladresse en illustrant une famille en plein bouleversements après le coming out d’un papa trans, avec un ton badin. Dans la dernière année, Apple a souligné la légalisation du mariage homosexuel en Australie lors d’une campagne entourant la sortie du iPhoneX, alors qu’IKEA a présenté des drag queens ayant créé des costumes à partir d’objets pour la maison. À quoi aurons-nous droit en 2019 ? 6 SAMUEL LAROCHELLE BENNETON APPLE
COMMUNAUTAIRE FEMMES DE TÊTE Longtemps en marge, invisibles ou relayées à des groupes fermés, les lesbiennes investissent l’espace communautaire au moment des commissions parlementaires sur le mariage et l’homoparentalité. Aujourd’hui, de nombreux groupes sont mixtes ou affichent une quasi-parité et plusieurs femmes sont à la tête d’organismes communautaires significatifs. Ici brièvement présentées, nous vous invitons à explorer leurs fascinants parcours. Mona GREENBAUM De L’Association des mères lesbiennes (AML), à la Coalition des familles homoparentales, Mona chapeaute aujourd’hui la Coalition des familles LGBT. Des changements de noms soulignant l’évolution des luttes dans lesquelles s’est engagée Mona, depuis plusieurs décennies  : « Au début, mon implication était motivée par mon désir de fonder une famille avec ma conjointe. Dans les années 90, c’était plus compliqué, mais je suis tombée enceinte en 1997. » Du personnel au politique, Mona aidera, avec sa conjointe, d’autres femmes désirant fonder une famille. Ces rencontres rassemblant près de 40 femmes (dans le salon de Mona) formeront les assises de ce que deviendra la Coalition des familles homoparentales, résultant d’une fusion entre l’AML et le Groupe Papa- Daddy. Plus tard, l’organisme deviendra la Coalition des familles LGBT, appellation plus inclusive des multiples réalités familiales. « Nous avons un volet social, mais sommes légalement un organisme de défense de droits, ce qui inclut de la sensibilisation et de la formation. Ceci constitue présentement notre travail, avec 16 formateurs et formatrices qui forment cinq à six mille professionnels dans tout le Québec. » Et la conciliation travail-famille pour la directrice générale ?  : « Je suis très chanceuse dans la vie, j’ai une conjointe fabuleuse ! Au début, lorsque j’ai décidé de quitter mon emploi pour travailler gratuitement (pour ce qui allait devenir l’organisme), nous avions décidé, ensemble, que c’était important pour faire évoluer la société. » Marie HOUZEAU Directrice générale du GRIS-Montréal depuis bientôt 14 ans, Marie fait ses premières armes auprès de l’organisme en tant que bénévole et administratrice au sein du Conseil d’administration. « C’est de cette façon que mon implication communautaire a commencé au Québec », indique la Belge d’origine, arrivée dans la Belle Province, il y a 20 ans. « À l’époque, il y avait une proportion beaucoup plus faible de femmes que d’hommes impliqués au GRIS, mais ça a toujours été une préoccupation d’en arriver à la parité. Je n’ai jamais ressenti qu’il y avait des défis particuliers à être une femme à la direction de l’organisme, mais dans la communauté, dans certaines circonstances, j’ai parfois eu l’impression de me retrouver dans un boys club. C’est peut-être aussi parce qu’ils se connaissaient déjà tous et que moi j’arrivais en poste ; jeune, femme et nouvelle dans la communauté. » Sans conteste, Marie Houzeau a aujourd’hui fait ses//092 072 FUGUES.COM MAI 2019 CHARLIE BOUDREAU & KATHARINE SETZER preuves à la direction d’un organisme ayant un rôle important dans les établissements scolaires  : « Il y a peut-être moins de jeunes qui sont homophobes, mais la sensibilisation demeure nécessaire. Aussi, c’est une préoccupation constante pour l’organisme d’être le plus représentatif possible de la société. Avoir plus de femmes était une préoccupation et nous en sommes presqu’à la parité. On travaille fort pour avoir des personnes racisées. L’intersectionnalité, comme les questions de genre, est très présente dans les écoles et le GRIS désire y travailler. » Julie DUBOIS En juillet 2016, Julie Dubois quitte la direction générale de l’Alliance Arc-enciel de Québec, pour des raisons familiales, poste qu’elle avait occupé pendant près d’un an. De retour à la tête de l’organisme depuis 2018, cette maman de 4 enfants, bachelière en psychologie, avoue avoir vécu un deuil, à la suite de son départ de l’organisme, car  : « c’est une cause à laquelle je crois. À mon retour, je me suis d’abord impliquée au sein du CA, car c’était moins prenant qu’une job et je voulais à nouveau faire partie de cette belle mission. Puis, quand j’ai su que Louis-Filip Tremblay, quittait l’emploi, j’ai tout de suite levé la main ! », d’où son bonheur de reprendre les rênes de l’organisme. Si les défis sont de taille, notamment en ce qui concerne l’aspect financier, Julie est motivée à assumer la permanence de l’organisme et assurer sa pérennité  : « Je suis fière d’être une femme à la tête d’un organisme. Puisqu’il y a moins de femmes visibles, ça peut en amener d’autres à vouloir s’impliquer. » Marie-Pier BOISVERT Alors présidente de l’association des cycles supérieurs de l’université de Sherbrooke, Marie-Pier fera le constat du manque de ressources LGBT. Ceci la mènera à fonder Fière la Fête, en 2013, s’impliquer au Regroupement estrien pour la diversité sexuelle et de genre (REDSG), puis au GRIS Estrie, pour lequel elle sera intervenante et formatrice. En 2015, elle devient directrice générale du Conseil québécois LGBT  : « Dans mes implications, j’avais souvent été appelé à dealer avec les médias, alors ça faisait partie de ce qu’ils recherchaient pour le poste, avec la défense de droits et la théorie queer. » Une de ses premières demandes de subventions la mène à constater que « beaucoup de femmes à la tête d’organismes sont dans des organismes qui s’occupent de mandats typiquement féminins, comme la famille, l’éducation. Ce n’est pas étonnant, » appuie Marie-Pier « on nous confine encore dans des rôles de care (soins). Je pense être la seule dans un regroupement qui touche à tous les domaines, avec Julie (Dubois). » D’ailleurs, l’entrée en poste de Marie-Pier ne fut guère toute rose  : « À 27 ans, j’étais jeune et on



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