Fugues n°36-02 mai 2019
Fugues n°36-02 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-02 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 146

  • Taille du fichier PDF : 54 Mo

  • Dans ce numéro : beau et en santé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 38 - 39  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
38 39
901023
OÙ SONT LES LESBIENNES ? Chronique Passe-moé la puck ! Au moment d’écrire ces lignes, j’apprends que la ligue canadienne de hockey féminin cessera ses opérations le 1er mai. Réflexion sur notre sport national qui demeure une chasse gardée masculine. J’ai toujours eu notre sport national en aversion. Probablement parce que, jeune, j’ai pratiqué nombre de sports  : gymnastique, karaté, patinage artistique, natation, flag-football, sans oublier l’athlétisme, pendant plusieurs années. À force de courir, j’ai eu l’occasion de constater comment les athlètes amateurs et professionnels de ce sport courraient après l’argent et la reconnaissance, malgré un talent confirmé et un entraînement rigoureux. Pourquoi en était-il ainsi ? Pourquoi pousser une rondelle méritait-il des millions, alors que d’autres courent aux Olympiques, à faible revenu ? Que l’équipe canadienne de relais 4 x 100 mètres pouvait se passer le témoin, jusqu’à obtenir l’or, sans pour autant que la précieuse récompense se manifeste dans leur portefeuille ? Lorsque j’avais cette conversation avec des gens — surtout des gars —, on argumentait que 1) je pratiquais l’athlétisme et non le hockey ; 2) qu’ils travaillaient forts les joueurs ; 3) que c’est normal, tout le monde aime le hockey, c’est le sport national ; et 4) que je ne pouvais pas comprendre, car j’étais une fille. Ces affirmations sexistes ne tenaient pas la route, car 1) faire du hockey en tant que femme dans la LNH n’était pas envisageable ; 2) ceux qui font des chirurgies de la hanche, qui courent dans la rue pour ramasser vos poubelles, ou qui nagent aux Olympiques, travaillent aussi fort qu’un joueur de hockey ; 3) c’est pas tout le monde qui aime le hockey et si les autres sports amateurs et professionnels étaient autant diffusés à la télévision, peut être qu’on aimerait davantage ; 4) la compréhension d’un sport ne passe pas par le genre, mais par le jeu. À ce que je sache, ceux qui argumentaient n’avaient pas plus d’expérience de jeu que moi. Pour ma part, payer un prix de fou pour voir ces millionnaires patiner après la rondelle et se battre sur la glace ne m’intéresse pas. Plusieurs m’ont déjà dit  : c’est l’ambiance qui est hot ! Peutêtre, mais gageons que pour une couple de millions de dollars avec une couple de milliers de spectateurs, des bières et des hot-dogs, n’importe quel sport peut vous mettre l’ambiance ! Lorsque certains de ces hockeyeurs sont blasés à l’idée de participer aux Olympiques, c’est là qu’on sent que le dépassement de soi est davantage tributaire du chèque de paie. Vous pouvez être en désaccord avec mes propos, au même titre qu’il est de mon libre arbitre de ne pas aimer notre sport national. Certains diront, que « c’était différent à l’époque des vrais, Maurice Richard et compagnie. » Vous m’en direz tant ! Néanmoins, ce boys club qu’est la LNH traversera les époques de façon sexiste et misogyne, où les femmes en seront systématiquement exclues, exception faite de Manon Rhéaume. Quand j’étais jeune, les femmes faisaient de la ringuette, une rondelle trouée, pour ajouter au cliché. Si vous me sortez l’argument tout autant cliché que les femmes ne peuvent jouer au hockey avec des hommes, car ils sont systématiquement « meilleurs et plus forts », je répondrai qu’il n’y a qu’à procéder comme les autres disciplines ; faire des catégories et des ligues, selon l’âge et le genre. Ainsi, en 1998 aux J.O. de Nagano, le hockey féminin était officiellement admis, alors que ces messieurs le pratiquaient depuis 1920. Au fil des ans, l’équipe//042 FUGUES.COM MAI 2019 féminine canadienne de hockey remportera quatre fois l’or consécutivement aux Olympiques, sans pour autant obtenir le salaire et la reconnaissance des joueurs de hockey. Au moment d’écrire ces lignes, donc, j’apprends que la ligue canadienne de hockey féminin, formée en 2007 (soit bien avant la Ligue nationale de hockey féminin, en 2015), cessera ses opérations le 1er mai. S’il faut en croire le communiqué diffusé sur leur site web, le modèle d'affaires de la LCHF était devenu « insoutenable économiquement, même si la qualité du produit sur la glace était exceptionnelle ». Sans parler du manque de parité salariale et de reconnaissance sociale… La ligue, qui comptait six équipes, avait été créée dans le but de faire croître le hockey féminin. En mars dernier, l’équipe féminine Les Rafales défrayait les manchettes en se qualifiant pour la finale régionale peewee C masculin. Cependant, Hockey Mauricie décide d’exclure l’équipe de la finale  : c’est plutôt le club de garçons, éliminé en demi-finale par l’équipe féminine, qui jouera pour la finale régionale. Pour ceux qui pensent que « ça ne se fait pas », les Habs de La Broquerie au Manitoba, de calibre pee-weeC, furent en mesure de disputer leur finale régionale contre les garçons. Puis de la remporter. Bref, le monde du hockey au Canada n’est guère exempt d’inégalités sexistes. Pourtant, on préfère les « mettre sur la glace », car notre sport national, chasse gardée masculine, terreau fertile de misogynie, est « notre » fierté nationale. Pourquoi est-ce si difficile de passer la puck aux femmes ? D’accepter qu’elles puissent avoir accès à ce sport, et ce, en toute parité, de l’entrainement jusqu’aux grandes ligues, avec le salaire et la reconnaissance qui vont avec ? Danièle Sauvageau, qui fut entraineuse à plusieurs niveaux, dont l’équipe olympique canadienne de hockey féminin, n’a jamais travaillé dans la LNH, confessait-elle à Radio-Canada  : « Je me suis fait dire pendant des années que c’était parce que je n’avais jamais joué dans la Ligue nationale de hockey, mais aujourd’hui, regardez à Toronto ; le directeur n’a jamais joué au hockey. » Pensez-y bien, c’est l’un des rares sports où l’on semble avoir une réticence à laisser une place considérable aux femmes. Elles n’ont pas à « s’asseoir sur le banc », parce qu’elles sont des femmes ! Les sports sont pour tous, peu importe le genre ! Tant que vous avez un corps et que vous êtes en mesure de vous dépasser à l’entrainement, vous devriez y avoir accès. Le dépassement de soi est pour tous ! Pour toutes ces raisons, ou plutôt en réaction à ces conceptions qui sont pratiquement devenues des dogmes sociaux au Québec, je hais le hockey. Mais j’aime celles qui se dépassent, qui poussent la société à remettre ces dogmes en question ! Je souhaite une égalité des chances à celles qui font de ce sport leur passion, à la sueur de leur front. Passons-leur la puck ! 6 JULIE VAILLANCOURT julievaillancourt@outlook.com Instagram  : juliecurlymusic N’hésitez pas à m’écrire ! J’aime lire vos commentaires et suggestions de sujets à aborder.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 1Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 2-3Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 4-5Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 6-7Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 8-9Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 10-11Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 12-13Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 14-15Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 16-17Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 18-19Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 20-21Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 22-23Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 24-25Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 26-27Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 28-29Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 30-31Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 32-33Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 34-35Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 36-37Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 38-39Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 40-41Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 42-43Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 44-45Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 46-47Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 48-49Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 50-51Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 52-53Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 54-55Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 56-57Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 58-59Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 60-61Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 62-63Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 64-65Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 66-67Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 68-69Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 70-71Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 72-73Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 74-75Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 76-77Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 78-79Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 80-81Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 82-83Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 84-85Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 86-87Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 88-89Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 90-91Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 92-93Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 94-95Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 96-97Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 98-99Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 100-101Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 102-103Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 104-105Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 106-107Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 108-109Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 110-111Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 112-113Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 114-115Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 116-117Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 118-119Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 120-121Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 122-123Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 124-125Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 126-127Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 128-129Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 130-131Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 132-133Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 134-135Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 136-137Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 138-139Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 140-141Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 142-143Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 144-145Fugues numéro 36-02 mai 2019 Page 146