Fugues n°36-01 avril 2019
Fugues n°36-01 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-01 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 48,9 Mo

  • Dans ce numéro : couturissime au musée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTUREL_LIVRES À lire FEMMES, FEMMES, FEMMES... Trois livres signés par des femmes et donnant une vision ouverte et universelle de l’amour lesbien, chacun avec son style, son écriture particulière qui saura intéresser les lectrices comme les lecteurs gais. Tove Jansson est une artiste peintre, dessinatrice de bédé et écrivaine finlandaise, mais de langue suédoise. Elle est surtout connue pour son œuvre Les Moumines, des livres illustrés pour enfants qui ont connu un très grand succès. Elle a également écrit six romans, dont Le livre d’un été (1972) qu’on peut trouver dans la collection Babelio. Fair-play est sa dernière œuvre et vient d’être publiée par la maison d’édition de Chicoutimi, La Peuplade. Dans Fair-play, Jonna et Mari sont deux artistes qui partagent leur vie au dernier étage d’un immeuble situé non loin du port de Helsinki. Entre café et cigarettes en commun, les deux femmes peignent, bricolent, écrivent, discutent de l’art et de la vie, se passionnent pour le cinéma, et tout particulièrement pour les films de Fassbinder, se réprimandent, philosophent, rient de bon cœur, voyagent, reçoivent, se remémorent le passé et voient l’avenir, une journée à la fois. Chaque jour, l’une est une surprise pour l’autre. La solitude est un don qui favorise la création. Et la vie paraît souvent moins importante que l’art qu’on apprécie et savoure non sans une certaine mélancolie. Jansson conjugue ici les trois passions de sa vie  : le travail, l’amour et la liberté. Au crépuscule de sa vie, l’auteure offre ici une leçon à la fois de jeunesse et de maturité, une profession de foi en l’autre et une confiance généreuse dans le monde qui nous entoure, dans une vie qui est peut-être faite de petits riens, mais qui donnent au quotidien une saveur candide et une joie paisible. Ça raconte Sarah est le premier roman d’une professeure-documentaliste dans un lycée parisien, Pauline Delabroy-Allard, qui a reçu pour ce livre, qui a été dans la liste des Goncourt, le prix du roman des étudiants France Culture - Télérama. Est-il autobiographique ? Sa richesse et son sens d’observation aiguisé le suggèrent. Quoi qu’il en soit, c’est l’histoire d’un coup de foudre fatal. L’histoire d’une passion dévorante d’une narratrice, institutrice, qui élève une fillette qu’elle a eue d’un ancien amour. Un jour, elle rencontre Sarah, une violoniste connue d’un quatuor qui tourne beaucoup en France et à l’étranger. La beauté de Sarah la foudroie, elle ne sera plus la même, jusqu’à tout quitter. Elle sera démunie face à cet amour qui l’emporte et la traumatise. Comme dans toute passion, la vie se transforme en souffrance, en angoisse ; c’est une fièvre qui vous tient sur le qui-vive. Votre vie bascule, devient insaisissable et même étrange, d’autant que cet amour est tu comme un tabou. On sent qu’il mènera à un désastre. Plus rien ne sera plus pareil. Et son deuil sera impossible. L’amour a entraîné la narratrice dans un tourbillon aveugle, dans un tsunami incontrôlable, que son style emporté rend excellemment bien. Son écriture prend la forme d’une litanie avec ses répétitions, sa musicalité, avec la sonorité travaillée de chaque phrase et la densité de ses chapitres courts. Le livre rayonne alors d’une sombre couleur, celle du trou noir de la mélancolie. Ça raconte Sarah est un livre intense, exalté, poétique, sur les amours qui finissent mal. Le Nigeria est un pays dont on parle beaucoup depuis la tragédie du Biafra en 1968, de ses élections contestées (la dernière a eu lieu en février dernier), de sa production filmique (Nollywood) qui concurrence celle de l’Inde. De là-bas, en Afrique, nous vient la voix nouvelle de Chinelo Okparanta, née à Port Harcourt, et dont ce premier roman a été traduit en plusieurs langues. Dans une langue claire, Sous les branches de l’udala raconte les années adolescente et adulte de Ijeoma qui tombe amoureuse d’Amina. Cet amour qu’elle veut vivre pleinement est, dans un pays à la fois musulman et chrétien comme le Nigeria, condamnable, vouée à la lapidation ou à la noyade forcée.//088 FUGUES.COM AVRIL 2019 Mais rien n’y fait, même le mariage arrangé par sa mère, Ijeoma tombera une nouvelle fois amoureuse d’une femme, Ndidi. Elle quittera alors son mari avec sa fille, Chidinma. C’est sous les dangers permanents et la crainte que crée un amour interdit que se vit la passion chaotique de Ijeoma pour les femmes. Ce qui la sauve  : ses raisonnements, sa compréhension du monde et, surtout, ses rêves. Elle sait qu’elle ne sera jamais libre, que l’autoritarisme de la société nigériane brisera toujours ses désirs. Sous les branches de l’udala prend la forme d’un conte dont la fabulation est empreinte d’un engagement politique fort, concret, face à la barbarie. 6 ANDRÉ ROY FAIR-PLAY/Tove Jansson, traduit du suédois par Agneta Ségol, Chicoutimi, La Peuplade, coll.  : Fictions du Nord, 2019, 141 p.ÇA RACONTE SARAH/Pauline Delabroy-Allard, Paris. Les Éditions de Minuit, 2018, 189 p.SOUS LES BRANCHES DE L’UDALA/Chinelo Okparanta, traduit de l’anglais (Nigeria) par Carine Chichereau, Paris, Belfond, 2018, 371p. 28 AVRIL 2019 L’ÉTOILE DU FADO, MARIZA, DE RETOUR À MONTRÉAL Dans le cadre de sa tournée nord-américaine, la brillante étoile du fado au Portugal revient à Montréal sur la scène de la Maison symphonique après une absence de près de quatre ans, portant comme bagages sa voix magnifique et son envoutante présence. Chanteuse extrêmement douée qui a perfectionné son talent dans les tavernes du quartier de Mouraria à Lisbonne, Mariza s’inspire des légendaires fadistas de la lignée des Amália Rodrigues et autres, qui ont animé une toute nouvelle vague d'artistes féminines remarquables. À sa manière, Mariza honore les traditions de son art et s’efforce de revitaliser le genre en repoussant constamment ses frontières musicales de manière originale et inspirée. Mariza nous présente un tout nouveau répertoire pour cette tournée fort attendue. On peut s’attendre à une performance oscillant librement entre joie, nostalgie et mélancolie – un concert intime et passionné, plus mémorable que jamais grâce à l'acoustique magnifique de la Maison symphonique. Maison symphonique de Montréal Place des Arts Dimanche 28 avril 2019, 19 h 30 Billets placedesarts.com
11 AU 27 AVRIL — AU THÉÂTRE PROSPERO EURYDICE PARLE  : ET SI ON L’ÉCOUTAIT POUR UNE FOIS ! Quand on prononce son nom, Eurydice, tout de suite on pense à Orphée. Car sans Orphée, le mythe n’existerait pas. Et l’on sait tous qu’il n’a pas sauvé Eurydice des enfers. Mais Eurydice, sans Orphée qui la connaîtrait. Et si elle nous parlait. À partir de ce mythe, l’autrice autrichienne Elfriede Jelinek a donné une voix à Eurydice, portée sur la scène du Prospero par le metteur en scène Louis-KarlTremblay. Ceux qui connaissent l’œuvre d’Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004, ne seront pas surpris du ton employé. L’autrice déjoue les conventions littéraires habituelles, disons que « ça fesse », ce qui lui a valu de nombreuses polémiques. Féministe, résolument à gauche, elle secoue les colonnes du temple patriarcal. Un livre coup de cœur pour le metteur en scène, Louis-KarlTremblay. « J’ai été agréablement surpris par l’écriture d’Elfreide Jelinek et par la réappropriation d’un mythe. Je l’ai lu en anglais, et c’est un texte dense de 115 pages. On ne pouvait pas le reprendre au complet, on l’a allégé. Le mythe, c’est toujours Orphée qui descend aux enfers pour retrouver Eurydice mortellement mordue au talon par un serpent, tout le monde connaît la suite, continue Louis-KarlTremblay, et Jelinec se demande quel aurait été l’avis de Eurydice qui n’est dans le mythe que l’image d’une femme passant au second plan ». En fait, et si Eurydice se mettait à parler. Dans Ombre Eurydice Parle, Orphée est un chanteur de rock super star, adulé par les groupies, et Eurydice, sa conjointe, souhaiterait exister par et pour ellemême, comme femme et comme autrice. Or elle n’est que dans l’ombre de la star. Pierre Kwenders qui sera Orphée sur scène explique en riant que « le pauvre Orphée ne comprend rien à Eurydice, n’est pas capable de sentir combien elle se sent objectivée par lui, par son succès. Il tentera par tous les moyens de se rapprocher d’elle mais sans succès. Il est un peu épais », rit Pierre Kwenders. « Il ne comprend pas pourquoi les femmes se sentent à l’écart, qu’elles veulent une autre place que celle que les hommes leur imposent. C’est bien de voir comment CULTUREL_SCÈNES Sortir les femmes veulent et peuvent s’en sortir collectivement et individuellement. Ça fait du bien à voir, du bien à vivre. » Pierre Kwenders est un auteur-compositeur-chanteur de Pop, R&B, hiphop, afrobeat, qui pour la première fois foulera la scène en tant que comédien. « J’adore l’expérience, je suis toujours intéressé par toutes les formes d’expression, et là en plus, je suis entourée par trois femmes fortes et magnifiques », explique le chanteur. Trois femmes qui incarnent Eurydice à trois âges différents, les comédiennes Macha Grenon, Stéphanie Cardi et la danseuse et chorégraphe Louise Bédard. Le mythe est inversé, on ne se penche plus sur le destin d’Orphée mais sur celui d’Eurydice et on lui donne une voix par différents véhicules, le texte, la musique et la danse. Et bien entendu, derrière Eurydice, ce sont toutes ces femmes qui ont vu leur carrière étouffée par celle d’un frère, d’un amant, d’un mari. De Camille Claudel à Sonia Delaunay, de Clara Schumannà Fanny Mendelssohn, ces femmes inconnues et qui ont marqué pas seulement les arts, mais tous les domaines. Louis-KarlTremblay tient à préciser « que le personnage d’Orphée n’est pas présenté de façon caricaturale, il ne comprend simplement pas, comme beaucoup d’hommes, ce sont des questions que les hommes ne se sont jamais posés. Orphée est simplement représentatif de sa génération confrontée avec ce désir d’émancipation des femmes, quelles qu’elles soient ». On a hâte d’entendre ce qu’Eurydice a à nous dire, de découvrir aussi les mots d’une autrice peu connue au Québec dans une mise en scène où se rencontrent le théâtre, la danse et la chanson. 6 DENIS-DANIEL BOULLÉ OMBRE EURYDICE PARLE, d’après Elfreide Jelinek, mise en scène par Louis KarlTremblay, avec Louise Bédard, Stéphani Cardi, Macha Grenon, Pierre Kwenders, au Théâtre Prospero du 11 au 27 avril 2019. Theatreprospero.com 904010 MACHA GRENON ET PIERRE KWENDERS.PHOTO  : « OMBRE EURYDICE PARLE »



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