Fugues n°36-01 avril 2019
Fugues n°36-01 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36-01 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 48,9 Mo

  • Dans ce numéro : couturissime au musée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BILAN_THÉMATIQUE VIVRE AVEC LE VIH Le VIH, avec sa longue période d'incubation, ses modes de transmission et sa résistance aux efforts monumentaux pour mettre au point un vaccin et un traitement définitif, est l'une des maladies infectieuses les plus complexes, les plus éprouvantes et sans doute les plus dévastatrices que l'humanité ait eu à combattre. Cela dit, avec l’arrivée des trithérapies, la mortalité a chuté, l’espérance de vie des personnes vivant avec le virus et moins de personnes contractent l'infection au VIH chaque année. C’est ce qui fait dire à plusieurs que nous sommes passé d'une épidémie dévastatrice à une maladie chronique gérable. En 1982, des médecins diagnostiquent ce qui semble être le premier cas officiel au Canada de ce qu’on nommera éventuellement sida. Comme elle ne semble toucher que les hommes homosexuels, la maladie est d’abord nommée Gay Related Immune Deficiency (GRID), puis renommée Syndrome d’immunodéficience acquis (SIDA), quand on constate qu’elle peut être transmise par voie sexuelle. Par la suite, la peur de cette nouvelle maladie se répand plus vite que le virus  : communautés objets de discrimination, professeurs renvoyés, victimes isolées. Souvent, les fausses croyances se sont diffusées plus facilement que les réalités de ce mal qui touche d'abord des groupes marginaux comme les toxicomanes, les homo-sexuels, les immigrants haitiens. En 1986, début de l'utilisation de l'AZT dans le traitement du sida. Presque tous ceux qui ont suivi un traitement à l'AZT en monothérapie sont morts aujourd'hui. L'Organisation mondiale de la Santé proclame, en 1988, la première Journée mondiale de lutte contre le sida. Cette journée, le 1er décembre, devient rapidement l'une des journées commémoratives les plus réussies dans le monde. Les docteurs Réjean Thomas, Suzanne Côté et Clément Olivier fondent, en 1987, la clinique L'Actuel, véritable pionnière dans le développement des connaissances en matière d'ITSS et de VIH/sida. La même année, le gouvernement du Québec, dans sa première phase de la stratégie provinciale contre le sida, reconnaît la nécessité de soutenir la dizaine de groupes communautaires d'intervention sida actifs au Québec. En 1989, 10 000 congressistes sont réunis à Montréal pour la cinquième conférence internationale sur le sida, qui porte sur le défi scientifique et social que pose la ma-ladie. 300 manifestants accusant le gouvernement canadien d'inertie et de négligence criminelle à l'égard des séropositifs perturbent l'ouverture de la conférence. Pour la première fois, il y a participation de malades à un congrès médical. L’année suivante, on met sur pied de la Coalition des organismes communautaires 2012 Fait divers troublant. Un étudiant chinois Jun lin est retrouvé démembré dans une ruelle de Montréal. Son meurtrier est Luka Rocco Magnotta, qui a dépecé sa victime et envoyé les pieds et les mains de Jin Lin dans deux écoles à Vancouver et à Ottawa. Après une cavale de plusieurs jours, Magnotta est arrêté à Berlin puis rapatrié au Canada où il purge une sentence à vie//042 FUGUES.COM AVRIL 2019 2013 Dans le cadre du plan de lutte contre l’homophobie, des publicités télévisées mettent en scène des couples de même sexe dans des situations de la vie de tous les jours. La diffusion de ces images sèment la polémique, et alimentent les discussions. québécois de lutte contre le sida (COCQ). L'homme d'affaires montréalais Ron Farha, atteint du sida, met sur pied la Fondation Farha en 1992. À ce moment, il n'existe aucun organisme qui se consacre principalement à la collecte de fonds pour améliorer la qualité des soins et services offerts aux personnes vivant avec le VIH/sida au Québec. Ça Marche voit le jour un an plus tard et récolte la première année 478 000 $. Les premières thérapies antirétrovirales efficaces font leur apparition en 1996. L'un des pères du 3TC, médicament issu des laboratoires de la firme québécoise Biochem Pharma, est le D r Mark Wainberg, du Centre de recherche sur le sida de l'université McGill à l'Hôpital général juif. On commence à parler du bareback, en 1997. Ces premières rumeurs de relâchement dans la prévention sont attribuées alors à l'arrivée des trithérapies. Un arrêt de la Cour suprême (dans l'affaire Cuerrier) requiert, en 1998, que les personnes vivant avec le VIH divulguent leur séropositivité dans une situation où il y a un risque important de transmission du virus. Après cette décision, le nombre de poursuites explose et plusieurs personnes vivant avec le VIH sont déclarées cou-pables de graves infractions criminelles et condamnées à des peines d'emprisonnement considérables. Les médecins et intervenants communautaires s'opposent encore aujourd’hui à la criminalisation des personnes vivant avec le VIH, qu'ils considèrent comme nuisible dans le processus essentiel de prévention et de dépistage. On constate au début des années 2010 que traitement par anti-rétroviraux (TAR) a fait diminuer la charge virale à un niveau indétectable pour la très grande majorité des personnes vivants avec le VIH au Québec et on commence graduellement à utiliser ces traitements pour la prévention sous forme de PrEP. En 2016, le Canada s’engage à atteindre les cibles mondiales 90-90-90 pour le VIH avant 2020  : 90% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées ; 90% des personnes diagnostiquées ont commencé un traitement ; et 90% des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable. Selon les prévisions, l’atteinte de ces cibles mettrait fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. Cela dit, chaque année encore aujour’hui, environ 180 Montréalais apprennent qu’ils vivent avec le VIH, malgré les efforts de prévention. « Briser des barrières, bâtir des ponts »  : c’est bien dans cette direction que « Montréal sans sida » se développe depuis les derniers mois. Depuis le début de l’épidémie, nous savons que la lutte contre le VIH/sida se gagnera tout autant par les avancées médicales que par les victoires en matière de droits de la personne et de justice sociale. 6 YVES LAFONTAINE 2014 Aux élections provinciales, Manon Massé, de Québec solidaire, est élue députée de Sainte- Marie-Saint-Jacques. Ouvertement lesbienne, Manon Massé rejoint alors la députée péquiste Agnès Maltais, qui elle aussi à fait sa sortie du placard plusieurs années après avoir été élue.



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