Fugues n°35-12 mars 2019
Fugues n°35-12 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-12 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 59,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur l'alimentation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 86 - 87  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
86 87
CULTUREL_LIVRES À lire ALAIN LABONTÉ ET PÉNÉLOPE MCQUADE COÉCRIVENT UN LIVRE LETTRES D’AMOUR POUR LES FEMMES Il y a un an, Alain Labonté publiait chez Stanké le livre Moi aussi j’aime les hommes, coécrit avec Simon Boulerice. Alain récidive avec une amie de longue date, Pénélope McQuade, avec laquelle il poursuit une autre quête de regards et de réflexions dans un second livre intitulé Moi aussi j’aime les femmes qui sera publié fin février aux Éditions Stanké. « Quand j’ai imaginé ce livre, avant même l’apparition du mouvement #metoo, j’ai tout de suite pensé à elle parce que Pénélope est une battante et une féministe, et la condition féminine est un sujet qui la préoccupe », affirme Alain Labonté. « À travers ce livre, Pénélope et moi abordons des sujets importants comme la maternité, l’avortement, l’engagement social, le travail, la place des hommes qui prennent la défense des femmes, etc. ; mais aussi des approches plus transversales comme le poids du vieillissement chez les femmes comme chez les gais. Et nous faisons également des parallèles avec les personnes trans sur plusieurs de ces questions. » Une relation aux femmes qui remonte loin  : « déjà à l’école, étant un premier de classe, j’ai toujours eu de bons rapports avec les gars et des filles et j’avais des ami-es dans chaque groupe alors que les genres étaient séparés dans les classes. Je pense que je suis devenu naturellement féministe », sourit Alain Labonté. A POINT NOMMÉ POUR PÉNÉLOPE MCQUADE « Depuis que ma mère a fait de moi une féministe, raconte Pénélope McQuade, je me demandais comment je pourrais faire ma part et apporter ma contribution sur les enjeux touchant mes sœurs quand Alain m’a proposé de collaborer à son projet. » « Depuis longtemps, mais surtout depuis quelques mois, mon silence me devenait inconcevable », explique-t-elle. « J’avais envie d’écrire sur la solidarité, la compassion. Je voulais aussi écrire ma colère, mais aussi mon espoir. Ce livre est aussi une lettre d’amour envers celles qui m’ont tant appris et continuent de le faire… » 6 MICHEL JOANNY-FURTIN MOI AUSSI, J’AIME LES FEMMES, par Alain Labonté et Pénélope McQuade, Éditions Stanké (2019) P.S.  : Notez que « Moi aussi, j’aime les hommes » a fait son entrée dans les écoles du Québec depuis janvier 2018. MON THÉÂTRE À CORPS PERDU Plus connu du milieu théâtral français, Denis Daniel y a marqué la scène à titre de comédien et de metteur en scène pour s’éteindre le 14 mars 2018. On lui doit de nombreuses interprétations qui ont marqué l’imaginaire, notamment dans la Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, ainsi que dans de nombreuses autres œuvres théâtrales, télévisuelles ou cinématographiques. Une trentaine de lettres, permettant de porter un regard presque secret à l’homme, forme une autobiographie publiée à titre confidentiel, en 2006. Celle-ci est de nouveau disponible aux inconditionnels de l’artiste grâce aux bons soins de Michel Bellin qui en a supervisé l’assemblage ainsi que la rédaction de certains textes. 6 BENOIT MIGNEAULT MON THÉÂTRE À CORPS PERDU/Denis Daniel et Michel Bellin. Paris  : Éditions Chapitre.com, 2018. 197p.//088 FUGUES.COM MARS 2019 NEIGES ROUGES Au Québec, le polar est rarement associé au Grand Nord. Force est cependant de constater que le crime s’embarrasse peu ou pas du tout de futiles questions de thermomètre. La Baie James semble abriter un réseau de trafic de drogues et deux policiers de la Sûreté sont dépêchés sur les lieux  : Vincent Parent et Antoine Lemay. L’enquête s’embrouille cependant rapidement puisque deux témoins, Anna Wabanonik et sa fille Kanti, s’enfuient dans une course à travers les plaines enneigées  : fuite qui se conclut par la mort d’Anna abattue par Lemay. Pourtant, celle-ci n’a posé aucun geste suspect et, pis encore, Parent constate que l’arme utilisée par Lemay n’est pas réglementaire. Celui-ci tente de justifier son geste, puis lève son arme en direction de son collègue. Une riposte s’ensuit et blessé, Lemay est hospitalisé tandis que notre héros est lavé de tous soupçons. Il n’arrive cependant toujours pas à comprendre le geste de son collègue. Par ailleurs, qu’en est-il de la jeune Kanti dont on demeure toujours sans nouvelles ? Étant directement lié à l’affaire, Vincent Parent ne peut théoriquement s’en mêler  : c’est cependant plus fort que lui ! Il se doit de faire la lumière sur cette histoire et retrouver la jeune fille avant que d’autres forces, aux intentions sans doute moins bienveillantes, ne la localisent. Témiscabitibien de naissance, François Lévesque fait preuve d’une grande adresse dans la reconstitution des vastes étendues enneigées et des relations souvent difficiles entre populations caucasiennes, en particulier au regard des forces policières, et des Premières Nations. Il s’ingénie également à créer des personnages complexes à souhait qui sont à cent lieues des clichés habituels. À titre d’exemple, Vincent Parent est gai, mais le récit ne verse pas dans un X e cheminement identitaire  : le policier ne s’embarrasse pas de l’opinion d’autrui et se concentre sur son boulot. En compagnie d’un autre policier, Dominic Chartier (avec qui il avait collaboré dans Une maison de fumée), il s’engage dans une enquête haletante qui réserve de nombreuses surprises dans un style alternant efficacement entre procédures policières, qui plongent directement le lecteur dans les méandres de l’enquête, et humour caustique. Passionnant ! 6 BENOIT MIGNEAULT NEIGES ROUGES/François Lévesque. Lévis  : À lire, 2018. 269p.
RINZEN  : LA BEAUTÉ INTÉRIEURE Un Mexicain trouve le cadavre d’une jeune femme dans le coffre de sa voiture  : un corps mutilé qui porte sur sa poitrine l’inscription « chica fea » - la fille laide – réalisée par l’apposition de mégots brulants sur la peau. Crime isolé ou premier d’une série ? La réponse penche rapidement vers la seconde hypothèse puisqu’une seconde victime fait surface. Les éléments disponibles semblent pointer vers le cartel de la drogue, mais est-ce un simple leurre ? Les enquêteurs Rinzen Gyatso et Luc Paradis, qui font équipe ensemble depuis Rinzen et l’homme perdu, se voient confier cette délicate affaire. Un duo improbable s’il en est un puisque la première est une mère célibataire bouddhiste alors que le second est un athée, amateur de boxe et du quartier gai. Bien plus qu’une simple intrigue policière, l’auteure se fait un point d’honneur à y inscrire des cheminements ou des enjeux individuels. Rinzen subit les harcèlements incessants d’un tueur qui s’est réfugié à l’extérieur du pays alors que Luc est confronté à une vision par trop manichéenne du monde. Plus intrigant encore, les deux personnages sont confrontés aux hantises et obsessions, son « musée de l’horreur », qui agitent leur supérieur hiérarchique, le lieutenant Desautels. L’intrigue amène l’auteure à poser, en filigrane, une réflexion sur les thèmes de l’intolérance, notamment l’homophobie, de la peur et de la santé mentale.6 BENOIT MIGNEAULT RINZEN  : LA BEAUTÉ INTÉRIEURE/Johanne Seymour. Montréal  : Libre Expression, 2018. 269p. (Expression noire) POURQUOI PAS NOUS ? Ceux et celles qui ont aimé le film Love, Simon (Avec amour, Simon au Québec) seront heureux d’apprendre que les deux auteurs du roman éponyme, Becky Albertalli et Adam Silvera, ont publié une nouvelle comédie romantique dont les droits ont déjà été acquis par la société de production derrière 13 reasons why, The Revenant et The OA. Bref, on peut donc s’attendre à quelque chose de solide ! Le roman, tout juste traduit en français, entraîne le lecteur dans le sillage de deux jeunes hommes, Arthur et Ben, à la suite d’une rencontre inopinée qui peut mener dans deux directions opposées  : un alignement des planètes ou un rendez-vous manqué de l’histoire. Dans les méandres d’un bureau de poste new-yorkais, ils font connaissance et les atomes s’annoncent SEANCE ON A SUMMER'S NIGHT Reconnue pour sa série Adrien English et pour l’excellente qualité de sa prolifique production littéraire, Josh Lanyon nous offre une nouvelle œuvre qui navigue entre les eaux du roman noir et gothique. Artemus Bancroft, Art pour les intimes, reçoit une lettre alarmante en provenance de sa tante qui, après la mort de ses parents, fit office de mère et de père. Le mariage de celle-ci avec Ogden Hyde, un homme qu’il jugea profiteur et insignifiant, l’amena à quitter la résidence familiale pour la grande ville où il exerce dorénavant le métier de critique théâtral. Inutile de dire que la mort de son « beau-père » dans un accident de voiture, un an plus tôt, n’a suscité aucune larme chez celui-ci. Sa tante semble cependant affolée et réclame sa présence avec insistance. Pourtant, une fois rendu sur place, elle demeure hésitante et imprécise quant à la nature de l’urgence. Art découvre rapidement que les domestiques ont presque tous quitté et qu’une rumeur court que l’esprit du défunt, révélé au cours de séances de spiritisme, aurait accusé sa veuve d’être responsable de sa mort. Des phénomènes étranges se produisent dans les méandres de la nuit et la présence d’une spécialiste de l’occulte ne fait rien pour, littéralement, calmer les esprits. Se peut-il qu’un revenant soit vraiment à l’œuvre et que sa tante cache un crime horrible ? Sinon, qui pourrait en vouloir à cette dernière et pour quelles raisons ? Et, surtout, que cache le séduisant et robuste nouveau jardinier qui semble traficoter dans bien autre chose que l’entretien paysager ? Un roman fort divertissant où l’auteure s’amuse, pour notre plus grand plaisir, à flirter avec l’occulte. À noter que la version française de l’un de ses derniers romans, Jefferson Blythe, est également disponible depuis peu. 6 BENOIT MIGNEAULT SEANCE ON A SUMMER'S NIGHT/Josh Lanyon. [É-U.]  : Just Joshin Publishing, Inc, 2019. 318p. plus que crochus. Ben est cependant présent pour bien autre chose que conter fleurette. En effet, il tient entre ses mains une boîte contenant les derniers effets de son ex qu’il entend bien abandonner aux gracieux services de la Poste américaine. Arthur, de son côté, n’est dans la Grosse Pomme que pour l’été et croit dur comme fer à la magie du destin. Leurs échanges sont cependant rapidement interrompus par l’arrivée d’une fanfare et d’une demande en mariage à l’intention de la postière. À la sortie du bureau de poste, Arthur est seul avec, entre les mains, les fragments d’un formulaire contenant la moitié du nom du, la chose demeure encore floue, destinataire ou envoyeur dudit colis. Est-ce une histoire sans lendemains ou sauront-ils se retrouver ? À la manière de Love, Simon, le roman alterne entre une introspection à la fois naïve et délicieusement acidulée et met en scène des personnages et actions secondaires qui contribuent à créer un univers crédible et attachant. Bien que la conclusion semble tracée d’avance (mais, qui sait ?) , il s’avère cependant impossible de résister au voyage ainsi proposé ! 6 BENOIT MIGNEAULT POURQUOI PAS NOUS ?/Becky Albertalli et Adam Silvera. Paris  : Hachette, 2018. 375p. SOUS LES BRANCHES DE L’UDALA Un roman clé de la littérature nigérienne qui nous transporte au cœur d’un voyage initiatique, celui d’Ijeoma, une jeune fille qui réalise, dès son plus jeune âge, que son cœur s’embrase au contact des femmes et non de leur contrepartie masculine. Non contente de se découvrir différente du dictat imposé, la jeune fille fait également face à une société en profonde mutation au cœur d’un conflit sanglant qui, entre 1967 et 1970, déchire le Biafra et le Nigéria. C’est au sein d’un pensionnat qu’elle découvre l’amour, un sentiment souvent mâtinée de la honte inhérente au secret imposé, mais également l’intolérance et la brutalité. Le bonheur peut-il être plus qu’un simple concept, se demande-t-elle éventuellement  : peut-il s’incarner dans la réalité ou est-elle condamnée à ne l’observer qu’au loin, inaccessible ? Le simple fait d’être lui est-il interdit ? Depuis 2014, la criminalisation des relations homosexuelles s’est renforcée au Nigeria et peut mener à une peine d'emprisonnement minimale de 14 ans pour une simple cohabitation entre personnes de même sexe. Publié en 2015, le roman porte un regard lucide et sensible sur un drame individuel et collectif qui perdure et meurtri toujours..6 BENOIT MIGNEAULT SOUS LES BRANCHES DE L’UDALA/Chinelo Okparanta. Paris  : Belfond, 2018. 371p.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 1Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 2-3Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 4-5Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 6-7Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 8-9Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 10-11Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 12-13Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 14-15Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 16-17Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 18-19Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 20-21Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 22-23Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 24-25Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 26-27Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 28-29Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 30-31Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 32-33Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 34-35Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 36-37Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 38-39Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 40-41Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 42-43Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 44-45Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 46-47Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 48-49Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 50-51Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 52-53Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 54-55Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 56-57Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 58-59Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 60-61Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 62-63Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 64-65Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 66-67Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 68-69Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 70-71Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 72-73Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 74-75Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 76-77Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 78-79Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 80-81Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 82-83Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 84-85Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 86-87Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 88-89Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 90-91Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 92-93Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 94-95Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 96-97Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 98-99Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 100-101Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 102-103Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 104-105Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 106-107Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 108-109Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 110-111Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 112-113Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 114-115Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 116-117Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 118-119Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 120-121Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 122-123Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 124-125Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 126-127Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 128-129Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 130-131Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 132-133Fugues numéro 35-12 mars 2019 Page 134