Fugues n°35-11 février 2019
Fugues n°35-11 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-11 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 52,7 Mo

  • Dans ce numéro : amour et couples.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTUREL_CINÉ, TÉLÉ, WEB ET JEUX Écrans LA CASA DE LAS FLORES INTRIGUE PLUS GRANDE QUE NATURE Quel est donc le mystère de cette série qui nous rend accro dès le premier épisode ? Netflix a créé une fois de plus la surprise avec La casa de las flores, une série mexicaine au rythme trépidant. Utilisant les codes des télénovelas, La casa de las flores est une sorte de Dynasty puissance 10, comprenez qu’il se passe une foule de choses dans chaque épisode de La casa de las flores. Chaque personnage est soigneusement dessiné et avec une complexité psychologique qui les rend étonnamment crédibles et attachants. Comme dans toutes ces séries familiales, les personnages ont des problèmes, beaucoup de problèmes, d’énormes problèmes ! On se délecte à les voir tenter de se sortir de ces ennuis si compliqués. On adore évidemment Darío Yazbek Bernal qui joue le rôle de Julián de La Mora. Dès sa première scène, le fils de la maison est surpris en train de faire l’amour à sa compagne (dévoilant de très jolies fesses). Nous sommes indécollables de notre fauteuil quand, dans sa seconde apparition, il déclare sa flamme à un homme fou de désir qui lui offre une fellation en plein cœur de la résidence familiale. Ce personnage, à la fois, esclave de son désir et tant désireux de se stabiliser, est également un grand romantique. Paulina, sa sœur, qui parle au ralenti car elle est sous anti-dépresseurs, dissimule également un passé tumultueux. Son ex-mari, dont elle a un fils, a changé de sexe, mais il demeure entre eux des sentiments très forts. Lors d’une grande réunion de famille, le corps d’une femme est retrouvé pendue au milieu de la boutique florale La casa de las flores. On apprend bien vite que c’est la maîtresse du chef de famille. Celle-ci travaillait dans la boutique tout en gérant une autre maison du nom de La casa de las flores, un cabaret de travestis… Ensuite tout s’enchaîne très vite sous nos yeux stupéfaits  : défilés de beaux mecs, sextape, trafic, prison, coups de foudre, sexe, tromperies et confidences... 6 YVES LAFONTAINE Sur NetFlix BIENTÔT LA FIN D’UNITÉ 9 La prison de Lietteville fermera définitivement ses portes en mars, à la fin de la diffusion de la septième saison. On gardera en tête, entre autres de cette très bonne série de l’auteure Danielle Trottier, la liaison passionnée entre l’IPL Mélissa Caron et la détenue Jeanne Biron. Une liaison qui aura généré son lot de scènes torrides, et qui aura eu raison de l’avenir professionnel de Caron dans le milieu carcéral. Parmi les moments qui auront fait rougir bien des téléspectateurs.trices, mentionnons la partie de jambe en l’air torride dans la douche… qui a fait le tour des réseaux LGBT à travers le monde. Sur Ici Radio-Canada 6 YVES LAFONTAINE//082 FUGUES.COM JANVIER 2019 A MILLION LITTLE THINGS THE ASSASSINATION OF GIANNI VERSACE VICTIMES DE L’HOMOPHOBIE Tout bonnement magistrale, la série The Assassination of Gianni Versace, a été très récompensée, tant lors des Emmy que des Golden Globes. Elle est saisissante car vue à travers les yeux d’Andrew Cunanan (Darren Criss), le tueur en série qui a captivé le monde, après avoir tiré sur le célèbre designer Versace (Édgar Ramírez). L’histoire remontre le temps en montrant les conséquences sanglantes de chaque rencontre avec Cunanan, jeune portoricain prêt à tout pour devenir quelqu’un. La série explore aussi les tabous entourant l’amour et la culture gaie. Le dispositif narratif, avec cette narration à rebours, et la focalisation sur le tueur en série, Andrew Cunanan, peuvent déstabiliser au début. Mais ce choix, par rapport à la rigueur formelle de la saison d’American Crime Story (ACS) sur le procès d'O.J. Simpson, se justifie au fur et à mesure des épisodes. Dans cette saison d’ACS, il s'agit avant tout de dénoncer l'homophobie, celle du tueur qui n'accepte pas sa propre homosexualité, comme celle de la police qui met du temps à réagir face à cette vague de crimes homophobes. La violence y est montrée sans ambages. On en ressort abasourdi et bouleversé par le réalisme brutal de cette tragédie. 6 YVES LAFONTAINE Sur FxNowCanada, iTunes, DVD/Blu-Ray UNE (AUTRE) HISTOIRE... D’INTÉGRATION ? Une autre histoire est la nouvelle série dramatique écrite par Chantal Cadieux, qui nous a offert Mémoires Vives. Elle a pris les ondes d'ICI Radio-Canada le 7 janvier dernier. C’est un retour à la fiction pour Marina Orsini, qui y joue le personnage d’une thanatologue cinquantenaire qui reçoit un diagnostic d'Alzheimer précoce. Une autre histoire risque de séduire les fans de la plume de l'auteure. Il faut noter l'effort d'intégration de la diversité dans la série. Dans les trois premiers épisodes, on a rencontré un couple interracial, un jeune homme trisomique ou encore une femme trans, que les enfants délaissés par la thanatologue considèrent comme leur mère. Il faudra voir comment ces personnages sont traités et comment ils évoluent au fil des saisons, mais il y a un désir évident de représentation. Sur Ici Radio-Canada 6 YVES LAFONTAINE
A LONG ROAD TO FREEDOM MILITANTISME LGBT À TRAVERS L’IMPRIMÉ Le magazine The Advocate est la plus ancienne publication LGBT imprimée aux États-Unis. Les premières copies voient le jour en 1967, époque charnière dans l’histoire du mouvement homosexuel. Nécessairement, le documentaire A Long Road To Freedom  : The Advocate Celebrates 50 Years retrace l’histoire du mouvement LGBT américain, soulignant l’inévitable corrélation entre le militantisme dans la rue et sur papier, comme porte-voix d’une communauté. Les premières images du film font pénétrer le spectateur dans les enceintes du fameux restaurant The Black Cat à Los Angeles, alors que The Advocate désire rendre hommage aux pionniers. Ce lieu historique de Sunset Junction, situé dans le district de Silver Lake, fut jadis l’hôte d’une infâme descente policière lors des célébrations du Nouvel An, en 1967. Ces évènements engendreront des manifestations du groupe PRIDE (Personal Rights in Defense and Education). C’est ainsi qu’émergent les premières parutions imprimées du journal The Advocate. Déclarée monument culturel et historique, par la ville de Los Angeles en 2008, la « taverne » The Black Cat est le lieu de tournage tout désigné pour le documentaire et les célébrations des 50 ans de The Advocate. Ce souper de célébrations, entrecoupé d’images d’archives, de reconstitutions et de témoignages présente un historique chronologique du mouvement LGBT. De la descente au Black Cat, aux émeutes du Stonewall Inn, les révolutions homosexuelles de la côte ouest et de l’est des États-Unis se conjuguent. Des intervenants du LGBT Los Angeles Center discutent des révolutions d’hier et des contraintes d’aujourd’hui ; les oppressions vécues par les gaies et lesbiennes, l’épidémie du SIDA, la révolution sexuelle, l’importance du coming-out et d’images positives pour les jeunes générations, le mariage, la proposition 8, les revendications trans, etc. Pour ce faire, plusieurs militants, activistes et personnalités, témoignent, dont Alexei Romanoff, Caitlyn Jenner, Candis Cayne, Ivy Bottini, Larry Kramer, Robert Greenblatt, Don Lemon, Gloria Allred, Gavin Newsom, Dustin Lance Black, Armistead Maupin, Bruce Vilanch, Guillermo Diaz, etc. La narration de Laverne Cox et la musique de Melissa Etheridge complètent ce documentaire de près de deux heures, réalisé par Billy Clift, qui malgré son caractère exhaustif aurait toutefois gagné à être condensé. Si ce film célèbre les 50 ans de The Advocate, il annonce aussi le 50 e anniversaire des émeutes de Stonewall. Sans conteste, le film met non seulement en lumière l’historique du mouvement, mais souligne l’apport considérable d'une publication imprimée LGBT. Elle informe puis contribue à rassembler une communauté autour des enjeux qui lui sont propres. Puis, à l’heure, où l’imprimé semble destiné à disparaitre, elle devient sur le web (comme Fugues à sa manière) une source intarissable d’archives et d’images de nous-mêmes. 6 JULIE VAILLANCOURT Sur https://mycinema.live/content/the-advocate-celebrates- 50-years/GREEN BOOK LES ROUTES PAVÉES DE BONNES INTENTIONS Dans l’Amérique des années 60, il valait mieux pour un Noir américain de se munir du Green Book avant de partir sur les routes du pays. Ce guide, répertoriant les établissements accueillant des Noirs, notamment dans les États du Sud où la ségrégation battait encore son plein, donne son titre au long métrage qui retrace l’histoire vraie d’une improbable amitié. Celle d’un pianiste noir qui part en tournée à travers le Sud des États-Unis et de son garde du corps d’origine italienne. Rien ne les avait préparés à ce compagnonnage. Les mauvaises manières de Tony tranchent avec le raffinement de Don, sans compter leurs clivages culturels, même si le premier aime davantage Aretha Franklin que le second. Tout semble opposer Tony Lip, grossier homme de main à l’humour bourru, au solitaire, homosexuel et virtuose pianiste Don Shirley. L’association forcée d’un garde du corps au chômage et d’un artiste soucieux de se protéger donne lieu à une amitié touchante où l’un vient compléter l’autre. De Don, Tony apprendra comment se tenir en situations mondaines et à écrire des lettres d’amour à sa femme. De Tony, Don apprendra à renouer aussi bien avec la soul et le jazz qu’avec la nourriture propre aux communautés afro-américaines. Cet échange renverse délibérément les stéréotypes et constitue le terreau principal de l’humour de Green Book. Pour tirer le meilleur parti comique de ces effets de contraste répétés, le réalisateur peut remercier l’impressionnante transformation physique de Viggo Mortensen (Tony Lip) et son accent d’Italien new-yorkais irréprochable, ainsi que de la performance maîtrisée de Mahershalaa Ali (Don Shirley). Racisme, homosexualité, alcoolisme, musique, inégalités sociales  : les problématiques effleurées par le film sont nombreuses et variées, mais lorsque surgit la question de l’homosexualité à la faveur d’une visite impromptue de Don dans un YMCA, et la présence de policiers zélés, l’affaire est vite expédiée. S’il reste conformiste dans sa réalisation et léger dans son ton, ce film n’en reste pas moins un film abouti réussissant à divertir le public tout en le sensibilisant à l’acquisition difficile des droits civiques. 6 YVES LAFONTAINE Sur les écrans LA FAVORITE AU CŒUR D’UN TRIANGLE AMOUREUX Centré autour d’un triangle amoureux lesbien formé par Emma Stone, Olivia Coleman et Rachel Weisz, La Favorite se déroule sur fond d’exploration des mœurs de la Cour royale d’Angleterre au 18 e siècle. La reine Anne (Colman) – dernière des Stuart – entretient une relation fusionnelle avec sa conseillère de l’ombre et dame d’honneur, la Duchesse de Marlborough (Weisz). Le duo va se trouver mis à mal par l’arrivée d’une jeune cousine de la Duchesse (Stone). Les deux jeunes femmes vont devenir rivales et se battre pour la place de favorite de la Reine. Pour son huitième long-métrage, La Favourite, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos nous offre une fresque historique centrée autour de personnages féminins sur fond de romance lesbienne dévastatrice. Jeux de pouvoir et de séduction, rivalités, manipulation, ambitions politiques… S’il est volontiers irrévérencieux, ce long-métrage est néanmoins accessible et a les atouts pour séduire un large public. La Favorite fait de la rivalité féminine un divertissement mordant et souvent jouissif. Une guerre pour le pouvoir sur de multiples niveaux qui bénéficie de toute l’énergie d’un trio d’actrices irréprochables. 6 YVES LAFONTAINE Sur les écrans



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