Fugues n°35-10 janvier 2019
Fugues n°35-10 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-10 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 54,9 Mo

  • Dans ce numéro : les héros et les zéros de 2018.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTUREL_ARTS VISUEL ET LIVRE Sortir JUSQU’AU 17 JANVIER À LA GUILDE LES BROCHES ET AUTRES ŒUVRES DES JEUNES ARTISANS La galerie-musée La Guilde propose au public les œuvres des neuf finalistes du 23 e prix François-Houdé 2018, à savoir les céramistes Sophie-Ève Adam, Marianne Chénard, Sarah-Jeanne Riberdy, et Léa&Nicolas ; les artistes verriers Svetlana Blanchon et Montserrat Duran Muntadas, les arts textiles de MJ Daines, et l’art de la reliure selon Delphine Platten. « Forte de son talent d’illustratrice, la gagnante du prix 2018, la joaillière montréalaise Aurélie Guillaume, utilise la technique des émaux sur cuivre pour raconter une histoire sur les broches qu’elle crée, apportant ainsi une dimension onirique à ces pièces uniques », explique Ana-Maria Abran, responsable du registraire au Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ). Émailleuse et illustratrice franco-canadienne, formée à l’École de joaillerie de Montréal puis à Halifax, Aurélie Guillaume est invitée dans plusieurs expositions en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Elle a présenté sa première exposition solo à New York en 2017. Ses pièces font partie des collections permanentes du Musée d’art et de design de New York, ainsi qu’à Los Angeles et Séoul. En plus de l'acquisition d'œuvres d'art choisies parmi les créations des finalistes pour la collection de la Ville de Montréal, le prix comprend une bourse de 5000$ et une expo solo en 2019. Ainsi, la lauréate 2017, la joaillière Magali Thibault-Gobeil, expose ses œuvres sous le titre poétique « Et si les nuages étaient de la barbe à papa », en parallèle des finalistes 2018. Cofondateur du Centre des métiers du verre du Québec - l’Espace Verre – le sculpteur verrier François-Houdé (1950- 1993) a su utiliser de nouvelles techniques d’intégration du verre. En hommage à sa contribution aux métiers d’Art, la Ville de Montréal a fondé le prix François-Houdé avec le Conseil des métiers d'art du Québec en 1996 afin de promouvoir l'excellence exploratoire des jeunes artisans créateurs et de souligner la facture remarquable et originale de leurs créations (bois, cuir, textiles, métaux, verre, céramique, papier, etc.). 6 MICHEL JOANNY-FURTIN Exposition des finalistes du prix François-Houdé jusqu’au 17 février 2019 À La Guilde, 1356, Sherbrooke Ouest à Montréal. 514 849-6091/www.laguilde.com SIDALYS Une partie de l’équipe de Sidalys au restaurant Oréa ⦿ PHOTOS SERGE BLAIS//080 FUGUES.COM JANVIER 2019 LE GAY PASSÉ DE LONDRES Voilà bien un sujet qui pose problème à l’historien  : les gais et les lesbiennes ont toujours été là, ils et elles font même partie de l’histoire d’une mégapole comme Londres, sauf qu’il est extrêmement difficile de la documenter à travers les âges. Car souvent les seules traces de leur existence sont dans les archives des tribunaux et de la police. Tandis que nous vivons aujourd'hui une ère de tolérance grandissante, Queer CiTy retrace ce cheminement en explorant l'histoire cachée de Londres depuis l’époque romaine. en Grande-Bretagne, l’homosexualité – qualifiée de « bougrerie » dans une loi de 1553 et punie de mort par pendaison – n’a été dépénalisée, laborieusement, qu’à partir de la deuxième moitié du XX e siècle. il s’agit pourtant d’une communauté permanente et significative mais qui, jusqu’à très récemment, a vécu avec le souci constant de ne pas laisser des preuves de son existence. ici les lettres d’amour et autres billets doux, les mémoires, sont souvent détruits par ceux qui les écrivent, voire leur famille. C’est pourtant le défi que s’est lancé Peter Ackroyd dans son dernier livre, Queer CiTy, l'homosexualité à Londres des romains à nos jours, qui retrace, comme son nom l’indique, la vie de ceux qu’on appellerait aujourd’hui les LGBT de l’époque romaine à aujourd’hui. On y retrouve, de manière prévisible, la trame de cette histoire dans les chroniques judiciaires. C’est aussi le récit d’un combat pour l’égalité des droits et la tolérance. Pour le gay Londres d’aujourd’hui, l’auteur (né en 1949) avoue avoir fait appel à un jeune assistant pour l’aider à s’orienter dans les dernières tendances en matière de lieux de rencontres et de vie nocturne (earl’s Court, Soho, Shoreditch, Vauxhall…). Mais ce n’est pas la partie la plus documentée de son livre car la communauté n’est plus un ghetto – et aussi parce que les applications mobiles de rencontres ont complètement changé la donne. 6 YVES LAFONTAINE QUEER CITY. L'HOMOSEXUALITÉ À LON- DRES DES ROMAINS À NOS JOURS, par Peter Ackroyd, traduit de l’anglais par Bernard Turle. Philippe Rey Éditeur (2018, 320 p.)
LE HIBOU DANS TOUS SES ÉTATS DE DAVID SEDARISI JANET DE MICHÈLE FITOUSSI UN AMÉRICAIN, UNE AMÉRICAINE Deux Américains, toutes les deux journalistes. Un homosexuel, David Sedaris ; une lesbienne, Janet Flanner ; passionnants à la leur façon, pratiquant un journalisme particulier. Pour Sedaris, c’est plutôt la chronique, alors que Flanner se voulait une vraie reporter. Et leur point d’attache est le New Yorker, célèbre hebdomadaire newyorkais, plutôt de gauche. Voyons voir comment il et elle se distinguent. Commençons par David Sedaris. Né en 1956, il est connu comme écrivain et surtout comme humoriste, qui livre ses billets au New Yorker et à la National Public Radio. C’est une sorte de phénomène par ses essais qui sont en fait des histoires, comme on le constatera en lisant son livre traduit en France cette année, Le hibou dans tous ses états. C’est un ensemble de textes dont certains sont autobiographiques, d’autres tiennent de la fiction. En fait, Sedaris y a rassemblé les diverses chroniques et conférences qu’il a données comme écrivain. Ces billets concernent autant sa vie familiale que la classe moyenne de Raleigh en Caroline du Nord où il enseigne à l’université de l’État, autant ses nombreux voyages que ses relations en tant que mari de Hugh. Comme il écrit au début du livre, ce sont des histoires où il est « une femme, un père, une fille seize ans avec un faux accent anglais ». Le hibou dans tous ses états est traduit d’une collection de textes rassemblés en 2013 aux États-Unis sous le titre Let’s Explore Diabetes With Owls (déjà le titre en anglais est tout un programme). Ses histoires sont écrites pour susciter le sourire. Ainsi, Sedaris décrit un repas de famille avec son père qui a oublié de porter une chemise et un pantalon. Il imagine que ce même père a un cancer et combien cela lui ferait plaisir de prendre soin de lui. D’ailleurs, la majeure partie des textes porte sur sa famille, comme celui où il parle de sa grand-mère qui est venue habiter chez lui après un accident, toujours habillée de noir, « l’équivalent humain d’un orage ». Tout est bon pour l’écrivain pour trousser un texte, que ce soit sur sa première coloscopie, sa visite chez un dentiste, la perte de son passeport, la mort de sa première tortue de mer qu’il nourrissait avec de la viande, l’achat d’un hibou empaillé pour son compagnon, le commentaire sur les Britanniques qui transforment en dépotoirs leurs campagnes ou sur les habitudes des Chinois de cracher ou de faire leurs besoins n’importe où. Sedaris nous fait penser à un excellent compagnon de voyage qui attire toujours l’attention avec des histoires qui sautent d’un sujet à l’autre et qui semblent improvisées sur le moment. C’est toujours amusant et délicieux. Janet Flanner assiste quant à elle à la naissance de ce même New Yorker dont elle sera la correspondante à Paris pendant près de cinquante ans. Elle est née en 1892 et est décédée en 1978. Une longue vie que raconte avec vivacité et clarté Michèle Fitoussi (qui travaille à Elle) dans Janet. C'est celle d’une femme lesbienne, séductrice (elle a eu, pour ainsi dire, trois amantes), féministe et, surtout, une brillante journaliste au style mordant. Elle invente le journalisme littéraire qui fait encore les beaux jours des revues comme le New Yorker qui a accueilli les plus belles plumes américaines, comme celles de Truman Capote et de Tom Wolfe. Pourtant, ce n’est pas journaliste qu’elle voulait devenir, mais écrivaine (elle ne publiera qu’un seul roman). Elle a ouvert la voie à un journalisme à la fois personnel et inventif. Une pionnière quoi. Le Janet de Fitoussi est un roman sur une femme timide, qui restera toujours discrète sur son amour des femmes. Jamais elle ne le déclare publiquement, même à sa mère, qui était fort cultivée, alors que tout le monde autour le devine. Même ses lettres sont discrètes là-dessus. Mariée puis divorcée, elle a une vie bien remplie, accompagnée par Solita, qui restera toujours ou presque avec elle, et qui ne manifestera aucune jalousie quand Janet tombera amoureuse d’autres femmes, dont Natalia, au tempérament fougueux, et Noël, qui a montré des sympathies pour le nazisme. Elle devient amie avec des femmes célèbres, lesbiennes elles aussi, comme Natalie Clifford Barney, Gertrude Stein et Alice B. Toklas. Elle connaît tout ce qui a un nom à Paris et les lieux préférés des artistes comme Les Deux Magots où elle retrouve souvent Ernest Hemingway. Par Fitoussi interposée, Janet Flanner nous raconte une époque qui a été à la fois folle et terrible, un entre-deux-guerres insouciant qui a vu la montée du nazisme. Entre les verres d’alcool, le travail ardu d’écrire (la page blanche est sa hantise) et les voyages à la campagne ou dans d’autres pays, ce n’est qu’une fois rentrée à New York dans les années 1950 que son travail, sensible et riche, est reconnu. Janet Flanner est une vraie héroïne qui, parce qu’elle a toujours caché son amour des femmes, n’est jamais devenue une légende dans le monde homosexuel. C’est dommage. 6 ANDRÉ ROY LE HIBOU DANS TOUS SES ÉTATS/David Sedaris, traduit de l’anglais (États- Unis) par Thierry Beauchamp, Paris, Éditions de l’Olivier, 2018, 254 p.JANET/Michèle Fitoussi, Paris, JCLattès, 2018, 430 p.811018EX



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