Fugues n°35-09 décembre 2018
Fugues n°35-09 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-09 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 146

  • Taille du fichier PDF : 59,1 Mo

  • Dans ce numéro : prévenir et mieux vivre avec le VIH.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Qu’obtenez-vous quand vous combinez comédie musicale, apartheid, coming out et drame militaire ? Kanarie (canari en afrikaner), le nouveau film du réalisateur sud-africain Christiaan Olwagen. Nous sommes en 1982, en Afrique du Sud. L’apartheid bat son plein, la répression aussi et le monde croit encore que Boy George est straight (Eh, oui !) Appelé à faire son service militaire, le jeune Johan quitte sa ville de province. Martyrisé à l’école pour son attrait pour la musique new wave et la mode britannique, et son amour pour Culture Club, il trouve dans le chœur de l’armée — en tournée au pays pour soutenir l’esprit patriotique —, d’autres hommes marginalisés. Le jeune héros de Kanarie, peu à peu, assume sa différence. Qui sait peut-être y trouvera-t-il l’amour… Dans ses scènes théâtrales, judicieusement utilisées, Kanarie montre Johan, costumé en Boy George, partageant parfois la scène avec d'autres imitateurs de la pop star. Olwagen oppose les scènes de camp d'entraînement aves celles musicales, suggérant le triomphe ultime de l'art sur les luttes temporelles. Quelques Sud-Africains noirs apparaissent dans cette collection d'Afrikaners blancs et souriants, accompagnés d'images violentes montrant le monde au-delà des préoccupations égoïstes de Johan. Convaincant dans la perspective de Johan, le récit aborde la politique raciste sud-africaine, à miparcours, avec les mots passionnés d'une membre du public après une des représentations de la chorale, au moment où Johan commence à voir le rôle qu’il joue dans l’oppression et l’injustice. Tantôt burlesque, tantôt touchant, ce feel good movie — où l’on trouve retrouve de tout dont une chorégraphie sur Smalltown Boy — se démarque par son ton décalé, quelque part entre la comédie et la chronique douce-amère des affres du coming out, sur fond d’apartheid, de religion et de guerre. L’exotisme d’une Afrique du Sud qu’on voit rarement sous cet angle n’est pas étranger, non plus, au charme de ce film original. 6 YANNICK LECLERC KANARIE,sera présenté au Cinéma de l’université Concordia, H110/SGWU Alumni Auditorium, le vendredi 30 novembre, à 19h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. EVENING SHADOWS ENTRE LE COEUR ET LES TRADITIONS Le cinéaste indien Sridhar Rangayan est reconnu pour ses longsmétrages de fiction ainsi que ses documentaires (notamment The Pink Mirror, explorant le tabou trans et homosexuel en Inde, banni par le Bureau de Censure d’Inde, sans oublier l’acclamé Breaking Free, qui exposait les discriminations des LGBTQ dues à la loi 377, qui criminalisait jusqu’à tout récemment l’homosexualité en Inde). Evening Shadows propose un retour à la fiction avec un film dédié à « toutes les mères », explorant la relation mère-fils et ses impacts dans la sphère familiale, dans le contexte du coming-out. De passage dans sa famille conservatrice après 4 ans d’absence, Kartik se voit confronté à un mariage arrangé (par son père). Seul bémol  : Kartik vit heureux avec son copain Aman, à Mumbai. Débute alors les confrontations entre les valeurs traditionnelles et celles du coeur. Dans ce film à l’esthétique traditionnelle et maitrisée, Rangayan n’hésite pas à aborder le contexte politique lié au militantisme LGBTQ. 6 JULIE VAILLANCOURT EVENING SHADOWS sera présenté au Cinéma Alexandre de Sève de L’Université Concordia, le dimanche 2 décembre, à 17h15, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. DADDY ISSUES LA COMPLEXITÉ KANARIE TROUVER SA VOIE DANS UN MONDE DE L’IDENTITÉ D’OPPRESSION ET D’UNIFORMITÉ Pour son premier long-métrage à titre de réalisatrice, l’actrice Amara Cash met en scène un film sans prétention, mais original à souhait, tant au niveau visuel que narratif. Récompensé pour sa réalisation au MidWest WeirdFest et au International Filmmaker Festival of World Cinema (Londres), sans oublier le prix du public auL.A. Outfest pour un « remarquable premier long-métrage narratif », Daddy Issues plonge le spectateur au cœur de West Hollywood. Maya, 19 ans, y vit avec sa mère, son beau-père et sa jeune sœur. Avec ses cheveux roses, cette jeune queer semble littéralement le mouton noir de la famille. Elle rêve de quitter le nid familial, afin d’aller étudier le dessin en Italie. Jusqu’à ce qu’elle puisse obtenir l’argent nécessaire pour quitter, elle passe son temps sur Instagram, rêvant d’être une autre. Particulièrement Jasmine, une jeune designer charismatique à souhait, dont la vie semble parfaite. Puis, la chance sourit à Maya  : elle rencontre sa flamme virtuelle lors d’un party. Jasmine lui fera connaitre son premier orgasme. Maya est subjuguée. Mais Jasmine n’est pas exclusive  : elle entretient une relation avec un sugar daddy. Si cette relation semble à priori basée sur l’exploration de fantasmes par le biais de jeux sexuels, lorsqu’elle sera dévoilée au grand jour, les vies de Jasmine et Maya changeront à jamais. Si le scénario de Daddy Issues est original à souhait, avec un élément de suspense certain, la signature visuelle du film l’est tout autant. Illustrant à merveille la trame narrative, les images sont colorées et hypnotiques ; la direction photo est dynamique, à l’image de la génération d’instagrammeur.es qu’elle représente. Parfois déroutantes, au même titre que l’histoire, les images mettent en scène deux actrices talentueuses et charismatiques (Madison Lawlor et Montana Manning), qui incarnent des personnages à priori antinomiques, mais pourtant similaires. 6 JULIE VAILLANCOURT DADDY ISSUES, sera présenté au Cinéma MODERNE, le mardi 27 novembre à 21h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre.
CULTUREL_FESTIVAL IMAGE+NATION 2018 Sortir Après la Seconde Guerre mondiale, le Canada et une grande partie du monde occidental sont devenus préoccupés de la sécurité nationale. Ayant pour toile de fond la paranoïa de la Guerre froide, le Canada a commencé à examiner les salariés fédéraux qui pourraient être susceptibles de chantage par des espions soviétiques. L'homosexualité tout comme l'ivresse et l'adultère ont été considérés comme « une faiblesse de caractère ». C'est pour cette raison que le Conseil de Sécurité a amorcé son programme de surveillance et d'interrogation au sein de ses effectifs dans les années 60, créé pour détecter et exclure les employés homosexuels, considérés comme de potentielles victimes de chantage de la part des Soviétiques. Pendant une quarantaine d'années, des milliers d'hommes et de femmes ont été victimes d'intrusions dans leur vie privée. Prises pour cibles, plusieurs d'entre elles ont vu leurs carrières ruinées. C'est dans ce contexte qu'est né le désespoir. L'antre de ces pièces d'interrogations a longtemps paralysé ces fonctionnaires et militaires. Le documentaire The Fruit Machine de Sarah Fodey leur rend hommage et retrace l'espoir et la lutte d'un combat pour l’égalité des droits pour tous. 6 CHANTAL CYR THE FRUIR MACHINE sera présenté au Cinéma Alexandre de Sève de Université Concordia, le samedi 24 novembre, à 13h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. Ce film suit le voyage d'un jeune musicien homosexuel qui a été attaqué et qui est aujourd'hui paralysé. Love, Scott est une fenêtre intime et visuellement évocatrice de l'expérience queer accompagnée d'une stupéfiante musique interprétée par Sigur Rós. Alors qu’il marche un soir à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, Scott Jones — un musicien homosexuel — est sauvagement attaqué par un étranger qu’il avait croisé plus tôt ce jour-là. Il en restera paraplégique. Laura Marie Wayne, une de ses amies proches, qui réalise ici son tout premier documentaire, fait état, dans Love, Scott, de sa lente et courageuse guérison, ainsi que des répercussions sur la vie du jeune homme. Filmé sur trois ans, le long métrage suit Scott de ses pénibles premiers moments à l’hôpital à son retour sur les lieux de l’agression, alors qu’il fait face à deux issues  : s’emmurer dans la douleur ou faire triompher l’amour et non la peur. 6 YANICK LECLERC DADDY ISSUES, sera présenté au Cinéma MODERNE, le lundi 26 novembre à 21h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre.//070 FUGUES.COM DÉCEMBRE 2018 THE FRUIT MACHINE RETOUR SUR UNE CHASSE AUX SORCIÈRES LOVE, SCOTT LE POUVOIR DE LA RÉSILIENCE PAPU CHULO DÉCOUVRIR ET ACCEPTER L’AUTRE Il fait chaud en Californie, où Sean (Matt Bomer) présente la météo sur une chaîne de télévision locale, mais il fait froid dans son cœur. L'origine de sa peine, il la retrouve à chaque fois qu'il regarde son téléphone portable et voit sur l'écran la photo de son ex. Encouragé à prendre un congé après qu'il ait perdu les pédales à l'antenne, Sean décide de se lancer dans des rénovations. Parmi les hommes cherchant du boulot, Sean engage Ernesto (AlejandroPatiño, brillamment pincesans-rire) pour peindre sa terrasse. De simple contrat d’affaires initial, leur relation se transforme rapidement. Bientôt, les voilà partis en balade ou en bateau, Sean racontant sa vie à Ernesto sans se soucier de la barrière de la langue. Tout semble séparer cet homosexuel blanc et célèbre de ce Mexicain père de cinq enfants.. Sean cherche-t-il un ouvrier ou une oreille sensible ? À la fois réflexion réconfortante sur l’empathie, comédie charmante sur le choc des cultures et critique des stéréotypes xénophobes, Papi Chulo nous rappelle l’importance de vraiment voir l’Autre. 6 CARTIER LOGAN PAPU CHULO sera présenté au Cinéma IMPÉRIAL, le mardi 27 novembre, à 19h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. BAD REPUTATION RÉVOLUTIONNER LE MILIEU DE LA MUSIQUE Kevin Kerslake, connu pour ses documentaires musicaux sur Nirvana, Soundgarden ou les Ramones, consacre son dernier travail à l'une des pionnières du rock féminin/fémniniste, Joan Jett. Le document dresse un portrait de cette artiste qui fête cette année ses 60 ans. Le documentaire de Kerslake suit la trajectoire de Joan Jett, artiste révolutionnaire et féministe, fondatrice du groupe féminin The Runaways et leader du groupe Joan Jett and the Black Hearts. Des incontournables chansons de l'ère punk telles Cherry Bomb, Hollywood et Queens of Noise, Jett a ensuite fait paraître en 1981 l'un des plus grands hymnes rock & roll, I Love Rock‘n’Roll. Le documentaire combine des vidéos d'archives montrant les débuts et les premières années de la carrière de Jett avec des témoignages de la part de ses collaboratrices/teurs et admiratrices/teurs principaux, dont Ian MacKaye, Alison Mosshart, Kathleen Hanna, et Debbie Harry, en un heureux mélange. Le film accorde également une place privilégiée aux témoignages de Jett elle-même, qui révèle comment elle a vécu, comment c'était de jouer de la guitare quand les filles n'étaient pas supposées, de s'en ficher complètement, et de survivre à tout ce qui a suivi. Figure de la scène punk dès les années 70, elle influencé bon nombre d'artistes des générations suivantes. 6 CHANTAL CYR BAD REPUTATION sera présenté au Cinéma Alexandre de Sève de Université Concordia, le dimanche 25 novcembre, à 17h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre



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