Fugues n°35-09 décembre 2018
Fugues n°35-09 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-09 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 146

  • Taille du fichier PDF : 59,1 Mo

  • Dans ce numéro : prévenir et mieux vivre avec le VIH.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UN COUTEAU DANS LE CŒUR UN OVNI QUI PARLE D’AMOUR IMPOSSIBLE La première scène est une fellation sur-jouée pour un film porno gai. Le décor est planté, le sexe « inséré » théâtralement, flirtant avec le ridicule, devenant comique, mais surtout insouciant. La scène suivante se passe dans un sexclub gai, sans aucun mot. Juste des soupirs, des sons, des gestes, des néons et des flashs dans tous les sens... en éveil. Et puis, tout à coup, un cri. De surprise, de terreur, de souffrance ? Karl, jeune acteur porno au visage angélique, vient de se faire poignarder, plus aucun bruit. Et la cible n’est pas le cœur, malgré le titre du film. Dans la scène suivante, Anne (Vanessa Paradis), productrice de films porno gais, dans une cabine téléphonique, hurle dans l’appareil. Elle ne sait pas encore que Karl, un de ses acteurs vedette, est mort. Non, le coup vient d’ailleurs  : après 10 ans d’amour passionnel, Lois, qui estégalement la monteuse de ses films, ne veut plus d’elle. Cette fois, le couteau est dans le cœur. Comme si le vrai assassin était l’amour  : l’amour interdit entre deux hommes ou l’amour toxique entre deux femmes. Ce soir-là, il n’y a pas qu’un cadavre mais deux... avant d’en avoir bien d’autres. Tout au long du film, le sexe est omniprésent mais facultatif, comme un simple support qui sert l’amour, sa puissance mais aussi sa cruauté  : l’amour de Guy pour Hicham, interdit et jugé ; l’amour d’Archibald, amical et complice, pour Anne, sa patronne ; mais surtout celui d’Anne pour sa monteuse Lois, démesuré et néfaste. Ce film parle d’amour passionnel et destructeur sans aucune censure ni limite. Il montre qu’un amour contrarié ou usé, peut transformer la personne en monstre, en épave alcoolique, en agresseur désespéré, en tueur en série. Le message est clair  : l’amour fait des victimes, il rend incroyablement vivant avant de tuer froidement. Un couteau dans le cœur c’est un cri d’amour, désespéré et sauvage. Un cri qui joue l’imperfection, l’authenticité, l’excès, la liberté absolue et l’abandon de soi, bien loin du politiquement correct. SIDNEY & FRIENDS Quand sa famille tente de le faire tuer, Sidney, né intersexué, s’enfuit à Nairobi où il rencontre un groupe de personnes transgenres, qui deviennent ses ami.es. Ils et elles s’unissent pour combattre la discrimination de leur société traditionnaliste. Surtout ils et elles conquièrent leur estime de soi et dećouvrent l’amour. En ećho au film Rafiki, ce documentaire tourné en noir et blanc, s’introduit dans les milieux les plus défavoriseś du Kenya, afin de réveĺer le combat existentiel de personnes queer dans un environnement non seulement hostile, mais cruel. 6 CARTIER LOGAN SIDNEY & FRIENDS sera présenté au Cinéma Alexandre de Sève de L’Université Concordia, le dimanche 25 novembre, à 15h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. Pour incarner le personnage d’Anne, inspiré par une « femme qui a existé dans les années 70 » précise le réalisateur, YannGonzalez, ce dernier a rapidement pensé à Vanessa Paradis, malgré l’innocence que son visage renvoie  : « J’ai eu un coup de cœur professionnel pour elle (…) C’est quelqu’un qui n’a pas de masque ». Un rôle pour lequel, Vanessa s’est métamorphosée  : cheveux courts platines, bottes rouge vif à talons hauts, regard fou, la diction pâteuse d’une alcoolique, le vocabulaire crue, les gestes violents… Le rôle est complexe, à la fois sombre et haut en couleurs. « Anne est dure, agressive, alcoolique mais aussi amoureuse, malade d’amour (…) C’est un rôle de folie, comment aurai-je pu passer à côté ? » confie-telle dans le communiqué de presse. L’actrice a puisé dans son côté obscur pour incarner Anne tout en lui apportant sa fragilité afin de la rendre menaçante, dangereuse, mais aussi humaine et touchante par son imperfection et sa détresse. Avec Un couteau dans le cœur, YannGonzalez signe un thriller audacieux et inventif. Il est compliqué de classer ce film rempli de poésie dans un genre ! C’est un ovni visuel qui parle d’amour impossible dans l’univers de la porno gaie, tout en suivant les codes du fantastique et du film d’horreur, au sein d’un décor rétro aux couleurs criardes et aux lumières bleutées. Les scènes tantôt angoissantes, tantôt romantiques, tantôt sexuelles, tantôt burlesques, tantôt fantastiques se succèdent sans pourtant se ressembler. Un film qu’on ne peut comparer et qui ne laissera personne insensible. 6 KARL MAYER UN COUTEAU DANS LE CŒUR de YannGonzalez, avec Vanessa Paradis, Kate Moran et Nicolas Maury, sera présenté au Cinéma IMPÉRIAL, le dimanche 2 décembre, à 19h30, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre.
CULTUREL_FESTIVAL IMAGE+NATION 2018 Sortir GRÍMSEY L’AMOUR EST UN VOYAGE « L’amour est un voyage ». Ce sous-titre du film « Grímsey », premier long métrage écrit, réalisé et joué par Richard García et Raúl Portero, en résume bien la trame. Les paysages naturels d'Islande y semblent libérateurs et effrayants à la fois. Ils sont le décor de ce drame intime, mais aussi le miroir intérieur et symbolique de la fin d’une relation amoureuse. Bruno (Richard García) veut désespérément retrouver Noberto, qui s'est enfui d’Espagne en Islande après leur rupture. Vivant une histoire similaire, Arnau (Raúl Portero), un compatriote qui travaille comme guide local, l’accompagnera dans cette aventure existentielle, un road-movie dépaysant à la découverte, à la fois littérale et personnelle, de soi. Leur voyage se transformera en processus de deuil jusqu'au cercle Arctique, sur l'île de Grímsey. Là, Bruno devra apprendre ce que signifie vraiment l'amour pour pouvoir continuer sa vie. Les messages sans réponse, les oiseaux, le bruit, les sons ou même la musique et le silence, bref la bande son, très belle, expriment ce que Bruno vit dans sa tête, entouré de paysages à l’image de ses émotions. Des cascades remontent leur lit, les vapeurs retournent au geyser  : Bruno avance à reculons vers ce deuil qu’il sait devoir faire. La beauté brute du paysage islandais propose ainsi une contemplation silencieuse de la manière dont chacun parviendra à faire face à la perte et au chagrin. Le montage met en cadence une progression rythmique des images qui évoquent ce que les mots ne peuvent pas décrire. En passant du plan américain, parfois factuel, au plan rapproché, plus intime, puis au gros plan, presque indiscret, pour revenir au plan large des paysages où le personnage semble se perdre, et recommencer ce processus ponctué de plans de coupe et de plans fixes comme autant d’intermèdes, Grímsey compose un vocabulaire cinématographique rigoureux, un langage par l’image qui permet de limiter les dialogues. Le film peu à peu fascine et séduit. Loin des stéréotypes LGBT, ce film raconte une histoire émouvante, et universelle. 6 MICHEL JOANNY-FURTIN GRÍMSEY sera présenté au Cinéma de l’université Concordia, H110/SGWU Alumni Auditorium, le dimanche 2 décembre, à 15h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre.//068 FUGUES.COM DÉCEMBRE 2018 SNAPSHOTS AU-DELÀ DES APPARENCES Récipiendaire de nombreux prix, dont celui du meilleur film au Los Angeles Film Festival et au American Movie Awards, ce premier long-métrage réalisé par l’actrice américaine Melanie Mayron (Girlfriends, 1978, Claudia Weill) propose un regard sur les multiples facettes de l’amour au féminin, et ce, à travers trois générations de femmes. Vivant seule dans sa maison du Missouri, Rose Muller (Piper Laurie) reçoit la visite de sa fille Patty (Brooke Adams) et sa petite fille Allison (Emily Baldoni). Lorsque cette dernière fait développer les clichés d’une vieille pellicule photo de sa grand-mère, elle lui remet, sans pour autant en consulter le contenu. Pour Rose, ces photos sont l’occasion d’évoquer les souvenirs de son passé, celui de son premier et grand amour… avec une femme. Cet amour saphique, qui fut le secret de Rose pendant de nombreuses années, même après son mariage avec son défunt mari, trouvera écho en son présent et celui de sa famille. Portrait de famille et de générations, Snapshots présente une histoire douce-amère sur l’amour au féminin, admirablement porté par une brochette d’actrices. Mentionnons Emily Goss (meilleure actrice au London Independent Film Award) et Shannon Collis (meilleure actrice de soutien au Auckland International Film Festival) qui forment un duo savoureux en évoquant les souvenirs saphiques. Sans oublier Piper Laurie (meilleure actrice au Los Angeles independant Film Festival), touchante dans le rôle de Rose. Ces actrices incarnent des femmes qui, malgré les décennies et idéologies qui les séparent, trouvent en l’amour réel une raison de vivre. Il en résulte un film authentique où le chassé-croisé intergénérationnel entre le présent et le passé est habilement amené par l’évocation des souvenirs de Rose sur sa relation saphique. 6 JULIE VAILLANCOURT SNAPSHOTS sera présenté au Cinéma de l’université Concordia, H110/SGWU Alumni Auditorium, le vendredi 23 novembre, à 19h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre. WHAT KEEPS YOU ALIVE QUAND L’AMOUR TUE Vous croyez tout savoir sur votre bien-aimée ? Détrompez-vous. Elle vous cache peut-être qui elle est réellement et des intentions bien plus sadiques que vous ne pouviez l’imaginer ! Le postulat du film What Keeps You Alive est extrêmement simple. Deux femmes en couple, un chalet de vacances au milieu d’une forêt et rien aux alentours. Tout pour mettre en place et créer une course poursuite mortelle entre les deux protagonistes… et plus encore. Si sur le papier son histoire est extrêmement simple, le scénario écrit par Colin Minihan s’avère foncièrement bien écrit et complexe. On va à l’essentiel sans pour autant se contenter du minimum. Les personnages sont rapidement mis en place, la caractérisation ne perd pas de temps et le spectateur s’attache rapidement aux jeunes femmes. Ce qui est intéressant, c’est le traitement par la mise en scène de celle qui va devenir bourreau de l’autre (mais laquelle est-ce réellement ?). Les deux actrices sont absolument parfaites  : une Brittany Allen rageuse et une Hannah Emily Anderson envoûtante. L’alchimie est palpable et omniprésente entre les deux. Elles s’aiment et se détestent dans cette histoire de désamour aussi brutale que jubilatoire. Le film nous envoûte avec une direction artistique somptueuse, faisant de What Keeps You Alive un beau film de genre LGBT terrifiant. 6 YVES LAFONTAINE WHAT KEEPS YOU ALIVE sera présenté au Cinéma de l’université Concordia, H110/SGWU Alumni Auditorium, le vendredi 30 novembre, à 21h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre.



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